L’enfant chez le psy

De nombreux parents m’appellent afin que je vois leur enfant en consultation. Hormis que je « ne fais plus » dans l’enfant de moins de 7 ans, je renvoie souvent vers un pédopsychiatre. Pourquoi ? Parce que les parents d’enfants très jeunes sont souvent plus ouverts d’oreilles pour ne pas dire d’esprit au discours médical. Ensuite parce que j’ai l’art de faire ressortir les problématiques de parents au travers de celles des enfants et que si, merci à eux, certains parents sont capables d’entendre et de se remettre en question, beaucoup préfèrent faire reposer le mal-être de leur enfant sur lui seul et, encore une fois, un discours avec un versant médical a plus de poids. C’est comme ça.

En général les parents commencent à contacter les psy lorsque l’enfant est en âge scolaire. Il est trop ceci, il n’est pas assez cela, l’enseignant a remarqué que… Le problème avec l’Education Nationale, c’est qu’il faudrait que tous les enfants soient dans le même moule et fonctionnent comme des marionnettes qu’on peut manipuler à souhait, bref une uniformisation des comportements et des personnalités. Le hic, c’est qu’un enfant n’est pas une marionnette, il aime faire ce qu’il veut, il veut faire plaisir à ses parents et il a sa personnalité… qui souvent ne correspond pas aux attentes du système scolaire.

Alors les parents, angoissés et tracassés, prennent contact avec un psychologue. Je confirme qu’il n’y a quasiment pas de pédopsychologues. Si certains psys ont choisis un cursus « psychologie du développement » ou une spécialisation en plus à la fin de leurs études en « psychologie de l’enfant », ils sont peu nombreux et exercent plutôt dans les services hospitaliers. (j’ouvre une parenthèse pour dire  qu’il n’y a pas de cursus en « psychologie de l’enfant » et que les innombrables formations sur le net avec cet intitulé ne permettent en aucun cas d’exercer en tant que psychologue et d’entrer plus facilement dans un service hospitalier). Par ailleurs, il est difficile de savoir qui a fait quoi parce que de nombreux psychologues formés en « patho et clinique » reçoivent tout autant les enfants et les ados que les adultes souvent en tentant plutôt de se pencher sur les dysfonctionnements du système familial. Donc on ne sait plus trop qui a fait quoi comme formation. Alors, les grands spécialistes des jeunes enfants (moins de 5 ans) restent les pédopsychiatres, de moins en moins nombreux et aux tarifs faisant reculer bien des familles.

Bon alors quand emmener son enfant chez le psy ?

Déjà une fois que toute cause physiologique a été écartée. Un enfant qui dort mal n’est pas nécessairement un enfant qui est en mal-être psychique ou plutôt si mais ça peut être le résultat des troubles du sommeil qui peuvent être liés à une malnutrition, aux dents qui poussent, à des problèmes de digestion, etc. Donc déjà on élimine les possibles causes médicales et après seulement on consulte. Il m’arrive très fréquemment de renvoyer les parents vers leur médecin ou un spécialiste de leur choix afin d’éliminer toute cause physiologique ou hormonale ou je ne sais quoi avant d’envisager un mal-être profond.

En âge scolaire, l’enfant produit des troubles qui nécessitent des séances : angoisse de séparation, hyperactivité, troubles de l’attention, agressivité envers les autres, manque de confiance en soi, victimisation répétée… Il est clair qu’il faut se pencher sur la situation familiale et l’histoire de chaque parent. L’enfant est dans la plupart de ses troubles, l’expression d’un dysfonctionnement familial ou parental. Comment l’enfant est il perçu ? Quelle place lui donne-t-on ? Quelle « ambiance » à la maison ? Quelles relations avec la fratrie ? Y a t il des « cadavres » dans les placards, des secrets, des non dits ? Sans collaboration avec les parents, l’enfant n’avance pas et s’améliore difficilement puisque l’environnement qui crée les troubles n’évolue pas. Encore une fois, si des parents sont ouverts à entendre qu’ils sont à l’origine de l’expression des troubles, beaucoup le ne sont pas.

