Marilyn Monroe et sa psychanalyse

Norma Jeane Mortessen (nom de son père) ou Baker (nom de sa mère) est née en juin 1926. Elle n’a pas connu son père… ni sa mère. Si on peut dire les choses comme cela dans la mesure où elle a toujours vécu dans des familles d’accueil. Elle n’a passé avec sa mère que quelques mois lorsqu’elle avait 9 ans et quelques autres lorsqu’elle avait autour de la vingtaine, ça été une catastrophe et Norma Jeane est retournée à chaque fois en placement. Sa mère était folle disait elle. Elle ne voulait pas savoir ce qu’avait sa mère, ce n’était pas important, tout ce qu’elle savait c’est qu’elle avait peur de devenir folle comme elle.

On sait que Norma Jeane a été abusée sexuellement plusieurs fois, au cours de sa jeunesse. Elle ne voulait pas en parler. C’était du passé disait elle. Elle s’est mariée à 16 ans pour échapper à l’orphelinat.

Dès 16 ans pour se faire de l’argent elle pose pour des revues et calendrier « osés » comme on l’aurait dit à l’époque. Elle n’hésite pas à se dénuder et à prendre des poses lascives. Et elle ne va déjà pas bien. De son adolescence date ses premières prises de médicaments qui vont devenir des drogues.

Car Norma Jeane a un gros problème, elle et son corps ne font pas unité. Norma Jeane, toute jeune fille apeurée et triste, vit tout au fond de Marilyn Monroe. Norma Jeane souffre, se dévalorise, se sent sale et bête. Marilyn Monroe ne réfléchit pas, est très impulsive et s’adonne à une sexualité débridée avec tout ce qui lui passe à portée, femme comme homme, que ce soit des inconnus croisés au hasard de la rue ou au gré de rencontres lors de raouts mondains. Elle se met nue dès qu’elle le peut, sur demande mais généralement sur un coup de tête. Marilyn parle peu aussi car elle bloque sur certaines lettres, un bégaiement sur le « m » tout particulièrement. « Marilyn Monroe », nom quasi impossible à dire.

Norma Jean regarde donc son corps faire ce qu’il veut sans qu’elle puisse le contrôler. D’autant que ce corps va se transformer pour mieux répondre aux attentes sensuelles voire sexuelles de ses admirateurs : elle se refait le nez, les pommettes, les seins, les fesses, subit diverses liposuccions qui conforte le non reconnaissance de ce corps. Elle qui aspire au calme, à l’ombre et à la re/connaissance voit son corps l’entraîner dans la lumière, le bruit et la fureur sexuelle.  Norma Jean va donc tout faire pour anesthésier son corps. Risperdal et Nembutal principalement. Ces barbituriques font des ravages à Hollywood depuis les années 40. A la base ce sont des anesthésiants médicaux. On s’en sert même à haute dose pour les anesthésies mortelles en milieu vétérinaire mais aussi pour les condamnations à mort par injection. A petite dose, cela endort plus ou moins profondément. Alors toute la journée Norma Jeane avale des comprimés afin d’abrutir son corps. Elle reprend ainsi le contrôle et laisse son corps dépérir. La journée, sous Nembutal, elle erre nue ou en peignoir chez elle. Toujours une coupe de champagne à proximité, peu lavée, sentant le sale, les cheveux cramés par le peroxyde en bataille, elle se traîne ou dort. Norma Jean peut alors exister, penser en se penchant sur sa vie, ses souffrances, sa grande tristesse, ses incompréhensions.

Mais parfois il faut aller répondre à un interview, prendre l’avion, faire une scène de tournage. Alors il faut réveiller Marilyn. Amphétamines à tout va. Marilyn réapparait, flamboyante, lumineuse… de loin en tout cas. Car de près Marilyn fait peur. La peau terne et grise, la chevelure qui n’est plus que de la paille fixée à la laque, l’écœurante odeur de saleté cachée sous l’odeur du maquillage. Mais peu importe elle illumine la pellicule, répond toujours gentiment aux questions et minaude à tout va. Une fois sortie du champ des projecteurs, Norma Jeane avale comprimés sur comprimés. Le mélange barbituriques et amphétamines est détonnant, prise de profondes angoisses le soir, son médecin lui fait des injections de barbituriques à forte dose afin qu’elle puisse dormir. Et le cycle recommence le lendemain matin.

