De l’onde de choc de la balle de tennis…

Les victimes de violences, intrafamiliales ou pas, sont confrontées à une difficulté : en vouloir à la personne qui les a agressée. En général, lorsque l’agression surgit au hasard d’une rue, la colère va se focaliser sur la personne et en la détestant la victime va pouvoir se débarrasser d’une partie de sa souffrance. Il existe un exutoire, une cible sur laquelle on va se défouler mentalement pour jeter au loin la souffrance. « c’est de sa faute » sous-entendant « je n’y suis pour rien ». Mais dans le cas des violences intrafamiliales, ça se complique. En général, la victime n’arrive pas à en vouloir à la personne qui l’a fait souffrir. C’est même parfois impossible. Comment détester son père, sa mère, sa sœur, son grand-père alors que toute la Société nous hurle depuis notre petite enfance qu’on peut leur faire confiance et qu’on doit aimer sa famille ?

Pourtant que l’agression vienne de hors ou de dans la famille, la victime se trompe de cible.

Prenons un exemple un peu farfelu. Tu joues au tennis (ok tu ne sais pas jouer au tennis, mais fais comme si ! lol). Donc tu es dans ta superbe jupette blanche ou dans ton short à 3 bandes, tu joues comme Nadal et paf ! tu te prends un balle lancée en smash en plein entre les deux yeux. T’es KO pour 2 minutes, tu vois des étoiles, on t’hospitalise et tu as une partie du cerveau ramollie. Qui t’as blessé ? La balle ou l’onde de choc ? Parce que si tu prends une balle de tennis, c’est un peu dur, mais franchement sur le principe si tu l’as pose sur une table et que tu pars 3 heures, lorsque tu reviens elle est toujours au même endroit. Donc une balle ne bouge pas, elle ne fait pas de mal. C’est donc bien l’onde de choc qui t’a ramollit le cerveau. Donc en vouloir à la baballe n’a aucun sens.

Reprenons mon super exemple (comment ça il est pas super ?). Tu joues à la baballe au tennis, tu es toujours dans ta superbe tenue digne d’une finale de Roland Garros  🥇 et ton adversaire (qui est la personne qui t’agressée dans la vie) lance la balle. Tu te la prends entre les 2 yeux et…. bla bla bla, ton cerveau en a pris un coup. Qui t’as fait mal ? Et ne me dis pas, ah tout dépend de si j’étais visé(e) ou pas, ça ne change rien, que tu aie été visé(e) volontairement ou pas n’y change rien, tu t’es pris la balle point barre. Elle a parcourue le même chemin et a eu les mêmes conséquences que la visée ai été intentionnelle ou pas. Mais qui t’a blessé ici ? Est-ce la balle ? Je ne pense pas. Est-ce l’onde de choc ? Sans aucun doute. Est-ce la personne qui a envoyée la balle ? Là tu doutes. Et tu me ressors la question de l’intentionnalité. Alors si la balle a été envoyée exprès, c’est lui la personne la coupable et si la balle n’a pas été envoyée exprès c’est l’onde de choc la coupable… Sérieux ? L’intentionnalité modifierait donc les lois de la physique ? Dans tous les cas, c’est l’onde de choc la coupable.

 

Prenons un autre type d’exemple.

Magali est gravement handicapée et dépendante de ses parents. Elle vit chez elle. La nuit elle gémit, elle pousse des cris. Ses parents n’en peuvent plus, énervés par ses bruits et épuisés par les ruptures de leur temps de sommeil, il arrive dans la chambre de Magali et l’engueulent et la frappent. Après discussion avec les parents, ils sont désolés et ils n’en veulent pas à Magali. D’abord ils sont fatigués mais surtout ils sont en colère. Pas contre leur fille, mais contre son handicap, contre sa maladie. Et lorsqu’ils tapent, ils ne frappent pas Magali mais sa maladie, ce truc informe, transparent qui s’est mis entre eux et leur fille. Ce truc nuageux qui leur a volé l’autonomie de Magali, qui se superpose à l’image qu’ils en ont. Alors ils frappent cette image, ils la détestent. Mais en fait qui prend la haine, qui prend les coups ? Magali.