Avec le temps, et les notes sur le bulletin, les parents s’affolent et souhaitent -en général après le bulletin du second trimestre- améliorer les scores de leur enfant ou de leur ado.  Alors partons d’un grand principe, un enfant en difficultés scolaires voient en général ses notes augmenter après quelques séances et au contraire un enfant qui réussit très très bien parce que très gros bosseur voie ses notes diminuer. Pourquoi ? Parce que le premier va mieux et retrouve des capacités de concentration et parce que le second va mieux et se détend et n’a plus besoin de se focaliser sur le travail. Bon ceux là, on les voit peu, pourtant ce sont eux qui vont parfois le plus mal dans la fratrie… Je dis ça, je dis rien.

Il va falloir aussi que les parents acceptent que la mention bien, ok c’est cool, ça ouvre des portes pour les futures écoles je comprends, mais que ce n’est pas une fin en soi et que cette course à la mention met une pression insupportable sur les ados. La course à la performance et la perfection, finie par faire de grandes victimes de burn-out avec tous les impacts à long terme qui s’ensuivent.

Comment ça se passe les séances ?

En général la première séance, le psy voit l’enfant avec ses 2 parents ou au moins 1 des 2. Les 2 c’est mieux, de plus ça donne à l’enfant l’impression que les 2 parents se préoccupent de lui. Il ne s’agit pas de désigner un coupable mais bien d’obtenir une prise de conscience et une alliance psychothérapeutique. Je propose souvent aux parents de commencer une travail thérapeutique de leur côté.

Les parents exposent le pourquoi de la consultation, l’enfant ne sachant pas toujours pour quoi il est là ! Puis chacun raconte sa vision. On interroge la maman et le papa sur le vécu pendant la grossesse, les maladies infantiles, les naissances de fratrie, les difficultés et accidents rencontrés par l’enfant, les faits marquants…

Il n’est pas rare que sur les 2 séances suivantes le psy voit chaque parent seul. Chacun raconte alors sa version et complète ce qu’il ne voulait pas dire devant l’enfant ou devant son/sa partenaire (et oui !).

Puis le psy voit l’enfant sur les séances suivantes. Tout ce que dit l’enfant reste au secret entre l’enfant et le psy. Sauf cas particulier où les parents auraient besoin de savoir. Ceci dit le psy fait régulièrement le point avec les parents d’abord pour les rassurer (si si les parents redeviennent de grands enfants parfois) et surtout pour faire le point sur des « améliorations » à travailler. Ce « point familial » est souvent fait en présence de l’enfant (et avec son accord) afin de poser des comportements à travailler (pour l’enfant mais aussi pour la famille). Ca permet aussi souvent à l’enfant de dire à ses parents ce qu’il ne dirait pas en temps normal. Il découvre souvent que ces parents ne sont pas « si fermés » qu’ils le croyaient et que parfois il se faisait des idées sur ses parents. Parfois pas aussi il faut le dire.

On a aussi les parents qui veulent absolument, et parfois sur demande de l’école, faire passer un bilan de QI à leur gosse. Précoce ? Surdoué ? Patate ? (non cette version là ils n’envisagent pas). Il y a peu de psychologues aujourd’hui qui font passer des tests de QI sauf si demande particulière motivée souvent par un autre psy qui subodore quelque chose. Pourquoi peu de psy ? Parce que le risque est que le gamin aie un QI tout ce qu’il y a de plus basique ou même un peu inférieur et ça les parents ils ne supportent pas de découvrir que leur progéniture n’est pas le génie escompté dans lequel ils projetaient leurs attentes. L’inverse n’est pas mieux, les enfants précoces ou en douance souffrent souvent de parents qui les traitent en génie, donc on attend d’eux qu’ils aient de bonnes notes, qu’ils réussissent facilement, qu’ils comprennent tout du premier coup… bref, on ne s’en occupe plus sauf pour l’engueuler. Face à ces dérives familiales, la plupart des psychologues ne font pas passer de bilan. D’autant que la tendance aujourd’hui est que dès qu’un gamin est turbulent ou ne réussit pas en classe de le croire surdoué. C’est vrai, on trouve plus d’enfant en douance qu’avant. Pourtant le QI moyen diminue dans tous les pays développés, parce qu’en fait la fameuse courbe des résultats en forme de cloche s’aplatie : plus de doués, plus de déficitaires et moins de QI moyens.