Son médecin parlons en. Ou plutôt ses médecins. Comme tout Hollywood à cette période, Marilyn ou Norma Jeane on ne sait plus vraiment parfois, est passionnée de psychanalyse. La psychanalyse est partout, tous les films de cette époque, même les plus insignifiants, en sont empreints. Tous les acteurs, les scénaristes, les réalisateurs et les producteurs sont en psychanalyse. Et si ils ne le sont pas c’est qu’eux mêmes sont devenus à leurs heures perdues psychanalystes après avoir suivis pour certains des cours avec Freud en personne. Norma Jeane ne va pas bien et a peur de sombrer comme sa mère, elle entame donc une psychanalyse. Au fur et à mesure de ses très nombreux déménagements, elle aura 4 psychanalystes dont Anna Freud. Elle fera 10 ans d’analyse en tout dont les 3 dernières années avec Romeo « Romi » (dit Ralph) Greenson. Ralph Greenson est psychiatre qui réalise aussi des psychanalyses, il est très connu dans le milieu du cinéma. Il prescrit donc d’un côté les barbituriques et amphétamines et de l’autre allongent ses patient(e)s pour tenter de les faire aller mieux.

Si Freud n’avait pas peur de ne pas coller exactement aux termes du cadre qu’il avait lui même défini en fonction de ses patients, Greenson va totalement effacer le cadre pour Marilyn Monroe.

Car une chose est claire, Norma Jeane est schizophrène. Peut être paranoïaque même. Sa dissociation fait vivre son corps indépendamment de son « âme ». Greenson a remarqué que lorsqu’on « parentalisait » les schizophrènes ils allaient mieux  (normal puisque il existe une persistante non résolution oedipienne), aussi le cas de Marilyn Monroe s’aggravant dans le temps (je rappelle qu’elle a 33 ans lorsqu’elle le consulte, âge moyen du plein développement de la schizophrénie adulte, mais Marilyn était sans doute déjà schizo à l’adolescence) il décide de lui fourni le cadre familial qui lui a toujours manqué. Sa famille, lui, sa femme et ses 2 grands ados, vont donc devenir la nouvelle famille de Marilyn. Il la voit pour 1 séance chaque jour, 7 jours sur 7. Une séance peut durer 4 heures. Elle peut appeler quand elle veut et ne s’en prive pas même la nuit. Souvent elle dort chez son psychiatre qui lui a réservé une chambre dans sa grande maison, elle participe aux anniversaires… Et il lui a fait un tarif spécial à seulement 50 $ la séance (ce qui est énorme pour les années 60). Lorsqu’il s’enquiert auprès de ses pairs de la pertinence de son absence de cadre, tous lui disent avec tact qu’il va trop loin et suggèrent qu’une psychanalyse n’est sans doute pas le plus adaptée pour le cas de Marilyn mais aucun ne condamne la technique ni ne le met en garde sur les risques potentiels. Contre toute attente, la schizophrénie Norma Jeane/Marilyn ne va faire que s’accentuer sans que le psychiatre ne comprenne pourquoi. Il ne voit pas déjà le simple paradoxe entre le fait d’offrir une famille mais en contre partie de payer pour faire partie de cette famille. Si Marilyn ne payait plus ferait elle encore partie de cette famille ? Peut être, car le psychiatre éblouit par les projecteurs braqués sur lui ne voit pas l’inversion des rôles qui se met en place : Norma Jeane trouve une famille dans laquelle elle peut être « normale » et lui jouit d’une mise en avant, il est l’analyste de Marilyn Monroe pensez donc !

Si dans sa sexualité aux femmes, elle cherche des modèles pour grandir et donc une mère, il est tout aussi évident que dans son abandon aux hommes et à une sexualité débridée, Marilyn cherche un père. Elle pensera en trouver chez ses maris. Mais à part Di Maggio, ils ont épousé Marilyn et pas Norma Jeane. Elle cherchera à fonder sa propre famille, mais elle fera au moins une fausse couche et on ne sait pas vraiment si elle en a fait d’autres ou si elle a avorté. Norma Jeane se cherchait donc une mère et Marilyn un père. Greenson, en apportant sa famille, en se montrant chef de cette famille, prend le rôle du père. Au point que c’est lui qui décide des contrats de Marilyn, montant financier, type de rôle, scénario, phrases prononcées… c’est lui qui décide de tout. Il devient l’agent de Marilyn qui lui fait une confiance aveugle. Enfin c’est Norma Jeane qui lui fait confiance. Pourtant en tant qu’agent, il se doit de garantir que Marilyn Monroe se rendra bien sur les plateaux de tournage, saura son texte et tiendra son rôle. Or pour cela il faut que Marilyn réapparaisse. Or il traite Norma Jeane. Si pour le film « les désaxés » la collaboration entre Norma Jeane et Greenson est tout fraîche et il arrive à faire surgir Marilyn et la traîner sur le plateau, il n’en n’est plus de même plus de 2 ans plus tard sur ce qui sera le dernier film (non fini) de Marilyn. Norma Jeane ne veut plus faire apparaître Marilyn. Elle ne vient pas sur le plateau, lorsqu’elle vient elle est soit bourrée soit camée et est incapable de dire son texte… Les producteurs s’arrachent les yeux, les retards leur coûtent une fortune. D’autant qu’au même moment se tourne le fameux Cléopâtre avec Elizabeth Taylor qui n’en fini plus de faire sombrer les budgets, y ajouter les retards de Marilyn n’est pas possible. Greenson renégocie tout et garantie que Marilyn viendra finir le film, il s’y engage. Il pousse Marilyn a revenir sur le plateau, mais Norma Jeane n’est plus d’accord. Les studios finissent par la virer du film. C’est en même temps sa période Kennedy, John d’abord puis Robert.

