Le passif-agressif et son impuissance acquise

Voila un sujet qui m’a inspiré.

D’abord sachez que cet intitulé n’existe que dans les nomenclatures européennes. En effet, nos amis américains ont depuis longtemps supprimés ce trouble de la personnalité du manuel DSM. Aussi, selon les psychiatres et les psychologues, le passif-agressif existe ou pas. Et plutôt pas je dirais. Ce sont surtout les médias qui se sont emparés de cet intitulé car les médias aiment les titres alléchants.

Ce sont pourtant les américains qui ont décrit les premiers ce trouble en se basant sur des soldats survivants de la seconde guerre mondiale. Mais les critères de ce trouble se retrouvent dans tellement d’autres troubles qu’il a été considéré que ce ne pouvait pas être un trouble en soi.

Alors comment peut-on être à la fois passif et agressif ?

Et bien en acceptant toujours, en disant toujours oui, mais en fait en rouspétant ou en ne faisant pas ensuite. C’est un passage à l’acte par le non-dit ou le non-agit.

Ainsi un passif-agressif auquel vous demanderez quelque chose vous dira « oui », mais n’en fera rien. Le passif-agressif semble vous faire plaisir dans son discours mais en fait n’en fait qu’à sa tête ou plutôt ne fait pas.

Du coup ce sont les autres qui finissent par faire. Ce qui est énervant. L’entourage étant alors en mode énervé ou colérique face à cet individu qui ne se bouge pas. Et qui semble n’en n’avoir rien à faire.

Le passif-agressif crie sa victimisation. On le laisse sans cesse tomber, on lui dit qu’il ne fait pas bien, on lui fait des reproches. Il va vous expliquer en long et en large combien tout le monde lui en veut. Pauvre de lui ! Il cherche le soutien, tout en étant ravi d’être déchargé de toute responsabilité. Lorsqu’on ne fait rien, on n’est responsable de rien, c’est pratique. Et en plus on peut faire des reproches à son tour.

En fait personne ne sait vraiment sur quoi se base ce trouble (c’est une des raisons pour laquelle je n’ai pas recours à ce vocabulaire dans ma pratique).Il y a plusieurs hypothèses : une personne qui n’a pas bénéficié du mode d’emploi des interactions sociales,  la peur d’être puni lorsqu’on s’affirme. En tout cas il en résulte qu’il leur est impossible de dire « non » ou qu’elles n’ont pas envie de faire. Comme ces personnes ne peuvent s’opposer ou se révolter, elles disent oui . Et c’est tout. Les disputer, les rabrouer renforce le système. Puisque c’est la peur de la réponse de l’autre qui les pousse à ne pas oser dire non, les rabrouer revient à renforcer qu’il ne faut pas dire non et donc ne pas faire.

Il s’agit donc de jouer le jeu et de les pousser dans leurs retranchements en leur demandant leur avis le plus souvent possible  et en les amenant à exprimer ce qu’ils veulent vraiment. Toute tentative d’agressivité ferme la boucle et renvoie à la case départ. Il est néanmoins important de constater et verbaliser le mode de fonctionnement constaté, l’opposition non verbalisée mais perçue du passif-agressif doit lui être formulée… avec tact. Son opposition, son agressivité non verbale communique en fait ce qu’il pense car il ne peut pas exprimer directement sa frustration ou son désaccord. Mais on a le droit de ne pas être d’accord avec lui et de le dire car il doit être responsabilisé… toujours avec tact.

Il faut bien comprendre que c’est un comportement immature (« je ne dis pas la vérité pour ne pas me faire punir ») et que répondre avec un autre comportement immature (bouder par exemple) ne règle rien. On a juste deux gamins face à face qui se renvoient la balle. Ca n’avance pas.

Vous avez bien compris que si cette personne utilise un comportement immature pour communiquer c’est qu’elle s’attribue un rôle infantile face à un adulte qu’elle n’ose contrarier. Le passif-agressif se sent donc en situation de soumission face à un dominant, une figure parentale, un mentor. Par son inaction, il se rebelle contre la figure d’autorité qu’il attribue à l’autre. Il s’agit donc de ne plus être une figure d’autorité, de montrer ses faiblesses, de dire qu’on n’est pas capable d’assumer, bref de dire qu’on a des limites. Si cela ne garantie pas le changement de comportements chez le passif-agressif, cela soulage au moins la personne en face de lui qui n’a plus besoin de porter sur ses épaules « à la place de… ».

