Le fonctionnement on / off

Le fonctionnement on / off c’est en fonctionnement en « allumé / éteint » ou en « tout ou rien » ou même en « blanc / noir » ou « oui /non ».

Je peux en aligner beaucoup comme cela des fonctionnements on / off. C’est un fonctionnement à l’économie, ça évite de trop réfléchir, de peser les pour et les contres, d’argumenter. Ce fonctionnement permet de prendre des décisions rapidement sans rien remettre en question. C’est tranché, on n’en parle plus.

En effet, parfois il faut savoir être ferme. Si vous avez des enfants vous savez combien il est important d’expliquer et de négocier mais qu’arrivé à un moment si vous avez pris une décision à leur égard et qu’ils vous trouvent 50 arguments peu valables vous allez poser un « oui » ou un « non » clair, net. C’est comme ça et c’est tout. C’est encore vous le parent, vous qui avez de l’expérience et vous qui apportez le cadre.

Dans le monde du travail c’est souvent pire, car vous et les autres avez rarement le temps d’argumenter, de réfléchir. Surtout pas en réunion où le but est en général que chacun tente de montrer que sa vision est la meilleure et que rien ne peut être envisagé autrement.

Mais dans la plupart des situations le fonctionnement on / off n’est pas adapté. Le « c’est comme ça et pas autrement » est quand même franchement dominant et autoritariste, non ? Ca ferme toute communication et surtout ça créé des angoisses pas possibles car si vous ne pensez qu’en « noir » et que l’autre dit « blanc » la communication, la décision et l’accord… et la bonne humeur… deviennent impossibles.

Pourtant assez étrangement si vous regardez un nuancier de couleurs, vous allez vous apercevoir qu’entre le blanc et le noir, il y a quelques nuances intéressantes comme le gris par exemple. Du gris clair, du gris foncé. Du gris perlé, du gris anthracite et au milieu des tonnes de gris… Ce que j’appelle des « continuum » (faut mettre un « s » ?).

Bref, noir / blanc oui, mais avec plein de gris au milieu.

Oui / non ok, mais avec plein de degrés de « peut être » au milieu.

Pour le on / off, ben là je n’ai rien à proposer, parce que l’électricité y a ou y a pas. Mais vous avez bien compris que je ne vous faisais pas un cours sur la génération des courants électriques -alternatif ou continu-  aujourd’hui (ni demain d’ailleurs).

Sérieusement (si si c’est possible) il s’agit au moment de discuter avec quelqu’un d’accepter de ne pas se positionner sur les extrêmes. Pas de « oui », pas de « non », en tout cas pas tout de suite. Mais beaucoup de peut être. Ce qui oblige à auto argumenter (pourquoi suis-je si « tranché(e) » ?) et à écouter les arguments de l’autres (qui peuvent être très pertinents). Parce qu’en fait on a toujours le droit de changer d’avis. On peut partir sur « oui » et devant les arguments se dire « huuum, en fait non ». L’inverse étant vrai. Mais le « huuummmm » a permis de faire glisser doucement le curseur sur le continuum, de oui, à peut être, à peut être mais j’ai un doute, à peut être pas, à peut être pas sans doute, à non.

En fait on a rarement l’occasion d’être dans les extrêmes du continuum. Le curseur passe son temps à se balader de minute en minute. On ne part pas d’un extrême, jamais. Le curseur doit toujours être placé au MILIEU. Et selon les arguments, de la situation, le curseur se déplace d’un côté ou de l’autre, il peut changer plusieurs fois de position et cela en quelques secondes. Ainsi oui et non ne sont pas accolés, mais chacun à l’extrême d’une droite avec plein d’intervalles. Et avant de dire oui ou non, il faut placer le curseur au milieu et le déplacer selon son humeur et la situation.

On peut arriver aux extrêmes bien sur, sinon on ne dirait jamais oui ou non, il y a bien un moment où il faut prendre une décision. Ou pas. C’est en partant de ce continuum qu’on peut accepter que l’autre prenne une décision à notre place. Manger au restau chinois ou italien ? A moins que vous n’aimiez vraiment pas cela et il faut le dire, quelle importance ? Le but est il de manger ou de passer un bon moment ? Ecoutez vous, mettez votre curseur au milieu. Est-ce si important que ce soit chinois ou italien ? Lequel préférez vous ? Posez vos arguments, écoutez ceux des autres. Votre curseur se déplace : vous préférez italien, ok le curseur s’est déplacé vers italien. Mais vous devez allez au ciné dans 45 minutes et le restau chinois est plus prêt, hop le curseur glisse vers chinois. Le service est plus rapide chez le chinois, hop ça glisse encore un peu plus. Mais vous vous souvenez que la bouffe n’y est pas super, hop le curseur revient vers le milieu. Bon en fait à la majorité vous finissez au chinois. Bon, mais en fait vous vous en foutez, votre curseur étant au milieu ce n’est ni catastrophique, ni existentiel.

Alors quels sont vos fonctionnement on / off habituels ? Et que pourriez vous mettre entre les 2 comme intervalles ?

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2 réflexions sur “Le fonctionnement on / off

  1. Après toute une vie a fonctionner en noir / blanc, la psychothérapie m’a aidé à mettre de la nuance dans ma pensée et donc dans mes discours. Mais cela reste difficile, cela demande des efforts et du coup je peux tomber dans l’ambivalence et ne plus savoir quelle décision prendre ! Peut être qu’un jour cela deviendra instinctif mais ce n’est pas encore le cas. Bizarrement je m’aperçois qu’il me manque un certain langage (des mots pour installer une nuance dans les phrases, faudrait limite que je relise le dictionnaire en entier ! 🙂 )
    Par contre si je me retrouve face à des émotions un peu forte, il n’y a toujours pas de nuance et le coté bon/mauvais reviens au galop…sans possibilité de grande réflexion sur le moment et l’impulsivité et l’agir prennent le dessus et les regrets qui viennent après….
    Il me manque encore à prendre de la distance et du second degré, voilà ce que je pourrais mettre entre les boutons on/off !!

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  2. Dans mon boulot j’arrive plutôt bien à prendre du recul sur les décisions, échanger avec les familles, enrichir la réflexion en prenant en compte le regard de chacun des partenaires qui gravitent autour d’une situation ou bien participer aux réunions avec l’envie de les rendre constructives (même si faut avouer que parfois la réunionite guette le service et que ça tourne un peu en rond si personne ne tranche)… Mais dans ma vie perso, c’est plus compliqué, j’adopte une vision souvent plus manichéenne (malgré moi) surtout concernant les enfants et mon rôle de mère je parviens difficilement à bouger le curseur, je passe du statut « bonne mère »/ »mauvaise mère » en une fraction de seconde. Par exemple le p’tit dernier a tapé un autre enfant et c’est la catastrophe pour moi.
    Et avec ma mère c’est terrible mais je ne suis pas sûre que ce soit la même chose que ce que tu décris. En fait, je réfute systématiquement ses arguments et sur n’importe quel sujet. C’est stupide parce que mon opposition ne se base sur rien d’autre que de la défiance. Nos relations seront apaisées ou en tout cas, je serai plus apaisée lorsque j’aurai travaillé ce point.

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