 

Tout ça pour te dire que dans les violences si tu ne peux pas en vouloir à la personne qui t’a fait du mal, ce n’est pas très grave, parce qu’en fait ce n’est pas elle qui t’a fait du mal c’est le résultat de ses comportements. La nuance est subtile mais importante. Oui, il y a sans doute intentionnalité, mais que cela ai été fait exprès ou pas n’y changera rien, les actes sont les mêmes, les conséquences pour la victime aussi. Qu’est-ce qui a induit la souffrance physique ou psychique ? En général l’inadaptation entre ce que souhaite la victime et ce que donne l’agresseur, l’absence de consentement aussi souvent, le fait qu’il y a eu un double abus parfois (physique mais aussi de confiance). Pourquoi est-ce que ça a un tel impact ? C’est l’onde de choc. Toujours elle.

Mais il y a une variable que je n’ai pas abordée dans l’exemple de la balle. As tu trouvé laquelle ?

La vitesse.

Je l’ai dis une balle toute seule ne bouge pas, elle n’est pas dangereuse. Se la prendre dans la tête n’est pas spécialement marrant, mais sur le principe ça peut ne pas faire mal. Ce qui va faire mal c’est la vitesse de déplacement de la balle qui, arrêtée nette, va générer une onde de choc destructrice.

On sait qui a lancé la balle. Encore une fois volontairement ou non. Exceptionnellement ou non.

Lorsqu’une personne est agressée :

  • Qu’est-ce qui représente la vitesse ? La brutalité ? La violence ? Le fait que ce soit inattendu ?
  • Qu’est-ce qui arrête brutalement la « balle » ? L’incompréhension ? La surprise ? le fait qu’on sache que c’est interdit ?
  • Qu’est-ce qui est l’onde de choc ? La peur ? La honte ? L’envie de faire plaisir à l’autre ?

Je n’ai pas de réponse toute faite, chacun(e) peut trouver sa réponse à ses 3 questions.

Mais la vraie cible c’est la réponse à la 3ème question, parce que c’est cette onde de choc, qui ne cesse de se déployer et d’impacter les pensées et les comportements, qui doit être détestée, arrêtée et rejetée.

Comme pour la personne malade, il faut se battre avec la maladie, pas avec la personne qui la détient. Peu importe qui t’a fait du mal, tu ne l’abattras pas. Mais l’onde de choc peut être arrêtée si tu te focalises sur elle. Parce que tant qu’elle se déploie, elle continue à ramollir le cerveau.

Lance la balle dans une flaque d’eau et regarde l’onde de choc qui se propage dans la flaque. Comment tu l’arrêtes cette onde de choc ? Tu fais quoi pour qu’elle ne se propage pas ou plus ?

C’est compliqué et tu ne vas pas trouver du premier coup. Tu vas remarquer, il va falloir que tu fasses plein d’essais avant de trouver la bonne solution, ta solution. Et tu me diras, « oui mais la balle qui m’a ramollit le cerveau je ne l’ai pris que quelque fois » !

Ah ouais ? Alors une fois que tu as trouvé la réponse, tu te demanderas pourquoi, alors que la balle à cessé de te frapper depuis si longtemps, tu continue a faire comme si tu la recevais chaque jour.

Et tu verras la solution finira par t’être utile.

 

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47 réflexions sur “De l’onde de choc de la balle de tennis…

  1. Pfft! Pas marrant! J’espérais des réponses… Bin voilà, c’est à nous de les trouver…
    Les 2 premières questions, je n’arrive pas à trouver les réponses dans l’immédiat.
    Je me trompe peut-être mais pour moi, il me semble que l’onde de choc serait surtout le honte et la culpabilité… Elles se répandent comme un poison et contaminent tout. Seulement voilà… Je n’ai pas encore les réponses pour l’arrêter.

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  2. Il m’a fallu plusieurs lectures pour comprendre l’article! Je comprend que c’est l’onde de choc qu’il faut arrêter pour aller mieux parce que c’est ce qui reste dans le quotidien finalement. Donc qu’on se confronte ou pas à son agresseur ne va pas changer les choses? Savoir pourquoi il a fait ça non plus? Ce qui est important c’est le mécanisme de la vitesse, de ce qui a arrêté la balle et de l’onde de choc que cela a provoqué .Celui qui a lancé la balle au final on s’en fout; c’est pas ce qui va nous aider à aller mieux. Il a lancé la balle,c’est fini. Par contre, ce qui continue à se propager c’est l’onde de choc. Et il faut trouver comment l’arrêter.
    Pour ma part, ce qui me vient comme ça, la vitesse serait  » le ça ou rien », ce qui a arrêté la balle demande réflexion mais peut etre le fait que le lanceur soit mon frère et l’onde de choc: la peur, la honte, la culpabilité, le dégoût, la perte de confiance…

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    1. Dans ton cas par exemple, tu sais qui est ton agresseur. Ca t’aide en quoi ? Tout le monde sait ? et ça t’aide en quoi ? Ce qui t’a aidé c’est de tenter ce n’est pas de savoir qui, pourquoi et comment, mais bien d’avoir fait l’effort en parlant d’arrêter l’onde de choc. Ca l’a freiné en tout cas.