Si Greenson a pensé que ne plus être liée à ce film ferait du bien à Norma Jean et le libérerait lui de la prison dans laquelle il s’était enfermé, il n’en fut rien. Marilyn ne va pas bien. Greenson lui injecte du Nembutal le soir et la journée un autre médecin lui injecte on ne sait quoi (il n’a jamais accepté de dire ce qu’il donnait à Marilyn) des sédatifs et des amphétamines semble t il, chaque médecin ne sachant pas ce qu’injecte l’autre, mais parfois après le Nembutal elle appelle l’autre médecin, Engelberg, qui lui injecte un produit qui la tient éveillé et excité toute la nuit ! Son dernier mois de vie, elle reçoit plusieurs fois par jour des injections auxquelles elle ajoute de l’alcool.

Elle subit en fait des pressions de toute parte du fait de sa liaison avec Bob Kennedy. Sinatra l’invite dans son nouveau casino. Elle s’abrutie d’alcool et d’injections et on la retrouve en état semi-comateux quelques jours avant son décès. Puis Sinatra finira par dévoiler des photos, on y voit une Marilyn droguée se faire violer à plusieurs reprises en présence de Sinatra. Dean Martin son plus grand ami dira que ce jour là ce ne sont pas les viols qui l’ont traumatisé mais ce qu’elle à découvert de la réalité qui entourait les Kennedy, Hollywood et les liens avec la Mafia. Norma Jeane savait et avait vu des choses insupportables.

Début août 1962, Marilyn expose qu’elle souhaite mettre fin à son analyse en face à face. Elle veut prendre de la distance. Et en même temps consulte plusieurs médecins pour obtenir des prescriptions des divers médicaments. Elle décède au petit matin le 5 août. On retrouvera 25 boîtes de différents cachets sur sa table de nuit. Celle de nembutal étant vide.

Dès qu’elle n’allait pas bien Marilyn appelait des photographes, même en pleine nuit, pour faire une séance chez elle, chez eux ou en extérieur. Elle décrochait son téléphone et disait « shoot me ». « Tire moi ». Tire moi le portrait. Tire moi sexuellement. Mais « shoot » c’est aussi tirer avec une balle, « shoot me » c’est aussi « tue moi ». Tuée par l’image, l’appareil photo devenait une arme. Chaque photo tuait un peu plus Norma Jean. La dissociation était elle que ce que Marilyn ne savait pas c’est que si Norma Jeane mourrait, Marilyn mourrait avec elle…

Avec le recul, Greenson a fini par se pencher sur sa pratique psychanalytique avec Marilyn Monroe. Il sait qu’elle était d’une tristesse infinie et seule, d’une solitude infinie. Il n’a jamais remis en question ce qu’il avait fait même si il reconnaît qu’une psychothérapie aurait sans doute été plus adaptée à son cas. Mais on ne saura jamais si il était présent ou non lors du décès de sa patiente.

Si tout cela vous intéresse vous pouvez lire « Marilyn Dernières séances » de Michel Schneider, ed. Grasset 2006

marilyn

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20 réflexions sur “Marilyn Monroe et sa psychanalyse

      1. C’est que je ne connaissais que très brièvement Marilyn, sans jamais avoir songé à ce que ce soit un pseudonyme lié à une personnalité troublée. C’est cette double identité qui me laisse sans voix. Disons que je l’imaginais pas comme ça. Après, tout le monde a une face cachée non?

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        1. Non pas vraiment. Nous avons des masques, chacun ètant adapté à une situation donnée.. On était très loin de cela semble t il car elle reconnaissait à son corps une vie indèpendante de sa volonté.

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  1. Au moment où j’écris ces qq lignes, je viens de prendre 40 cp de Nautamine, un médicament contre le mal des transports, qui a des effets sédatifs. J’en ai presque pris l’habitude. Je sais que je ne mourrai pas avec ça.