Mais ne vous leurrez pas, si le passif-agressif n’arrive à exprimer son désaccord ou sa rébellion que de façon silencieuse, il en arrive à devenir un véritable tyran. En effet, l’autre en face -on voit beaucoup cela dans les couples- ne sait plus sur quel pied danser et fini par éviter toutes situations qui pourraient déclencher cette opposition passive, cela oblige à être sous contrôle. L’opposition se marquant aussi par un non-agir, il faut bien pourtant que quelqu’un fasse. Le passif-agressif en n’agissant pas asservit l’autre en l’obligeant à agir à sa place. Vous voulez qu’ils agissent ? Vous rouspéter. Cela génère une résistance passive « oui (en pensant non) ». Le passif-agressif va laisser couler, jusqu’à la dernière minute. Et là c’est l’autre qui fait. Le passif-agressif a gagné. Il s’est opposé à votre demande, c’est vous qui avez du faire, il vous a contrôlé, il a gagné.  Il n’y a plus de conflit, comportement qui insupporte le passif-agressif. Il a appris qu’en ne faisant pas, vous feriez. C’est ce qu’on appelle « l’impuissance acquise ».

Il s’agit donc de rester ferme… mais toujours avec tact. Il faut ramener aux faits et rien qu’aux faits. Qu’est-ce qui devrait être fait ? Dans quelle limite de temps ? Y aura t il des conséquences si ce n’est pas fait ?  Les attentes que vous avez du passif-agressif doivent être claires, il devrait ne pas avoir peur d’exprimer sa colère et laissez le face à ses responsabilités.

Pour conclure, un passif-agressif est un adulte au comportement immature qui s’oppose silencieusement à une figure d’autorité. Cela lui permet de ne pas faire face aux conflits mais aussi d’être déresponsabilisé et mettre l’Autre sous contrôle. C’est en apprenant à exprimer sa colère qu’il pourra se libérer. La personne en face de lui se doit de rester calme, claire quant à ses attentes et à refuser d’endosser les responsabilités qui ne lui incombent pas. Sachez que ce sont plus souvent les hommes qui sont des passifs-agressifs (merci maman) et que la prise en charge psychothérapeutique est longue.

passive-aggressive

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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39 réflexions sur “Le passif-agressif et son impuissance acquise

  1. Merci pour cet article. Beaucoup de choses à en dire alors je vais faire le tri et je reviens…
    Mais petite question, est ce que c’est une personnalité qui peut se révélée « vraiment » violente si jamais il est mis au pied du mur et qu’on lui dit « non » de manière ferme et bienveillante bien-sûr? Et quil perd le contrôle de l’autre?

    Jusqu’où va la tyrannie?

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    1. Non le passif ne peut pas être violent, il va se refermer et devenir muet ou claquer la porte.
      La tyrannie va loin car sans s’en apercevoir les 2 protagonistes jouent le jeu, un qui n’agit jamais et l’autre qui agit tout’le temps. Ce qui fini d’ailleurs par donner l’impression que c’est celui qui agit qui est tyrannique (ce qu’il fini par être d’ailleurs car lui explose à tout va). Lorsqu’on le contrarie le passif agressif qui n’en n’a pas l’habitude se sent victimisé (on ne fait plus’pour lui comment ose t on ) car il est habitué qu’on le serve. ’Autre pense qu’il ne sait pas faire alors que le PA sait faire mais ne fait pas. Je dirai que quelques part il faut lui apprendre l’autonomie afin qu’il prenne confia ce en lui.

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      1. Nos messages se sont croisés, merci pour cette réponse. C’est tout à fait ça… Dans quels autres troubles on retrouve le « PA »?

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        1. Un peu partout et même chez des gens qui ne sont pas PA. Qui n’a jamais fait comme si de rien n’était en entendant une demande ? Qui n’a jamais espéré qu’en laissant couler l’autre finirait par faire ou oublier ? Quand on a la flemme nous avons recours à ce type de fonctionnement. Les adultes le font même avec leurs enfants (ex. : « maman tu peux venir, je trouve pas mes chaussettes ? » Et maman devant sa série préférée fait comme si elle n’entendait pas en se disant que si elle ne vient pas le gamin en cherchant un peu il va les trouver ses chaussettes).