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      1. Je reviens sur l’article ce matin. Mais c’est totalement ça; et ça me fait penser à une chute de domino. Un super circuit construit autour de pleins d’obstacle! Un jour, un abruti fini, avide de pouvoir, voulant tester ce pouvoir, fait tomber un domino; c’est le point de départ, le lanceur; c’est un fait; il est abruti et a fait tomber un domino; ça on peut pas le changer. On peut être en colère contre cet abruti de tombeur de domino. Mais ça change rien. Les dominos continuent de tomber les uns derrierre les autres, encore et encore. Ma colere m’empêche de réfléchir aux actions que je peux faire pour arrêter cette chute. Les répercussions donc l’onde de choc poursuivent leur oeuvre de destruction. Je vois mon monde de domino s’écrouler, je sais pas quoi faire, je pense plutôt à fuir, à mourir vu l’immensité des dégâts plutôt que d’essayer de faire quelque chose. Alors je cherche à droite et à gauche des gens qui pourraient m’aider à stopper la débâcle; mais personne ne sait quoi faire parce que ça parait impensable que ce gentil abruti est fait tomber le domino; et puis eux n’ont rien fait de mal alors pourquoi ça serait à eux de réparer; alors je suis aussi en colère contre ces personnes parce qu’ils ne m’aident pas. Et puis a un moment, la colère s’atténue et je comprend que moi seule peut faire quelque chose pour moi. Et, je prend le temps de réfléchir; je peux voir que si j’arrête la chute des dominos à un moment donné, j’arrête la propagation de l’onde de choc. Si j’enlève le domino de la honte, celui de la peur, celui du degout, celui de la culpabilite, la chute se freine et puis fini par s’arrêter; mais enlever ces dominos est douloureux; c’est difficile; et puis la question est: comment réussir à les dégager du circuit?
        Un fois l’onde de choc arrêtée, on peut reconstruire en continuant le circuit vers l’avant en utilisant les dominos tombés parce que ceux-là sont tombés et on pourra pas revenir en arriere mais on pourra s’en servir pour avancer.
        Voilà ce que cet article me renvoie.

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        1. Oui, moi je propose la baballe et son onde de choc mais c’est ma vision, tu peux en effet en avoir une autre. Chacun de tes dominos me fait penser à une vague de l’onde de choc. Première vague, c’est celui là qui tombe, seconde vague celui ci et ainsi de suite. Tu ne peux réutiliser les dominos qui sont tombés, tu ne peux qu’en mettre de nouveaux devant parce qu’en fait tu fabriques tes propres dominos. Et soit tu arrêtes l’onde soit tu ne cesses de construire et reposer les dominos remplaçant mais il faut alors aller.plus vite que l’onde et ne jamais cesser ou recommencer chaque matin. Du coup tant que tu n arrêtes pas l’onde tu est prisonnière de ces impacts.

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      2. Juste rajoutée aussi que l’abruti fini ou pas d’ailleurs n’est pas arrivé dans mon circuit de domino par hasard. C’est moi qui lui est demandé de m’aider à construire mon circuit parce que il n’y avait que lui autour de moi, jetais souvent seule avec lui, je l’admirais et il avait un ascendant voir un pouvoir très fort sur moi et puis il était bien plus grand que moi physiquement; le rapport de force n’était pas équitable des le depart. Pour moi il était le seul sur qui je pouvais compter pour mettre en place mes dominos. Mais pas de bol, lui a répondu à ma demande par la démonstration de son pouvoir, par l’abus de la confiance que j’avais en lui, par la violence de ses gestes, il m’a trahie et a tout cassé ! J’ai continué mon circuit de dominos en essayant d’aller plus vite que leur chute; mais l’onde de choc est bien trop puissante quand on fait comme si de rien était, comme si on voyait pas la réalité et qu’on essayait de la cacher. Un jour, il n’y a plus de dominos de secours parce qu’on en a utilisé trop pour créer des déviations pour continuer à construire malgré tout ce circuit et on se retrouve nez à nez avec les dominos qui tombent. Et là on est obligé de voir et d’agir!