Maintenant, il y a aussi des situations nécessitant « vraiment » une prise en charge rapide psychologique et psychothérapeutique : un deuil même d’un animal, un harcèlement dans la cours de récré, la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur, des coups à l’école, un trouble de l’alimentation, des phobies, une séparation des parents, un déménagement…

Alors pour résumer :

  • enfants jusqu’à l’âge de fin de maternelle  ou enfants/ados présentant des troubles nécessitant un traitement : pédopsychiatre
  • enfant à partir du primaire ou enfants/ados présentant des troubles relationnels ou des comportements : psychologue

N’aller pas consulter n’importe qui, aujourd’hui énormément de gamins arrivent chez des « psychopraticiens », des « thérapeutes », des « coachs de vie » aussi divers qu’avariés. Non, votre progéniture mérite une prise en charge par des professionnels formés et compétents.

 

 

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35 réflexions sur “L’enfant chez le psy

  1. Merci Vergi pour cet article qui tombe à point !!
    Lorsqu’un enfant (l’ainé) est jaloux de son petit frère de manière excessive (de mon point de vue), serait il bon de l’emmener voir un psychologue ?
    Car de mon coté je ne trouve pas de solution, de mot, pour lui expliquer qu’il n’ y a pas de raison à cette jalousie. Ou est ce tout simplement normal qu’un jalousie accompagné d’une rivalité existe entre 2 frères.

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    1. Il existe une rivalité légitime. Et lui dire qu’il n’y a pas de raison n’est pas raison…nable… D’abord parce que la différence d’âge peut faire que le plus jeune est en âge d’avoir besoin de plus de soins, plus d’intérêt, plus de suivi et plus d’apprentissages, bref il est au centre de l’intérêt. Ensuite le plus grand a perdu sa place privilégiée, il doit désormais partager l’espace, ses jouets peut être, mais surtout ses parents. Enfin il serait faux de dire que les parents aiment leurs enfants de la même façon. Certes tu les aimes tous les deux et il y a de la place dans ton cœur pour les 2, mais tu ne les aimes pas de la même manière, pas autant et tu l’exprimes différemment, ne serait que parce que le grand t’énerve et que tu défends le petit, ce qui renforce le sentiment d’injustice et d’inégalité. Je pense que c’est plus une psychothérapie familiale qui devrait être mise en place. Mais oui il peut consulter aussi, dans la mesure ou toi ou toi et le père êtes prêts à consulter de temps en temps avec lui et revoir vos certitudes.

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      1. En effet il a ce sentiment d’injustice et d’inégalité et il est difficile de trouver les mots et les gestes pour le rassurer, peut être ne trouve t il pas sa place dans la famille. Comment emmener le sujet auprès de l’enfant pour qu’il accepte de voir un psychologue avec nous les parents bien sur ?

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        1. Prendre rdv d abord et lui dire que vs allez discuter avec une psy afin de comprendre ce qui ne va pas dans la famille afin que chacun comprenne mieux les autres.

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  2. Maurice ma fille de 11 ans à déjà passé 3 Wisc IV, systématiquement à la demande de l’école… elle est précoce et dys…
    Et comme les résultats sont hétérogènes., on ne sait pas trop dans quelles proportions chiffrable elle est en décalage.
    Donc suivi psy pour l’anxiété et l’attention déficiente, orthophoniste pour les dys, et on démarre on l’espère en septembre avec le neuropediatre parce que pour l’école il faut un diagnostic pour avoir le droit de demander une adaptation sur la forme.

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    1. Sérieux, cauldron, Maurice est je suppose un pseudo. Parce que 1. soit tu mets un pseudo masculin à ta fille, 2. soit tu mets le prénom réel en disant ma fille… je crois dans ce cas, qu’il faut vraiment que tu te poses alors des questions sur la façon dont tu as investis ton enfant, parce que si même toi tu ne sais pas vraiment comment le « catégoriser » comment veux tu que il/elle y arrive ?