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      2. Donc tout réside dans la confiance que l’on place dans le PA et un cadre clair mais bienveillant! Je ne connaissais pas du tout ce profil! Mais ça colle avec quelqu’un qui met très proche! Et je comprend mieux ce qui se passe! Et notamment ce côté « victimisation » qui est parfois insupportable!
        En même temps que j’écris le com’ je relis l’article et là, surprise je fais des liens énorme entre ce que tu décris, les dires de ma psy et des situations qui me font exploser !
        « Il s’est opposé à votre demande, c’est vous qui avez du faire, il vous a contrôlé, il a gagné » le non-PA peut revivre cette situation comme une situation analogue à un vécu et cela peut générer une reaction exacerbée voire disproportionnée et inadapté; le calme et le cadre dont il faudrait faire preuve est mis à mal! Du coup, c’est un cercle vicieux! Comment on s’en sort?surtout que seul le non-PA se remet en question; le PA n’est jamais responsable! il faut que je réfléchisse à tout ça! Là je jette tout ça en vrac! En tout cas ça ouvre des portes !

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        1. Je ne dis pas cela pour toi Juste Moi mais il faut envisager le corrolaire. Je ne sais pas si cela existe mais je parlerais d’un « passif harceleur ». Cela concerne plutôt les femmes. Ce sont des personnes qui demandent quelque chose de non urgent, l’autre répond un truc comme « oui j’arrive ». 5 minutes après toujours personnes, mais ce n’est pas qu’il ne veut pas faire mais qu’il ne voit pas l’urgence. Le PH dirait un ton llus haut ou sur un ton plaintif « tu as entendu je t’ai demandé de… »… « oui je t’ai dis que j’arrive ». « Tu fais quoi, tu devais… » (on voit le changement de communication on passe de « je » au « tu » accusateur). L’autre fini par penser « pfff, elle me gonfle puisque c’e’st comme cela je ne le ferai pas ». Puis face à la plainte ou aux cris fini par hurler « tu me fais chier, t’as qu’a le faire toi même ».
          Ce que j’appellerai ici le passif harceleur est un tyrannique qui exige que l’autre lui obéisse instantanément. Il est immature, ne sait pas attendre, ne fait pas face à la frustration, tout est urgent puisqu’IL veut. Il vit la mise en attente par l’autre comme un irrespect, une remise en cause de leur existence avec victimisation (on ne m’écoute jamais, je n’existe pas).
          Vous imaginez bien que parfois ces 2 personnalités se mettent en couple, ils sont complémentaires et aussi immatures l’un que l’autre. Un qui exige, l’autre qui ne veut pas faire. Conflits assurés, chacun accusant l’autre. On est dans un fonctionnement pervers.

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      3. Mon mari me dit ca! « Avec toi c’est tout de suite sur le champs… » Mais il m’arrive de le presser parce que je sais que sinon il va remettre et remettre et ne pas faire aussi…

        Je suis catastrophée ( petit lol )

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      4. Merci de préciser que ce n’était pas pour moi Vergi!😆je ne me considère pas PH! Même si mon mari semble avoir le profil d’un PA, il y a un moment que j’ai compris qu’il fallait changer de mode de communication! Ça a changé un peu la donne mais il reste parfois cette victimisation insupportable « puisque c’est ça je ferais ou ne dirais plus rien »(très souvent autour des enfants parce qu’il sait que là c’est le point sensible!) ; et ça s’est difficile parce que ça ferme toute discussion présente ou future et en plus ça culpabilise. Quand il fait ça je peux pas m’empêcher de lui répondre avec humour « tiens voilà le petit A.!ça faisait longtemps qu’il se s’était pas exprimé  »
        Est ce que le PA s’il voit qu’il domine moins ou plus peut se retourner vers ses enfants du style en les rabaissant, les mettant toujours en doute, en cherchant le conflit qu’il est sûr de gagner?

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        1. Mais ta réaction n’est valable qu’avec quelqu’un qui n’est pas un vrai PA. Encore une fois nous pouvons tous l’être parfois.
          Le PA communique avec tout le monde comme cela, ce qui fait qu’il se comporte de la même façon avec ses enfants. Il n’y a pas de conflit de son côté puisque c’est justement ce qu’il évite. Le conflit est toujours débuté par l’autre protagoniste (même si c’est le comportement du PA qui le génère). Mais les enfants sont très forts pour être des PA, qui n’a pas eu un gamin qui faisait semblant de ne pas entendre le « met la table » du parent ou « range ta chambre », mais l’éducation des parents va les rendre responsables. non ?