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  3. 🙂 Comme Naj, cet article passé numero un parmi mes préférés !
    Est ce possible svp d’avoir un alter exemple (comme celui de la fille handicapé mais dans un autre cas) ? Pour être sûre que je comprends dans le bon sens? Mercii

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    1. Bon disons que tu passes dans la rue, enfin sur le trottoir. Y a des travaux, un échafaudage et un ouvrier laisse tomber une grosse brique que tu te prends sur le pied. Et bien ce qui t’a détruit le pied ce n’est ni le mec, ni la brique, c’est l’onde de choc issu de la vitesse de déplacement de brique. Alors tu peux en vouloir au mec, ce serait compréhensible, tu peux vouloir détruire la brique, mais ce contre quoi tu dois réellement lutter c’est contre la douleur générée par le pied écrasé par l’onde de choc.

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      1. D’accord merci beaucoup :-)!
        Bin du coup si j’ai bien compris, cette prise en compte de « l’onde de choc » aide vraiment à « assumer » notre colère et à l’être vraiment. Car par exemple, ya une sorte de conflits chez moi envers mes parents. Je sens que j’ai parfois besoin d’être en colère contre ma mère, pour les carences affectives et la violence psychologique que j’ai souvent subi..Or, j’ai toujours été consciente qu’elle n’a fait que ce qu’elle a pu par rapport à ce qu’elle avait vécu enfant. J’ai toujours ressenti ce « c’est plus fort que moi » qui émanait de chez elle avec « c’est plus fort que moi »=traumatisme dans l’enfance, conditionnements..ect ». Et c’est ce « c’est plus fort qu’elle » qui constituerait l’onde de choc non à un instant t? on n’y peut rien car à cet instant t c’est déjà lancé. Mais je raisonnais comme ça trop tôt. Je pardonnais avant d’avoir exprimé ma colère. Comment être en colère alors que la personne a fait son maximum à l’instant t? J’étais bloquée. Mais avec ce nouveau « facteur », ce qui se passe entre l’agresseur et la victime, je peux en vouloir enfin sereinement à ce quelque chose..

        Si on reste dans mon exemple, pour avancer réellement au lieu de se dire « je la déteste car elle m’insulte », je devrais dire « je déteste la force de la violence des mots qui m’atteignent » et lutter pour diminuer cette force…et du coup j’ajouterais à votre exemple Vergi quand vous dîtes que ce serait compréhensible d’en vouloir au mec que c’est aussi carrément inutile en fin de compte, puisque le côte intentionnel ou non, négligeant, ect ne concerne que l’autre et on ne peut rien y faire à l’instant t (sauf un psy lol) alors que l’impact de l’onde de choc dépend de nous….Je dis ça mais c’est dur à faire et je ne sais pas si je raisonne bien 😦

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    2. Peut on comparer à cetoi histoire d’un ado que je connais?
      L’oncle est handicapé mental, et a connu une famille incestuelle (peut être des passage à l’acte je sais pas). Quand il avait 5 à 7 ans l’ado et son frère ont été abusé par cet oncle. (Et l’horreur : la justice ne la pas reconnu coupable du fait de son handicap).
      On pourrait transposer la maladie de magali à l’inverse? L’oncle n’a pas eu conscience de faire du mal à ses neveux mais le mal a été fait, les neveux ont soufferts, le mal est bien là. Il a beau être irresponsable au niveau de la loi et dans la tête de l’ado ça reste lui qui a fait ça.

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      1. En fait oui car ces ados vont se battre contre un fantôme, la maladie psychique.
        En même temps, le droit qui a été saisit pour que ces ados soient reconnus victimes.par leur proche et la Société ce sont vus déboutés de se droit facilitateut de la reconstruction. Il devrait exister une peine symbolique, ok le tonton ses actes n’ont pas étè volontaire mais peut être intentionnels.(ou l’inverse), mais les impacts restent les mêmes. Le droit a nié la culpabilité, légitimement, mais qu’en est il de la responsabilité ? Or le droit ne juge que les coupables pas les responsables. Je ne sais ce qu’a dit le juge, si il a pu parler de cette responsabilité, la souffrance de ces ados sera entendue, sinon non. C’est un trauma de plus.

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  4. Merci pour cet article imagé qui m’amène une nouvelle piste de réflexion. Je n’avais pas envisagé cette notion d’onde de choc. Je suis parvenue à atténuer l’onde mais je realise qu’à chaque fois que je me trompe ou que je suis en difficulté, j’ai un premier sentiment d’echec avec une grande colère contre moi même de ne pas y arriver. Il me faut beaucoup d’efforts pour relativiser ou accepter de ne pas rester avec le sentiment d’etre une idiote. J’ai aussi une peur ancrée de la punition qui pourrait suivre. Comme à l’époque où je cachais mes bêtises pour ne pas recevoir de coups.