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      1. oui c’est un pseudo exclusivement réservé à internet en espace public.
        J’ai trop vu ces 15 dernières années des parents surexposer leurs enfants en ligne, des bébés nus ou presque des enfants sur la plage etc partagé sur la toile avec pour faire bonne mesure leur prénom voir leur état civil complet…
        Alors certe j’aurai pu choisir un autre pseudonyme, ce qui me semblait drôle il y a une dizaine d’années me semble beaucoup moins pertinent aujourd’hui. Mais elle a un prénom féminin , un pseudo sur le net quand je l’évoque (car avant d’être ma fille, c’est un être à part entière) aucune image en ligne, elle n’a aucun de ces « cadavres » sur le net qui fera le désespoir de pas mal de jeunes adolescents parce qu’ un copain malveillant, un recruteur, d’un manager aura fait une recherche Google.
        Perso je suis plus connue via mon pseudo que par mon état civil, même dans la vie réelle. Parce que pour protéger ma vie privée et mes loisirs (peu commun dans ma profession ) j’ai du scinder les deux quand j’ai intégré une profession réglementée. Je n’expose pas ma vie privée au boulot et assez peu de mes connaissances finalement savent ce que je fais pour faire bouillir la marmite.
        C’est un choix de cloisonner, pourtant je fais très attention à ne pas imposer ce cloisonnement à ma fille, toute l’école, ses copines etc connaît mon métier et mes loisirs et mon état de santé.

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  3. Bonjour Vergi , j’ai emmené ma fille voir une psychologue à sa demande, elle a fait 4 séances, je comprends le secret professionnel et que les échanges restent confidentiel mais j’ai été très frustrée que la psy ne me dise rien , à part que ça allait, car s’il y a un problème à la maison, je ne peux pas y remédier.
    Confiture

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    1. Elle t’a dit que ça allait, tu veux quoi de plus, qu’elle te fasse culpabiliser « oui vous êtes une mauvaise mère, tout est de votre faute !!!  » le doigt vengeur brandit en avant ?
      Sérieux, ta fille avait peut être quelque chose à dire de son quotidien, une histoire de copine, de cœur, un problème relationnel, un truc qui la tracasse… Si la psy a quelque chose à te dire, elle te le dira.

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  4. J’ai toujours été surprise du fait que personne ne semble conscient qu un enfant trop investi dans l école peut être en grande souffrance. Personne au sein des écoles n est alerté sur cette problématique?

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  5. Bonsoir Vergi,

    Quand tu dis : « Tout ce que dit l’enfant reste au secret entre l’enfant et le psy. Sauf cas particulier où les parents auraient besoin de savoir. » Comment ça, au cas où les parents auraient besoin de savoir ? Pourquoi ?

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  6. C’est marrant ton article. Hier j’ai emmené ma fille chez une psychologue qui ne reçoit que les enfants et les ados, elle m’a été recommandé par la psychologue scolaire pour sa connaissance des TSA. Ma fille a souhaité y retourner de façon très enthousiaste. Donc c’est parti pour elle pour un diagnostic de TSA. Il semblerait que je ne yoyote pas en ayant des doutes. C’est mouvementé en ce moment à la maison… tout bouge après des mois d’inertie.

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  7. Bonjour Vergibération,
    je me permets de réagir concernant la partie « Précocité » de ton article. Certes, certains parents poussent leurs enfants et cherchent un diagnostic de précocité pour se valoriser, mais dans parfois ce diagnostic peut aussi être la seule « clé » pour comprendre certaines difficultés de l’enfant.
    J’ai demandé ces tests pour ma fille (11 ans) qui a brusquement déclaré une phobie scolaire sans raisons apparentes. Après la passation des tests, elle m’a déclaré qu’elle avait été stressée pour la première fois de sa vie, parce que « tu comprends, si ce n’est pas ça, on n’a toujours aucune explication sur l’origine de ce qui m’arrive ». Les tests ne résolvent pas tout évidemment, mais ils permettent dans ce cas au moins de commencer à prendre le problème par le bon bout…
    En ce qui concerne les parents qui « poussent » leur enfant précoce et ne se préoccupent que de la réussite scolaire, là aussi il ne faut pas généraliser. Je pense (j’espère) que le but de la plupart des parents est l’épanouissement de leur(s) enfant(s), et pour ça il faut leur trouver un parcours scolaire qui leur convienne. Pour revenir au cas particulier de ma fille, elle était littéralement en train de mourir d’ennui au collège au point de tomber en dépression, alors, oui, je vais voir pour lui faire sauter une classe puisque c’est tout ce que j’ai trouvé pour la sortir de cette situation, mais ce n’est en aucun cas pour la ramener ensuite en société avec des « ma fille, elle a sauté une classe » ! Les enfant passent 30 ou 40h par semaine à l’école, il est difficile, voire impossible pour certains d’entre eux, d’accepter 30h d’ennui sans dommages collatéraux. On essaie de se dépatouiller comme on peut avec ce genre de situation, et avec le système scolaire qui est tout de même très rigide.
    Je lis ton blog avec beaucoup d’intérêt, merci pour tout ce que tu écris !

