Tranches de vie, vécus et souvenirs

Voila, j’ouvre cette page qui vous permettra de déposer vos témoignages, vos souvenirs -positifs comme négatifs-, du vécu que ce soit le votre ou celui d’un proche, dans le passé ou le présent, un projet aussi, un poême peut être et même qui sait un « coup de gueule »,  tout ce que vous avez envie de raconter et à votre façon.

Il sera toujours possible de commenter surtout pour soutenir si vous en avez envie.

Et pour tout ce qui relève de questionnement pratiques ou précis ou des propositions de sujets à traiter, le truc que vous ne savez pas vraiment où mettre sur ce blog, il existe la page « ce que vous ne diriez pas ailleurs ».

A vos plumes si vous en avez envie.

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95 réflexions sur “Tranches de vie, vécus et souvenirs

  1. Merci Vergi de me permettre de témoigner. Merci pour ce nouvel espace de paroles (écrits)

    Peut-être parce que j’ai beaucoup de difficultés à ressentir les émotions liées à mon passé, je crois que je vais le faire sous forme d’histoire. Ce qui du coup met mon vécu certainement à distance.

    En fait, c’est une façon pour moi quelque part, de répertorier l’historique (si on peut appeler ça comme ça) de mon passé ou plutôt de mon enfance.
    Je suis née dans une famille dysfonctionnelle avec pour chacun de mes parents son lot de souffrances. Donc née :

    D’un père qui lui est né d’une mère castratrice et d’un père dont la naissance est plus que trouble sur fond de guerre. Quand il mourut mon père était à peine adolescent. Ainé de 4 enfants, il va se retrouver à prendre en charge sa famille y compris sa propre mère.

    D’une mère, qui verra sa mère (ma grand-mère), être battue sous ses yeux par son père. Ce père dont le passé est très mystérieux. Marié une première fois, il abandonnera famille, femme, enfants et ne les reverra plus jamais de son vivant sans que ni ma grand-mère ni ma mère ne sachent pourquoi.
    La relation de ma mère sera toujours extrêmement conflictuelle avec son père. Par recoupements et sous toute réserve, il est fort possible que ma mère fut abusée sexuellement par son père. (Mais cela reste des suppositions) Ma grand-mère vécue de façon assez soumise à son mari, la grande différence d’âge entre eux m’a toujours fait me demander si elle n’avait pas chercher un père. Le sien étant mort, elle était encore une enfant.
    Une fois majeure, ma mère partie du milieu familial pour se jeter dans les bras de son premier mari qui pendant des mois la violait pour avoir un enfant qu’il était dans l’incapacité d’avoir. Elle finit par s’enfuir. C’est ainsi qu’elle rencontra mon père.

    Elle fût enceinte une première fois, d’une petite fille mort/née. Elle est toujours restée sur cette souffrance qu’elle n’a jamais cherché à soigner et qu’elle m’a finalement toujours fait payer.

    Je suis née 2 ans après et pour de mauvaises raisons. La principale, le besoin chez ma mère de faire un pied de nez à sa belle-mère qui lui reprochait de ne pas être capable d’avoir un enfant viable.
    Je ne crois pas avoir été désirée, peut-être fantasmée pour combler le vide laissé par la première petite fille. Quelque part, on m’a nié mon existence, j’étais devenu celle qui n’aurait jamais dû mourir et en même temps celle qui n’avais pas le droit de vivre.
    D’ailleurs mon deuxième prénom est celui de cette petite fille mort/née. Du coup, je n’ai jamais correspondu aux attentes de ma mère qui a toujours idéalisé une enfant parfaite. Ce que je n’étais pas. En fait, comment peut-on laisser vivre, s’exprimer une enfant dont l’existence n’a pas le droit d’être ! Je crois que de par ma présence, j’ai toujours rappeler à ma mère que je n’étais celle qu’elle voulait donc il fallait, moi, m’empêcher de vivre pour faire vivre l’autre, celle qui était morte.