    C’est terrible cette repetition qui surgit et pointe ce qui n’est encore pas résolu.

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  5. En effet, ça donne à réfléchir!
    C’est la première fois je crois que je lis les choses sous cet angle et l’image de l’onde de choc est facile à transposer.
    Cela me fait aussi penser à un autre article (je ne sais plus lequel) où il était question de l’intentionnalité (enfin dans mon souvenir). Est ce que l’on peut ou non en vouloir à quelqu’un qui fait du mal sans intention d’en faire ou sans en avoir conscience, mais qui le fait, et le répète. Est ce qu’on peut d’ailleurs en vouloir à un parent psychotique, à un parent dépressif, à un parent qui meurt ou qui tombe malade… C’est compliqué d’en vouloir à quelqu’un qui souffre…
    Mais aussi, en effet, le côté en vouloir à des membres de sa famille ou assimilé. (J’en veux sans conteste 😮 )Mais en fait non, c’est pas si simple. En fait, on ne peut pas en vouloir sans ressentir cette culpabilité écrasante et alors c’est la guerre dans ta tête… (c’est d’ailleurs présentement la guerre dans ma tête là donc je vais arrêter d’y penser). Parce que « ça se fait pas, dans une famille on s’aime point ». Bon, rien de neuf sous les tropiques pourtant, mais je trouve que cela illustre bien le paradoxe dans lequel on peut se trouver.
    Et cette onde de choc qui se répercute encore et encore,
    qui est peut être à l’origine de distorsion ? (et ça je vais pas non plus y penser.. y a trop à penser je verrai ça un jour peut être avec la psy.)

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    1. Bien sur qu’on peut en vouloir à une personne qui ne l’a pas fait exprès ou qui n’est pas consciente de l’interdit ou de la souffrance que son acte peut générer. Après chacun fait comme il veut. Je pense que la colère est une phase obligatoire dont la victime finie par se dégager. Ok lui en vouloir et après ?
      Ma culpabilité est toujours de se croire la cause de ce qui est arrivée ou de croire que parce que c’est un proche on n’a pas le droit de lui en vouloir.

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  6. Je ne suis pas d’accord avec votre article c’est limite que vous demandez aux personnes violentées de pardonner, c’est bel et bien la personne donc celui qui lance la balle qui a fait du mal, et forcément que si c’est un membre de la famille ou proche qu’on n’arrive pas à les détester, et pour survivre on s’en prend aux autres.,car c’est la seule façon pour ne pas se tuer.

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    1. Tu as encore beaucoup de chemin a faire, tu es encore dans la colère. Pourquoi ne pas pardonner ? Je ne suis pas pour mais certain(e)s le font. J’espère que tu liras le commentaire de Juste Moi qui résume bien le processus de reconstruction. En quoi savoir qui et pourquoi aide a avancer ? A rien. Et c’est sans doute parce que tu restes centrée sur cette colère qui ne cesse de te renvoyer a la trahison que tu as du mal à envisager une porte de sortie. Tu n’es qu’au dèbut.de ton travail.psychothérapeutique… si tu en as un cours.

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  7. Mais du coup parvenir à en vouloir à l agresseur (si c est un proche) c est un bonne chose ou pas ?
    et « qu est ce qui a arrêté la balle ? » qu est ce que ça veut dire ? Qu est ce qui a arrêté l agression ? parce que si je suis l exemple, ce qui a arrêté la balle, c est d avoir atteint sa cible (le point entre les deux yeux) mais concrètement c est quoi ? Que ça se reproduise ou … ?
    Bon et la question la plus importante : l onde de choc. C est ce qui continue à agir, c est ça ? Ce qui fait le plus de dégat c est pas l agresseur mais comment on ressent l agression et ce que ça entraine sur le comportement de l agressé ?
    Le « l’envie de faire plaisir à l autre » me perturbe énormément.
    Je sais que c est un exemple, et qu on doit trouver ses propres réponses, tu l as écrit noir sur blanc (blanc sur noir, en fait) mais cette réponse là …
    Alors ça voudrait dire quoi ? se prendre la balle pour faire plaisir à l autre, ou toutes les balles futures ?
    Du coup, comme je bloque déjà en lisant les exemples, pour trouver mes réponses, c est pire, parce que je suis pas sûre d avoir compris, du mal à passer de l exemple à du concret.