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  2. Re … 😆

    Il me semble que mon mari à ce type de comportement au sein du couple… La moindre critique, il le prend comme un énorme affront. Ensuite il boude, ne me parle plus, me nie en somme, ce qui me laisse totalement en souffrance…
    Tout ce que j’exprime n’est pas vrai ou pas juste, tout est faux tout est nié. Et ce sans argumentation. Ensuite il se victimise, et me dit des choses injustes voir rabaissantes.

    Quand je lui exprime ma peine par la suite il se renferme dans le silence, encore. Il écoute passivement mais ses comportements non verbaux disent non, il fait même non de la tête.

    Si je lui demande de faire quelque chose à la maison c’est rarement fait, c’est moi qui fini par faire, exemple: c’est lui qui sort les poubelles, il ne les sort pas ensuite me reproche qu’elles soient pleines à ras bord, comme chaque fois c’est pareil c’est moi qui fini par le faire… Ou alors il fait les choses à moitié par exemple ne remet pas de sac dedans…

    Je me suis rendue compte que peu à peu j’evitais de dire mon mécontentement pour ne pas subir ses bouderies qui me font du mal…

    J’ai chercher sur le net comment en ne faisant « rien », sans être violent vraiment il en arrivait à me faire me sentir agressée. Et je suis tombée sur ce truc de passif agressif.

    j’en ai assez de cette situation, ayant identifier sa manière de faire je l’ai mis au pied du mur et là j’ai vu s’exprimer son agressivité, ce qui me ramène à certaines peurs…Si ca ne va pas dans son sens il le fait payer de manière silencieuse, et alors apres finalement il obtient toujours ce qu’il voulait au départ. Comme lui refuse d’analyser ses comportements et est intimement persuadé que sa loi est LA loi, que le soucis c’est les autres, il en profite… L’autre se remet en question s’excuse si jamais il a ete un peu en colère, etc et il à gagner. Il est toujours victime. Il est le bon gars qui dit oui à tout est « super gentil » alors comment peut-il être soumis à la critique?

    Si ce message est trop personnel je comprendrais qu’il soit modéré.

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  3. Merci pour cet article ! Ca me parle tout à fait, c’est exactement ce qui se passe dans mon couple… Mon mari dit qu’il va faire, puis oublie, ou fait à moitié, ou à la dernière minute et mal … et moi je suis la pénible, qui s’énerve, qui râle, et qui finit stressée et énervée car je fais à sa place, à la dernière minute. Il passe pour le doux, le gentil, la victime, et moi pour la sorcière, ça me rend dingue ! C’est clair qu’il ne pouvait pas s’opposer aux figures d’autorité (coucou belle maman) et qu’il a du trouver ce moyen pour s’affirmer malgré tout. De mon côté, le « système D » que j’ai trouvé pour arrondir les angles, c’est de formuler mes demandes par écrit, quand c’est possible : vive le mail ou les sms. Je sais, c’est un peu bizarre, mais ça marche assez souvent et je vois une réelle amélioration (je fais ça depuis quelques mois). Par exemple : j’ai besoin qu’il aille faire une course quelconque et je sais que ça ne va pas l’enchanter. Si je lui demande de vive voix, il va me dire oui sans même réfléchir ; mais il n’ira pas. Je lui ferai un rappel, puis deux, puis trois, et il ne fera toujours rien. Alors j’exploserai, on se disputera et au final, la tâche qui devait être faite ne le sera pas. Objectif = 0%… Maintenant, quand c’est possible du moins, j’anticipe : je lui envoie un texto ou un mail pour lui demander de faire cette course, et je lui précise bien qu’il n’est pas obligé de me répondre dans la foulée. Etrangement, ça a l’air d’être plus facile pour lui de me dire non par écrit. Mais en fait, il me dit rarement non dans ce cas de figure, ou alors c’est justifié et surtout il m’explique pourquoi il ne peut pas. S’il me dit ok par écrit, dans la grande majorité des cas et bien il FAIT : miracle !!! Ca ne marche pas à tous les coups, mais ça a le mérite d’avoir pu enclencher une sorte de cercle vertueux : « je ne peux pas faire > je dis non (avec tact si possible !) > la terre ne s’arrête pas de tourner » ou « je peux faire > je dis oui > ma femme m’en est reconnaissante et me le fait savoir » (important de dire qu’on est content lol !).
    Voilà ma petite expérience, mais c’est clair que c’est très lourd au quotidien, ça peut complètement gâcher la vie de couple. Et c’est très difficile quand on a le nez dans le guidon de comprendre qui tyrannise qui, surtout qu’au regard des autres, c’est celui (celle ?!) qui agit qui passe pour la mégère !