    Donc encore nourrisson, mon droit à m’exprimer m’étais déjà ôtée. Mes parents mettaient du Lexomil dans mon biberon pour que je leur fiche la paix. Ma mère ayant des crises de jalousie maladives, un jour ne supporta pas de me voir sourire à mon père. Sa décision fut prise, je devais atterrir à l’Assistance Publique. (A l’époque ça s’appelait comme ça). Après intervention de sa mère (ma grand-mère), il fût décidé que je serais placée à la campagne, très loin, chez quelqu’un qui avait suffisamment besoin d’argent pour prendre à 100% un bébé.
    Apparemment, cette brave dame, n’étais pas habituée aux enfants. Je suis restée chez elle presque 3 ans, avec pour seul compagnie une chaise haute où j’étais attachée dessus toute la journée. Une télé et un fils ado handicapé.
    La sentence de ma mère fût levé le jour où venant me rendre visite (tous les 3ou 4 mois), elle eut soupçons d’attouchements. J’avais des ecchymoses à l’entre jambe. Mes parents m’ont récupérée, je savais à peine marcher. Je parlais un langage incompréhensible, je poussais beaucoup de cris. Bref, j’étais ingérable !

    Le problème, c’est que mes parents avaient leur vie sans moi. Donc je dérangeais ! Pour plus de facilités pour eux, ils décidèrent de me mettre dans des pensionnats maternels religieux. Je m’en souviens de 2. Le premier a été chargé de me décrotter. Mon ingérabilité était un gros problème. Je crois que ça était assez violent, les bonnes sœurs n’étant pas franchement réputées pour être très sympas à cette époque …
    Je me souviens d’un deuxième sur la région parisienne. Pourquoi celui-là et pas les autres ? J’avais 4 / 5 ans, j’étais décrite comme une enfant méchante et asociale. Ça met toujours resté comme si c’était inscrit en toute lettres sur mon front.

    Peu de souvenirs avant mes 8 ans, en dehors de la peur de ma mère et de sa main. Ma mère avait pour habitude de se défouler sur mes joues et ma tête quand j’avais le malheur de ne pas correspondre à ses attentes.
    Je me souviens d’une soupe de poisson que je n’aimais pas et n’arrivais pas à manger. Je l’ai tellement agacée que sa main est partie plusieurs fois. Quand elle s’est arrêtée, peut-être fatiguée de taper, j’ai posé ma tête dans mes bras et je ne me souviens plus de rien. J’ai un trou d’une semaine. Ma mère a toujours nié cet épisode et a prétextait une grippe d’où mon trou de mémoire… Une autre fois, ce sont mes doigts qu’on attachaient parce que j’avais osée lever le petit doigt en mangeant. Une autre fois des épinards que je devais manger à tous les repas parce que je n’aimais pas. Rien que l’odeur, maintenant, j’ai des hauts le cœur…

    Pourquoi est ce que j’ai un peu plus de souvenirs à partir de 8 ans ? Peut-être parce qu’on a déménagé. Ma mère ayant du mal à vivre sans sa mère avait décidé d’aller vivre dans la même ville qu’elle.
    Mes souvenirs de cette période ne sont pas franchement agréables. Régulièrement enfermée dans ma chambre pour mauvaise conduite, il ne se passait pas un jour sans que ma mère qui avait toujours quelque chose à me reprocher se défoule de son mal-être en me giflant jusqu’à ce qu’elle soit épuisée. Il ne s’est pas passé un jour, où je n’ai pas saigné du nez. Ben oui, j’avais le nez sensible. LOL
    J’avais peur d’aller à l’école, je devais aller à pied et, pour moi et ma vision de petite fille, c’était loin. J’ai des problèmes d’orientation…, je n’étais pas accepté des autres enfants qui me l’ont bien fait comprendre à leur façon. J’ai un jour était suivi par un garçon plus vieux que moi qui m’a coincé derrière une butte de terre. Beaucoup de frayeur, ça n’a pas été trop loin. Mais je crois, que c’est de l’abus quand même.
    Un jour, ma mère décida que je devais me rapprocher de mon grd-père alors que je n’avais jamais eu de relation réelle avec lui. C’est comme ça que cela commença. J’ai été abusée par lui. Je ne sais pas si on peut appeler ça un viol ; de l’inceste ? Aucune pénétration avec le sexe, juste les doigts… Et la honte, la culpabilité d’avoir laissé faire, peut-être voulu. Je n’avais jamais connu un seul geste tendre, j’étais en demande affective énorme. J’ai beau savoir qu’un enfant n’est pas coupable de ça et avoir un doute sur le fait que ma mère inconsciemment savait ce qui allait se passer, je n’arrive pas à avancer là-dessus. Je me suis toujours sentie sale et pas salie. J’avais entre 8/9 ans!