    J ai lu les coms, et en plus maintenant je me demande, ou plutot je vais te demander, Vergi, pour arreter une fois pour toutes de me poser la question (j avais arreté mais là ça me reprend, les doutes) si en terme d agressions, et de répercussions/ondes de choc, les violences verbales comptent, être constamment ou presque nié dans sa valeur, rabaissé, les « tu ne fais jamais rien de bien » « tu vis comme ça, tu es folle », « tu me fais honte » et. est-ce que ça compte ou est ce que me sentir concernée et perturbée par tout ça, c est comme si je venais dans un service de grands brulés avec une cloque au doigt ?

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  8. Si on est conscient de se sentiment de colère contre l’autre mais aussi contre soi… n’est-ce pas aussi une force ? Moi j’ai l’impression de m’en servir , que j’en ai besoin pour avancer …

    Cet article et les réactions … portent vraiment à réfléchir …

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  9. Aaah, l’onde de choc, on en viendrait presque à l’aimer non? Cette seconde peau. Cette première peau? C’est ironique bien entendu, et pourtant, on semble tous si pressé(e)s de nous défaire de ce manteau si pesant tout en s’y accrochant l’air de rien… de mon côté, il prendrait la forme du manque d’estime, de l’angoisse d’abandon, de l’obsession de prendre le moins de place possible. Son origine, c’est l’abus de confiance, l’abus psychologique, entre autres, et les carences affectives. Je clame bien fort me foutre de ce que deviennent les lanceurs de balles, or j’ai encore à leur égard aujourd’hui des comportements de soumission qui me dégoutent. Et quant à l’onde de choc, je sais que c’est à moi d’y renoncer, qu’il m’est possible de faire autrement mais le deuil n’est pas encore fait…

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      1. Et c’est d’arrêter de me soumettre qui me permettrait d’avancer dès lors? Et cela voudrait dire être soi-même quelque soit ce que cela recouvre (je n’ai pas encore une idée finale des contours de ce que je suis). Ce serait également protéger cette identité je suppose, même si c’est dans le respect de l’autre… et même si cela risque de mettre à distance (peur de l’abandon).

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      2. Waouh, une lumière s’allume! Merci pour ta réponse Vergi, sans elle, j’aurais tourné en rond encore un moment! Ça vient vraiment de faire tilt !!!

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      3. Mais la soumission c »est aussi une protection. Se soumettre, C’est se se cacher aussi, ca protège en qqs sorte. Si on lache cette soumision, on est p-e en danger, ou dû moins on ne sait pas comment faire sans ?? non?

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    1. Je voulais réagir à ce que tu as écrit. En effet, parfois se débarrasser des impacts est difficiles non pas parce que c’est difficile mais parce qu’on se met des bâtons dans les roues de peur de ne plus savoir qui être une fois qu’on est débarrassé de tout cela. Quand on a passé 10, 20, 30 ou plus avec en tache de fond une répétition d’événement, de la colère ou de la peur, de la honte ou de la culpabilité, on peut se demander comment remplacer le vide qui va exister.

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      1. Oui, c’est tout à fait cela. D’autant que pour donner le change et vivre avec les autres, on a mis en place un certain nombre de comportements qui semblent protecteurs. Renoncer à ces comportements et tenter autre chose, c’est un peu se jeter dans le vide. Se débarrasser de son (ou ses) masque(s), cela semble une idée séduisante… mais lorsqu’on ne sait pas trop ce qu’il y a derrière et qu’on envisage même quelque chose de pourri derrière le masque, c’est plus facile de le garder.

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      2. C’est exactement ca. Et c’est même hors de notre contrôle, je veux dire par là qu’il n’y a pas que la volonté qui compte, même si c’est important évidement.
        Qd j’ai travaillé en thérapie cette soumission, ca marchait en qqs sorte, j’apprenais à avoir droit a ma place ds la vie, dans ma vie, dans ma tête, à ne pas disparaître à avoir mes propres limites. Comme mon psy m’avait expliqué, on se compare à un pays, on a des frontières et c’est nous qui dirigeons. Nous sommes les maitres de nos frontières, on laisse rentré qui on veut, comme nous on le veut, comme on le décide. Mais c’est nous qui décidons. Disons, on choisis d’ouvrir ou pas les portes, et à qui. Et en société, on interagi entre « dirigeants » Chaqu’un est ce qu’il veut être. Si on perçoit un « dirigeant » soumis, l’autre va vouloir et pouvoir entrer comme il le veut, ou différemment suivant le caractère. Il faut connaître les limites de ses frontières et les faire respecter à sa manière. Enfin c’est comme ca que j’ai compris.
        Tout ca pour dire, que c’est vrai, Ca marchait mais tout mon psychisme luttait contre. Je sentais que la thérapie me libérait, puis d’office après que je me sente mieux, plus libre de décider par moi même, je tombais dans de grosses angoisses. Je me souvien d’un jour, je me sentais bien, j’avais compris des choses, je me sentais libre et le soir dans mon lit de grosses angoisses au point de sentir comme un tremblement de terre dans tout mon corps qui grondait. Comme si ca grondait vraiment ds mon corps, comme un tapis de grosses pierre qui vibre. C’était une impression, je ne tremblais pas vraiment. Mais c’est hyper angoissant et bizarre.
        Donc même si on le veut, on est vite rattrapé par notre psychisme. Du coup ca fait peur de vouloir aller mieu!….
        Ds fois c’est plus facile de continuer à se prendre l’onde de choc qu’on se prend depuis toujours, que de l’arrêter… Pffffff C’est nul qd même. lol