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    1. Huumm ce n’est pas parce qu on précoce qu on fait une phobie scolaire ou alors il y a un versant que tu n’as pas posé dans ton message. Non la plupart des parents ne sont pas dans l épanouissement des enfants mais dans la réussite scolaire.

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      1. Et pourquoi pas ? Pourquoi un enfant qui s’ennuie à mourir 40 heures par semaine dans un environnement scolaire inadapté pour lui, qu’il considère comme une prison, pourquoi ne déclencherait-il pas une phobie scolaire « juste » à cause de ça ? Qu’on cherche d’autre facteurs d’accord, mais quand toutes les autres pistes (harcèlement, sociabilisation, problème familial…) ne mènent à rien, pourquoi ne peut-on se limiter à cette explication ? On parle bien de « bore-out » pour les adultes au travail, pourquoi pas pour les enfants ?

        La phobie scolaire ne concerne pas forcément que des enfants précoces mais ils sont quand même beaucoup plus nombreux à l’endurer que les non précoces. Cela dépend certainement des enfants, plus ou moins résistants à l’ennui, plus ou moins hypersensibles. Et, en général, lorsque ces enfants se retrouve dans une classe (différente ou d’un niveau plus élevé) dans laquelle ils s’ennuient moins, ils retrouvent le sourire…

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        1. Parce qu un phobie c esr une névrose et que s ennuyer n a jamais créé de nèvrose. Quant au bore out, les psys n y adhèrent pas car comme pour le burn out il s appuie sur des traits de pesonnalités très prècis. Quant a « pas de problème familial » ça n existe pas !

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  8. Le poids des notes à l’école et le masque de certains bons élèves… ça peut être une grande tentation de chercher les bonnes notes pour plaire. On peut y trouver le plaisir illusoire d’exister. Puisqu’on est super sage, on finira bien par nous aimer, non? Puis, à 9 ans, un perfide contrôle sur l’amont et l’aval des cours d’eau… on s’emmêle les pinceaux et c’est la fin de notre monde, un 4 sur 10, la honte suprême. L’enfant sage et le silence qui l’accompagnent pètent un câble pour une crise d’hystérie dans le hall d’entrée familial, et que je me roule par terre et que l’apocalypse a sonné et tout le tremblement!… devant les yeux éberlués de la mère enseignante qui n’a jamais enseigné. Une mère qui aura aussi vite effacé de sa tête l’incident. Et une gosse devenue adulte qui se souvient parfaitement encore des motifs du carrelage du hall d’entrée…

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  9. Salut Vergi 🙂 Alors merci pour cet article ! Je sais qu’il vise avant tout les parents (que je ne suis pas)mais en lisant cet article je ressens vraiment le besoin d’apporter mon témoignage…Vous avez raison, on ne s’occupe pas du tout des bons élèves.

    Voilà mon histoire résumée:
    Primaire : Je suis une petite fille inhibée à l’extrême. Tout est souffrance pour moi : courir, jouer, le sport, les activités comme la danse, la mise en avant, les maîtres ou maîtresse qui me font très peur. Il faudrait imaginer l’image d’un robot qui n’a pas les fonctions pour se « laisser aller, se détendre ». D’ailleurs, je ne fais rien, reste immobile la plupart du temps, bloquée. Je souffre d’un énorme sentiment de « trop » et je suis persuadée que ma présence énerve mes profs. Le but était donc de se faire toute petite.- (je restais cachée durant mes récréations pour pas qu’on ne me voit). Mais, je suis bonne à l’école et comprend plus vite que les autres donc « on s’en fiche »…