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  4. « Ce sont pourtant les américains qui ont décrit les premiers ce trouble en se basant sur des soldats survivants de la seconde guerre mondiale ». Qu’est-ce qui était si particulier chez ces soldats? De façon spontanée, je décrirais plutôt un soldat comme un homme d’action qui au contraire, quand on lui fait une demande il s’exécute et ne peut même pas envisager le fait de « désobéir » en ne réalisant pas la tâche attendue, enfin.. quand on lui ordonne plutôt.
    Est-ce que le « passif agressif » sait sciemment dès le départ qu’il n’exécutera pas la tâche qui lui est confiée ou est-ce qu’il pense réellement la faire et c’est une fois seul face à la tâche que le mécanisme se déclenche?
    Vu que ce type de personnalité se « victimise » (si j’ai bien compris) est-ce qu’il souffre de la situation ou est-ce que tant que l’entourage « compense » pour lui, il reste dans « je suis victime des autres » et n’envisage même pas qu’il a une responsabilité?
    Je n’ai pas lu tous les billets du blog car je ne lis que depuis une bonne année et j’ai donc du retard, mais j’ai l’impression que le principe de « fonctionnement immature » revient souvent dans les caractéristiques de fonctionnement de comportements problématiques. D’un point de vue psychologique est-ce qu’on « doit » tous être sortis de ces fonctionnements immatures à l’âge adulte si le boulot par les parents a été bien fait?

    (Est-ce que je pose trop de questions? :p )

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    1. Dans l’ordre :
      – ces soldats avaient appris sur le champ de bataille à dire oui à un ordre avec lequel ils étaient en désaccord et à ne pas faire car l’opposition directe pouvait mener à sanction militaire. On ne désobéi pas à un gradé, mais on peut ne pas agir.
      – le PA sait qu’il ne fera pas. Car dès le départ il vit ce qu’on lui demande comme un ordre qui le subordonne. Il dit oui en sachant qu’il pense non.
      – il y un déni total, c’est l’Autre qui le victimise. Et il peut le prouver (énervement, cris…) ce que l’autre ne peut pas nier. Il est en souffrance, penser non et dire oui est un conflit psychique énorme.
      – oui si le job parental est bien fait les fonctionnements immatures sont peu prèsents ou contrôlés. Mais comme le violence des femmes est niée par notre Société, le rôle destructeur de certaines mères (et le non rôle des pères conséquent) ne peut être abordé de front et donc tant que cela perdure on a des enfants en soufrrance qui deviennent à leur tour des parents en souffrance.

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      1. Merci 🙂 ta réponse, les questions des autres lecteurs et tes réponses apportées font comprendre plein de choses et beaucoup réfléchir même sur des « notions » dont j’ignorais complètement l’existence comme celle-ci. Le piège serait de succomber à se reconnaître dans tout sans prendre un peu de distance 😀

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  5. Merci. Comment veux-tu que je peaufines mon histoire de princesse si tu écris des textes comme ça 🙂 !
    Un mentor ou un guide, pour toi c’est un peu la même chose ou c’est totalement différent ?
    Je ne comprends pas le pourquoi de l’appellation « impuissance acquise » : le PA est soumis à son mentor et par sa passivité en vient à le dominer, à être un tyran, le dominant devenant totalement dominé ? j’appellerai ça de la « puissance acquise ».
    Lorsque tu parles de devoir montrer ses faiblesses, ses limites, est-ce que cela veut dire que finalement le PA aime (ce ne doit pas être le bon mot) être dans la position de sauveur ?
    « ce sont plus souvent les hommes qui sont des passifs-agressifs (merci maman)  » peux-tu expliciter le « merci maman ». Quel est le profil type de la mère d’un PA ? Je suis souvent surprise lorsque tu écris ça car d’une certaine manière cela sous-entend que le père n’existe pas, or il n’y a pas que des familles mono-parentales. Si le père s’efface c’est qu’il le veut bien d’une certaine manière ?
    Agir avec tact… lorsque tu dis qu’il est important constater, de verbaliser et d’être ferme, on passe d’un comportement infantilisant (faire à la place de l’autre car il faut bien le faire) à un autre comportement qui peut être perçu comme infantilisant et dominateur par le PA. L’autre en faisant ça devient encore plus une figure parentale, c’est sans fin, non ?