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    1. Bien sûr que cela tue et cela n’anesthésie pas car la surdose rend agité et fait faire des convulsions. Mais si tu voulais mourir tu ne viendrais pas l’écrire ici n’est-ce pas ?

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    1. Non pas du tout. Ca doit être intéressant aussi, cette tendance à vouloir sauver les hommes qu’elle va mettre dans sa vie et ne pas arriver à le faire au point qu’ils meurent près d’elle.

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  2. En lisant cet article, je me disais que le plus grand malheur de norma jean était d être née a une époque où les traitements médicamenteux et psychothérapiques de sa maladie étaient souvent peu satisfaisants. L anonymat ne l aurait peut être pas sauvee d une vie difficile.
    Je reste aussi surprise de l erreur faite par son psychanalyste de poursuivre une thérapie sans doute peu adaptée à sa problématique. Est ce qu aujourd’hui il existe un consensus sur les indications pour une psychanalyse.. de mon point de vue pas bien éclairée j ai l impression que la psychanalyse n est pas indiqué pour le traitement de toute pathologie en phase aigue mais il est fort probable que je me trompe.

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    1. En fait, la psychanalyse répond normalement à un cadre précis et clair. Le problème est que n’importe qui peut faire de l’analyse même encore aujourd »hui. A l’époque déjà avoir suivi quelques cours de Freud ou de ses étudiants suffisaient à faire de vous quelqu’un de compétent.
      Une psychanalyse n’est pas adaptée à la schizophrénie car le patient résiste énormément (et si il ne résistait pas il ne serait pas schizo n’est-ce pas ?) (humour de psy) la résolution oedipienne n’est pas accessible pourtant elle résoudrait bien des choses. De plus le psychisme schizo cherche à échapper à une réalité qu’il n’arrive pas à gérer et lui demander d’y faire face ne fait qu’aggraver la déconnexion. Dans ce cas c’est ce qui est censé le soigner qui le rend plus malade. Ainsi plus Norma Jeane prend conscience que la réalité (celle de Marilyn) ne lui convient pas, plus elle se dissocie et plus elle sombre.
      J’avoue que je n’ai jamais compris comment son psychiatre avait pu se laisser entraîner dans une telle relation qui n’avait plus grand chose de thérapeutique. Mais, comme je l’écrivais, personne n’a jamais osé lui dire directement que ce n’était pas normal ou n’a dénonce ses agissements. Omerta.

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  3. Intéressant cette analyse de la thérapie qui détruit.. je me fais souvent l analogie le psy c est comme un ostéopathe. Je ne confierais ni mon dos ni mon psychisme a n importe qui 😉

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  4. Très intéressant votre article. Il y a un excellent roman qui est inspiré de la vie de Norma Jean Baker (et non pas Marilyn Monroe qui n’est qu’un personnage/une dissociation comme vous le dites dans l’article. C’est Blonde de Carol Joyce Oates. Elle n’y parle pas de la psychanalyse de Norma Jean mais raconte son enfance et ses relations avec sa mère et les hommes. Je l’ai lu il y a 4/5 ans mais je me rappelle très bien : l’absence de la mère, la souffrance psychique de l’une qui entraîne celle de l’autre y est bien décrite, tout comme cette quête désespérée du père dans chaque homme rencontré. L’auteur rejoint ce que vous dites : Norma Jean est une enfant et ses relations amoureuses/sexuelles échouent sans cesse car les hommes pensent coucher avec Marilyn, et en réalité, face à eux, il n’y a qu’une petite fille détruite qui ne sait pas à qui remettre sa vie.

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      1. Intéressant, je ne savais pas pour Jeane/Jean et le rapport à Jean Harlow. Effectivement même blond platine, même maquillage, même moue, même expression que Jean Harlow… qui a aussi très mal fini je crois

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  5. Ceux que j’ai lu d’elle parle de la petite fille vs Marilyn mais sur un versant borderline
    C’est la première fois que je lis qu’elle était schizophrène.

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  6. Super l’article 🙂
    Elle a eu une triste vie 😦 …Comme Naj, j’ai aussi lu des articles sur le versant borderline, je ne m’attendais pas du tout à tt ça…
    Bon, et du coup je ne savais pas du tout que l’âge moyen du plein développement de la schizophrénie adulte était de 33 ans ! Je pensais que c’était vers les 19/20 ans (je ne sais pas d’où j’ai eu cette idée) et du coup, je pensais être clairement tranquille du coup ça me fait toujours assez peur. Et sinon, je prends aussi votre humour au sérieux 🙂 (ceux qui résistent pas ne deviennent pas schizophrène) , je vais me « lâcher » à ma prochaine séance psy lol 🙂

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