    Collège : Je comprends que des bonnes notes entraîneront l’admiration des autres élèves et de mes profs. Je travaille donc dur et excelle. Je suis la première durant toutes mes classes. Mais je souffre. Une note au dessous de 18 me fait pleurer toute la nuit et me fait tout remettre en question. De plus, je garde ce sentiment « d’escroc » car je suis déjà consciente que tout cela n’est pas sain, qu’un autre élève ayant de moins bons résultats est quand même plus fort que moi « (sous entendu plus équilibré) car il est bien dans son corps, sa tête, fait des activités en dehors de la classe… Il m’arrive de pleurer souvent devant le prof mais personne n’estime l’importance de mon mal être.
    Fin du collège : grand bouleversement, je n’obtiens pas la mention très bien mais bien. Je commence une dépression…

    Lycée : Ma dépression s’installe petit à petit. Ayant eu de bonnes notes au collège, je me retrouve dans la « meilleure seconde » où 80% ont eu la mention très bien. Je ne me sens pas à ma place et m’en veux. Je commence à me mutiler, envoie des messages aux profs (qui le remarque mais ne font rien)…Je pleure en cours (pourtant très timide mais les larmes sont plus fortes), les profs savent pourquoi mais « sen foutent » peut-être parce que j’ai déjà 15 ans ! Je ne suis plus rien et je ne fais plus rien. J’arrive tout de même à obtenir des notes correctes mais je ne peux passer en S suite au manque de travail. Dans ma tête tout est clair, je vais me suicider. Je ne sais toujours pas ce qui m’en a empêché, peut-être un ange gardien…
    La première et la terminale se passent mieux niveau résultat, mais c’était deux années de deuil, à sécher les cours et à rester enfermer dans ma chambre à pleurer face à mon « échec »..

    Bref,heureusement aujourd’hui je me suis remise de tout cela. Mais il est vrai que j’aurais adoré voir un psychologue durant ma scolarité. Cela m’aurait sans doute évité des années de souffrance. Les seuls élèves qui y avaient droit étaient : soit les filles enceintes, ou les élèves violents. Une prof au collège m’a dit un jour qu’un élève ayant de très bonnes notes est un élève doté d’une très grande maturité. Elle m’a dit qu’elle savait que je m’en sortirais toujours dans ma vie ! Face à toute la charge de travail que les psys ont, peut-être avait elle raison sur le moment, qu’il faut faire ce choix…Mais je me sens toujours en colère parfois. Mes parents n’auraient jamais eu l’idée de m’emmener voir un psy et c’est dommage qu’un psy ou un prof n’ait pas pris les devants..
    Pourtant, j’allais voir beaucoup les conseillers d’orientation psychologue en espérant peut-être qu’on « m’aide » (j’étais très angoissée) mais dès qu’ils apprenaient ma moyenne m’envoyait gentiment « balader », je vous le jure, si bien qu’aujourd’hui je déteste profondément ce corps qui selon moi aide seulement les élèves en échec scolaire et qui se contente seulement de réciter l’onisep…J’ai quand même trouver de bons à l’université mais cela reste minoritaire…

    Bon allez, je sors de la « victimisation », c’est un peu long tout ce que j’ai écrit :/ lol fallait que je le partage.. 🙂

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  10. J’ai oublié d’ajouter quelque chose d’important… Le grand problème aussi quand on les bons élèves sont trop stressés c’est qu’au final, ils ne savent pas ce qu’ils aiment ce qui normalement est le but de la scolarité. Tout étant pression,résultat ect, il n’y a pas de plaisir sincère et on se retrouve à 18 ans sans savoir qui ont est vraiment, ce qu’on aime bien…

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    1. C est une tendance générale chez les ados d aujourd’hui de ne pas savoir quoi faire. Avant on disait aux gamins « tu feras ça » ou « tu feras telles études » ou « tu feras comme untel ». Maintenant c’est « tu feras ce que tu voudras ». On est passé d’une dictature sans reflexion à une liberté totale sans accompagnement, qui ni l’une ni l’autre ne permettent de savoir qui on veut devenir.