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    1. Dans l’ordre :
      – un guide guide, il montre un chemin. Un mentor est sur un piedestal, il faut tenter d’arriver à sa cheville. A la limite il montre, il explique mais n’entraine nulpart.
      – non c’est le mentor qui est soumis au PA. C’est une impuissance acquise car il apprend à ne plus faire et il est persuadé qu’il ne sait plus ce qui justifie de ne pas faire et de laisser l’autre prendre le dessus.
      – non le PA a besoin de se sentir supérieur (estime de soi défaillante)
      – ta question sur le père est intéressante. Le père n’existe pas psychologiquement, la mère ne lui laisse pas sa place et à un moment il ne la prend plus. On a soit une mère violente à l’égard des hommes (et donc du père et donc indirectement du fils) ou une mère dépressive qui sous couvert d’avoir un enfant « doudou » ne lui laisse jamais le droit de penser et d’exprimer ses envies. C’est oedipien. Le PA dans sa relation de couple règle ses problèmes avec sa mère dont il n’a pas été arraché par le père perçu comme absent.
      – mais le couple est un couple fils/mère ! Le rôle de cette « mère » est de rendre son autonomie à son « fils », « tu as le droit de penser, de dire et le devoir d’être responsable »

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        1. Ok. La psychothérapie de couple doit servir à modifier le mode de communication. « J’exige parce que tu ne fais pas, je crie parce que je n’ai plus confiance. Dis moi quand tu penses l’avoir fait même si c’est plus tard et garantie moi que tu le feras et je ne te harcèle pas ». D’un côte il faut gérer la frustration et de l’autre devenir responsable. 2 gosses, 2 colériques, 1 qui exprime, l’autre qui intériorise.

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      1. Si seulement il acceptait d’en faire une ( thérapie couple ou seul)… Il refuse catégoriquement pour l’instant… 😕

        On est pas rendus…! Mais me remettre en question moi c’est vrai que ça modère les choses et les tensions que lui essaye d’y mettre du sien aussi mais ne sait pas trop comment, en tout cas il essaye… On essaye. Quel dommage des fois que ce soit si pénible alors que dans le fond personne ne veut de mal à l’autre et que c’est « juste » in soucis de communication.

        Merci pour ces riches éclaircissements.

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      2. merci de tes réponses.
        Pour reprendre les 2 derniers points, il me semble que le couple fils/mère va reproduire la situation vécue par le fils (PA) sans que la mère (mentor) soit nécessairement violente à l’égard des hommes ou dépressive. Elle assume les responsabilités que le PA rejette et le PA devient (volontairement) un père absent qui n’existe pas, sans que ce soit la volonté du mentor.
        « il y a un déni total, c’est l’autre qui le victimise » : ça ressemble un peu à de la paranoïa, non ? finalement des choses simples de la vie sont vues comme des atteintes à sa domination (besoin de se sentir supérieur) et il imagine des processus incroyables, croît que l’autre lui en veut…
        rendre l’autonomie… j’ai l’impression que ça revient à vouloir changer le PA en personne responsable … sachant que le PA est dans le déni c’est un peu mission impossible! L’impression d’être face à un mur… ça n’entraine pas forcément des cris ou des bouderies de la part du mentor, une certaine résignation, de la fatigue et des questionnements.

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        1. Je n’ai jamais dit que c’était simple voire possible. L’idéal serait que le PA sorte de son déni. Et oui c’est un peu le serpent qui se mord la queue…
          Chaque « mentor » réagit à sa façon, mais quelque soit le mode employé c’est épuisant.
          Pour revenir à ta vision de la mère du PA, il faut bien voir qu’une mère « enveloppante » (pour ne pas dire envahissante) ne laisse pas de place à l’imagerie mentale de l’enfant. En effet, elle prévient tous ses gestes et décide -en étant persuadée de faire plaisir- à la place de l’enfant. Du coup l’enfant n’a plus à penser ni à faire, que cela lui plaise ou non. Dire que cela ne lui convient pas consiste à générer chez la mère soit de la violence soit de la tristesse parfois passive (« tu vois bien que ça me rend triste quand tu me dis cela » ou « je croyais tellement de faire plaisir » en pleurnichant), l’enfant n’ose plus contrarier.
          On retrouve exactement ce même mécanisme dans les violences conjugales.