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      3. Merci pour ce partage lysavi. Surprenant comme certaine chose me parle et ca a qq chose de rassurant de lire que cela arrive à d’autre. Ce truc de se sentir mieux et de se taper une angoisse terrible le soir même, c’est tellement fou! Ça me fait tellement peur. Je me demandais si c’était moi qui me faisait des histoires, c’est vraiment flippant. A ne plus vouloir tenter quoique ce soit… a vouloir tout arrêter, rester cloîtrer

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  10. Jeu set et match !!! (voilà une partie de notre GPS 🙂 )
    Donc si je comprends bien, l’onde de choc regroupe tous les sentiments qui découlent de l’impact de la balle sur notre tête…donc si on trouve ce qui décrit le mieux chez nous cette onde de choc, alors on trouvera le chemin qui nous mènera vers des solutions à tester.
    Mais tout ce cheminement, peut il se faire sans un psy, sans se replonger dans le passé, en se focalisant juste sur l’onde ? (surtout si le passé est flou…). De mon coté n’ayant plus de suivi psy, je connais les mots qui nomment les sentiments mais je ne sais pas trop bien encore les relier au ressenti, à se qui se passe dans mon corps ou dans ma tête…donc difficile d’identifier l’onde de choc…

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    1. Que te dire ? J’imagine qu’il y a des personnes qui peuvent se.passer d’un psy, mais en gènéral.ce type de.démarche est longuer. Car une fois l’onde de choc arrêtée, Il faut faire le constat des degâts qu’elle.a fait et rconstruire. Cela me semble difficile sans accompagnement.

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  11. Personnellement, Ce qui est le plus difficile c’est de se rendre compte que la tête n’a pas été assez forte pour encaisser le choc. Car le choc balle-tête dépend non seulement de l’auteur, de la balle, de la vitesse, mais aussi de la résistance de la tête. L’ampleur de l’onde de choc en dépend évidement aussi.

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  12. Parfois je parviens à arrêter l’onde de choc assez longtemps pour pouvoir vivre à peu près normalement mais elle revient toujours. Une nouvelle brique me tombe sur la tête sans arrêt et je peux pas empêcher l’ouvrier de faire tomber sa brique, je suis obligée de passer sous l’échafaudage et les passants qui voient la brique me tomber dessus ne font rien, ils me laissent avec ma douleur sur le trottoir, ils disent que c’est pas grave que l’ouvrier n’a pas fait exprès.

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  13. Juste pour info, j’ai quelques problèmes avec les commentaires. Certains ne sont apparus à ma lecture qu’avec 3 jours de retard, certains sont lisibles puis disparaissent brutalement… Alors soit je réponds tardivement soit je ne suis pas en mesure de répondre. Un p’tit bug de WordPress, comme il y en a tant…

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  14. mais si l’onde de choc fait que tu piques une crise de colère au mauvais moment, c’est toi qui t’en prends plein la figure.
    Les autres, ils s’en foutent de l’onde de choc et des conséquences qu’elle peut avoir sur toi, sur tes réaction, sur tes actes.
    Alors c’est impunité pour l’agresseur original qui a provoqué l’onde de choc, mais pour ceux qui la subissent, les punitions, l’opprobre de la société sont bien réels.
    Je trouve ça injuste.

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  15. Vergi, peut-on avoir répercussion des ondes de choc? Et surtout faut-il remonter les générations pour l’arrêter?