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      1. Ah c’est chaud tout ça ! Je pense que la dictature sans réflexion existe encore un peu de façon cachée dirais-je..quand on valorise certaines filières plus que d’autres par les médias, les profs, les salaires…l’un de mes exemples ce serait les écoles de commerce. Je ne dirais pas que certains élèves n’ont pas la passion du commerce ou du marketing, mais ça m’étonnerait que la majorité de ces étudiants s’y plaisent vraiment et surtout y trouveront un sens à la fin de leurs études. Mais bon ça c’est encore un autre débat…

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        1. Il y a beaucoup de parents qui rêvent de voir leurs enfants prendre la relève ou faire un job « de rêve », mais au détriment du bien-être de leur gamin. Ces gamins devenus adultes font la queue devant les cabinets des psys, parce que le meilleur job du monde ne remplace pas l’affectation perdue des parents et le plaisir de faire quelque chose qu on aime.

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      2. La plupart des jeunes que j’accompagne sont complètement perdu et ils ne s’autorisent pas à rêver. Ils se mettent des barrières tous seuls là où il n’y a en a pas besoin, et n’en ont pas là où ils en auraient besoin pour avoir quelque chose sur quoi s’appuyer. La plupart ne savent pas qui ils sont. Mais par contre qu’est-ce que ça progresse vite un jeune ! 🙂

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  11. Je me souviens qu entre la corde cachée dans mon cartable et moi il n’y avait que mon bulletin de notes.si mes notes avaient baissé je serais morte. Pour les autres qui voyait mon malaise cela ne devait pas être si grave puisque j avais des bonnes notes. Une fois une prof a tenté de m aider mais par manque de formation elle n’a pas su s y prendre.. dommage il aurait fallu juste me pousser chez la psy. Dommage

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  12. Ma mère a 5 ans d age mental et des troubles psys certains même si je ne connais pas son diagnostic..mon père est dans le deni sur ce sujet..
    Et mon père a un gros déficit en communication et un sérieux penchant pour l alcool.
    Alors ils étaient irrécupérables. Je pense que pour moi par contre un suivi psy m aurait bien aidée. J’ai l impression que je me serais traîné moins de séquelles ( moins de comportement auto destructeur, moins de tendance dépressive, une estime de moi meilleure)..
    Maintenant c’est la vie c est fait pour moi. Mais je me demande si on ne pourrait pas mieux former les personnels de l EN les médecins aussi ( le mien il est bien passé a côté.. pourtant j étais bizarrement tout le temps malade) car c est dommage ces enfants livrés à eux même.

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  13. Disons qu en tant qu’ enfant, je n’ai pas eu la protection dont j avais besoin et ça c est fait. En tant qu’ adulte je suis responsable de ma santé psychologique, et de ses conséquences sur mes proches. Il y a quelque temps j’ai fait une grosse dépression et je ne souhaite pas faire subir cela une nouvelle fois à ma famille. Alors j’ai conscience qu’il faut continuer a aller chez la psy jusqu’au moment où je serai apaisé.. j avoue que mon premier réflexe serait de mettre tout sous le tapis en priant pour que cela y reste…pas bien raisonnable tout ça.

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  14. Je trouve difficile de doser l’importance du scolaire de son enfant.
    Dans mes souvenirs j’ai tjs eu l’impression que ma mère n’attendait rien de ma scolarité. Les mauvaises notes venaient conforter ma place de pénible incapable.

    J’ai fait l’inverse avec mes enfants. Jai essayé de leur faire sentir quils pouvaient réussir, tous, chacun d’eux. Mais aussi quils devaient reussir ou au moins quils devaient essayer et investir ! leur fais passer le message quils doivent bosser. Au moins les deux derniers car le premier c’était plus dur il réussissait sans jamais bosser, il a une très bonne mémoire et pige vite.
    Ma dernière a plus de difficultés, depuis qu’elle a commencé sa thérapie ça commence à avoir plus de sens pour elle j’ai l’impression. Mais avant c’était un peu « je plane » . Mntnt elle semble davantage concernée.
    Je me dis que c’est difficile de trouver le juste milieu, je pense être trop du côté pression mais pas trop qd même . Je me dis aussi que le fait que le scolaire tienne c’est comme un  » à défaut d’avoir pu leur offrir un épanouissement au top, ils auront un bagage scolaire « . C’est tjs mieux que de n’avoir rien.

    Et je rejoins un commentaire plus haut, j’aurai aimé voir une psy qd j’étais enfant. Au moins pour avoir ce temps « pour souffler », à défaut d’une psychotherapie j’ai l’impression que ça aurait pu au moins etre un lieu où j’aurai été tranquille, sécurisée. ..

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