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      3. tu dis « Pour revenir à ta vision de la mère du PA, il faut bien voir qu’une mère « enveloppante » (pour ne pas dire envahissante) ne laisse pas de place à l’imagerie mentale de l’enfant. En effet, elle prévient tous ses gestes et décide -en étant persuadée de faire plaisir- à la place de l’enfant. Du coup l’enfant n’a plus à penser ni à faire, que cela lui plaise ou non. Dire que cela ne lui convient pas consiste à générer chez la mère soit de la violence soit de la tristesse parfois passive (« tu vois bien que ça me rend triste quand tu me dis cela » ou « je croyais tellement de faire plaisir » en pleurnichant), l’enfant n’ose plus contrarier. »

        Dans ce cas, l’enfant doit donc apprendre à dire non quand il ne veut pas quelque chose, et surtout à mettre sa culpabilité de coté ?

        ce type de parents sont infantilisants, j’ai cherché, je n’ai pas trouvé d’articles où tu en parles ? Avec ce type de parent, la pa est elle tjs là ?

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  6. Bonjour…Merci pour cet article..
    En fait, quelqu’un qui n’exprime jamais ses émotions est forcément un passif-agressif? Plus ou moins..mais oui?
    Sinon, tu as dit que tu n’emploies pas cette notion dans ton vocabulaire mais tu mets quand même en évidence à ces patients leurs comportements ou du moins, tu les aides à en prendre conscience c’est bien ça?
    Je me demandais ainsi qu’elle est l’importance du risque de perte d’estime finalement quand qu’un patient prend conscience de tout ça et découvre qu’en fait il a été PA une grande partie de sa vie..Finalement, il réalise qu’il n’était pas une « victime », que c’était lui « l’agressif » (terme péjoratif en soi)… ça peut être très dur à vivre pour certains je pense..Bon, de toute façon dans la thérapie on est obligé d’emprunter ce chemin et d’avoir toutes ces prises de conscience. Mais voilà, considérer être bordeline par exemple, ça passe, c’est même très réconfortant (« mes actes ont enfin une explication »), puis il y a d’autres comme être PA (ou pervers, manipulateurs..ect) où c’est dur à admettre voire destructeur (bon je vais un peu loin).. Mais bref, quand un patient résiste fortement, stagne.. il a donc peut-être très peur de se confronter à cette « vérité »? En tant que patiente, comment accepter finalement ces petites découvertes? (ah ah, mes questions trahissent je crois une pointe de narcissisme chez moi).
    Merci et Bonne journée.

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    1. Dans l’ordre :
      – non quelqu’un qui n’exprime pas ses émotions n’est en rien un PA. Le PA se contente de ne pas exprimer son désaccord.
      – oui.
      – le PA n’a aucune estime de lui même. Il ne peut s’imposer directement il le fait indirectement. Il est dans le déni total. Prendre conscience qu’on est violent demande beaucoup de temps et parfois ne se fait pas.
      – les patients n’ont pas peur, en tout cas ce n’est pas de la peur, c’est la crainte de l’effondrement interne surtout.

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  7. huhuhu C’est grave docteur si j’ai pensé que 50% des mecs que je connais pourrait se coller l’étiquette dans le dos ? ca veut dire qu’il y a 50% des mères qui sont incompétentes, mamma mia on est malbar!

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  8. je crois que je viens de comprendre l’expression « impuissance acquise » : le PA se dit à quoi ça sert de faire qq chose puisque ça ne dépend pas de moi, il est résigné. L’autre aussi, c’est le ruban de Moebius ou le serpent qui se mort la queue.

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  9. Alors ce qui est bien c’est que utiliser la communication non violente et bienveillante ca a l’air de bien marché mais c’est un peu soûlant aussi de prendre des pinces à chaque fois…

    En tout cas à vous lire ça me fait sourir je le sens moins seule lol! 😀

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  10. Tiens, je connais ça ou un peu. Je suis la râleuse et mon mari celui qui fait rire, que tout le monde aime. Je finis par passer pour la méchante de service qui enquiquine toujours son mari. Quand je demande quelque chose, c’est toujours oui ou pas de réponse parfois, mais en fait, je peux attendre souvent longtemps. Du coup, je ne demande plus rien.