    Je précise ma pensée: un homme, symptôme soumission à sa mère. Il a son onde de choc. Il se marrie avec une femme autoritaire (logique), fait ce qu’elle veut, et quand il rentre le soir et qu’elle le tanne alors qu’il est crevé sur ses mioches qui ont été abominables parce qu’ils n’ont pas rangé leurs chaussons, il leur fout une trempe pour avoir la paix, plutôt que dire à sa femme qu’elle l’emmerde avec ses broutilles… et là, les gamins reçoivent l’onde de choc à leur tour… mais différente. Et hop, on peut continuer ainsi les générations.

    Du coup, les gamins devenus grands, ils doivent lutter contre quelle onde? Celle que leur a infligé le père ou celle encore en amont que le père a reçu?

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    1. Très bonne question. En fait l accumulation des 2 ondes, car on est dans la transmission transgénérationnelle. Je n ai pas abordè ce sujet parce que je ne voulais pas compliquer la metaphore. Mais les enfants s approprient l onde du père, ce n est que la leur mais amplifiée car ils ne devront pas règler la problematique du père maus bien la leur. Je ne sais pas si je suis claire…

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      1. L’exemple de Malau me parle énormément. Donc du coup on peut accumuler les 2 ondes de choc. Est ce qu’il peut y avoir accumulation des 2 parents? Je m’explique, une maltraitance qui a subi ou vu de la maltraitance dans son enfance, (donc avec son onde de choc à elle), qui rejoue une scène au travers de son enfant et par exemple lui en fout une. Donc elle peut transmettre une partie de son onde de choc. En reprenant l’exemple, le père (avec sa propre onde de choc à lui) est absent au moment des faits, quand il rentre, (comme dit Malau), elle le tanne et pour avoir la paix en fout une à l’enfant. Est ce qu’il peut y avoir accumulation des 2 ondes de choc des 2 parents en plus de celle crée?
        Et quand le père est absent psychiquement et devient complice ou participe par sa non réaction à une onde choc (pas forcément des coups), est ce qu’il y a transmission de son onde de choc à lui?

        Est il possible d’avoir une suite de cet article avec la transmission transgénérationnelle, stp?

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  16. L’exemple de Malau me parle énormément. Donc du coup on peut accumuler les 2 ondes de choc. Est ce qu’il peut y avoir accumulation des 2 parents? Je m’explique, une mère maltraitante qui a subi ou vu de la maltraitance dans son enfance, (donc avec son onde de choc à elle), qui rejoue une scène au travers de son enfant et par exemple lui en fout une. Donc elle peut transmettre une partie de son onde de choc. En reprenant l’exemple, le père (avec sa propre onde de choc à lui) est absent au moment des faits, quand il rentre, (comme dit Malau), elle le tanne et pour avoir la paix en fout une à l’enfant. Est ce qu’il peut y avoir accumulation des 2 ondes de choc des 2 parents en plus de celle crée?
    Et quand le père est absent psychiquement et devient complice ou participe par sa non réaction à une onde choc (pas forcément des coups), est ce qu’il y a transmission de son onde de choc à lui?

    Est il possible d’avoir une suite de cet article avec la transmission transgénérationnelle, stp?

    Vergi, j’ai oublié des mots sur le premier commentaire, je l’ai refait. Peux-tu annuler le premier com. Merci

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    1. Je ne comprend pas cette accumulation d’ondes de choc. Car le but est de voir sa propre onde de choc, propre à soi et a ses réactions. Tenir compte de transgenerationnel voudrait dire qu’on tiendrai compte de celui qui lance la balle. Et en plus, un parent avec sa négligence, maltraitance ou autre, ne va pas produire la même onde de choc sur chaque enfant car chaque enfant a son vécus et sa personnalités à la base.
      Le parents n’est que celui qui lance la balle.

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      1. C’est comme un caillou que tu lances dans de l’eau tranquille, il n’y a qu’une onde qui se propage. Si ce caillou est lancé dans une eau deja en mouvement ou si tu lances deux cailloux en meme temps pas trop loin l’un de l’autre (imagine qu’un premier caillou ait été lancé juste avant ou qu’une serie de mini vagues soit deja là) , tu sommes plus ou moins les contributions des deux mouvements, d’une certaine façon cela se combine pour au final créer une onde différente mais résultante des deux précedentes. Quelque soit le nombre de sources d’onde, il n’y en a qu’une au final que tu « vois » et dont tu souhaites « annuler » les effets. Et de ta position dans l’eau ou dans la fratrie, depend ce que tu vas recevoir. Ca dépend ou sont lancé les cailloux, meme si tout le monde est dans l’eau… bref ca me parle bien a moi.

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