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  11. Bonjour
    Moi, c’est le » agressif  » que j’ai envie de questionner. J’y vois quelqu’un qui se défend de façon immature. Mais je ne vois pas l’intérêt d’appeler ça de l’agressivité. Il y a sans doute chez lui une façon de coincer les engrenages du système, en faisant semblant d’y participer, mais il faut quand même en face de lui quelqu’un qui est dans une certaine position, par rapport à lui.

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  12. Mais ne désigne-t-on pas l’autre par telle ou telle étiquette qu’à partir de la sienne ? Le passif agressif, c’est quand même en gros celui qui ne veut pas collaborer plus que jusqu’à un certain point, sans pour autant oser s’opposer ni vouloir sortir du jeu. Bref, si on prend une entreprise, par ex, beaucoup de monde, et idem dans les couples. C’est le partenaire, le cadre ou le patron qui va estimer que l’autre ne fonctionne pas comme il faudrait, et qui va analyser ça de façon négative. (passif et agressif sont de connotation négative). Moi j’aurais tendance à y voir désir contre désir, intérêt de l’un contre intérêt de l’autre, bref le tout venant des rapports sociaux et des rapports de couple. Mais les adjectifs passifs et agressifs, ce sont des adjectifs, et ça dit bien ce que ça veut dire, c’est rajouté. Mais par qui ? Par quelqu’un d’objectif ? Pas forcément, puisque la personne est impliquée dans la situation. Et on va lire : mon mari est juste comme ça. Ok, il est comme ça, mais parce que je suis comme ça, aussi, or on ne voit pas sa propre étiquette qui fait que l’autre réagit de telle ou telle manière. Bref, moi, cette « objectivation  » des caractères humains, ce que je trouve être une « psychologisation » des personnes me questionne. Les défenses d’un individu ne sont pas plus le sujet qui se défend que les murailles ne sont Carcassonne.

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    1. Si je comprends bien le fond de ton message, c’est que de façon agressive tu remets en cause la psychologie et comment la psychologie t’a étiqueté.
      Je crois qu’à la lumière de ta vision tu mélanges tout. C’est assez amusant parce que tu fais ce que tu reproches aux autres. Belle projection de tes pensées.
      Soyons clairs, tu parles de « psychologisation », joli néologisme qui ne veut d’autant rien dire que la psychologie ne fabrique pas d’étiquettes, mais bien la psychiatrie qui le fait. Ce sont les psychiatres qui diagnostiquent, ce sont eux qui créent des manuels (DSM ou CIM) et eux qui « collent des étiquettes ». Merci de sortir les psychologues de tes préjugés.
      Ensuite il faut admettre une évidence, malgré tous les vécus possibles, le psychisme ne fonctionne pas de 1000 manières. Tous les troubles existants peuvent être catégorisés en très peu de « cases ». Ainsi toutes les personnes en souffrance psychique -et même sans souffrance- peuvent tenir dans au maxi 50 cases (névroses + pathologies psychiques). Nous sommes tous uniques, mais nous réagissons presque tous de la même façon. Tu as besoin de te sentir individualisé, reconnu pour ce que tu es, j’en suis ravie, mais il faut régler cela avec ta famille et non sur ce blog.
      Pour finir, je dirai qu’il ne faut pas confondre pathologies et mécanismes de défense. Alors avant de critiquer, on s’informe n’est ce pas ?
      (et très franchement si tu supprimes les murailles de Carcassonne plus personne n’ira visiter la ville qui n’a vraiment aucun attrait) (mais tu n’as pas choisi cet exemple au hasard, ta « muraille » n’étant pas ce que tu es en effet, mais cette muraille est un mécanisme de défense pas une pathologie) (dois je en déduire que tu penses que sans cette muraille tu n’aurais aucun intérêt ?)

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  13. Bonjour, je découvre votre blog aujourd’hui en faisant une recherche sur le « passif agressif ».
    Je vous remercie pour votre article.
    Quand on est en couple avec un passif agressif, comment sortir de ce « jeu » que l’on a mis en place à deux, sans briser son couple, sachant que l’on a justement choisi cette personne pour régler un conflit interne et que les deux névroses s’emboitent à la perfection?
    Comment faire quand on ne parvient pas à sortir du rôle de sauveteur/exigeant/colérique?
    S’agit-il « simplement » (😂) de se centrer et de ne s’occuper que de ses proppres besoins?

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