    Cela n’a duré que quelques jours et la vie a repris son cours. Entre les crises et gifles de ma mère. Je sortais très peu. Mon lit était mon endroit préféré. Je m’asseyais dessus et pendant des heures je faisais rouler des perles dans mes mains en m’inventant des mondes imaginaires. J’avais très peu de jouets et comme j’avais peur de faire du bruit, j’avais cassé un collier de perles que j’avais dû confectionner quelque part et je jouer avec les perles.
    A la mort de son père, ma mère et ma grand-mère décidèrent de déménager. Elle me refila à un couple d’amis à elle pendant quelques semaines pour ne pas m’avoir dans ses jambes pour le déménagement. Lui était réputé pour courir après les très jeunes femmes. Le soir où je fus déposé chez eux, j’ai su très exactement ce qu’il voulait. Peut-être une façon de regarder… Il ne mit pas longtemps à me le faire comprendre. Un jour, il passa à l’acte dans sa voiture. Viol ? J’ai du mal à mettre ce mot. Pas de pénétration avec le sexe mais les doigts, fellation… J’avais 13 ans. Et toujours cette impression que ma mère savait que ça pouvait arriver.

    Adolescence cahotique… Interne dans un lycée… Une envie de disparaître très forte. Une mère qui faisait pression sur le lycée en les menaçant de porter plainte dès que le lycée essayait de faire quelque chose pour moi. J’avais interdiction de sorti, je devais être la seule mais comme j’étais mineure, ils étaient obligé de l’accepter.
    Un procès très pénible entre mes parents. Vergi, je me souviens d’un article où tu parles du Syndrôme d’Aliénation Parentale. Je me suis vachement reconnue dedans. Tout y est. La haine de ma mère vis à vis de mon père était telle que j’ai servi d’instrument de vengeance. D’ailleurs, je venais juste d’avoir 16 ans (à l’époque, âge à laquelle un enfant pouvait choisir de voir ou non un parent), ma mère m’a dit qu’elle ne pouvait plus m’empêcher de voir mon père mais que si je décidais de le voir même un jour, je ne la reverrait plus jamais. A 16 ans, ce chantage m’a fait l’effet d’une bombe et je l’ai longtemps très mal vécu.

    J’oubliais… Abus d’un médecin aussi. Ma mère qui a toujours eu peur du quand dira-t-on , m’emmena voir son médecin, j’avais 15 ans et demi, pour me faire prescrire la pilule. Elle s’en foutait de qui me passait sur le corps, fallait surtout pas que je sois engrossée ! Bien sûr, ma mère n’eut pas l’autorisation de rester. Une fois allongée, la première chose qu’il m’a sortie c’est « ça te fais du bien, hein »…. Il avait la réputation de coucher avec ses patientes… La suite n’est pas agréable…

    Une fois le lycée fini où plutôt quand ma mère décida ne de plus me payer d’études parce que pour elle, j’étais trop bête, je retourna chez ma grand-mère. Ma mère, son nouveau mari et moi habitions chez elle. Ma mère et lui s’engueulaient souvent, il ne mit pas longtemps avant de me faire comprendre que j’étais à son goût. Un jour, il alla trop loin dans les gestes et je réussi à partir 15 jours après.

    Voilà ! Une partie de mon passé ! Et un bon mal de ventre pour moi!
    Je suis désolée pour la longueur. J’ai essayé de condensé et de pas m’appesantir sur les détails pour ne mettre personne mal à l’aise. Mais je ne suis pas douée avec les résumés.

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    1. J’ose pas écrire tant j’ai peur d’être maladroite.
      Ce récit est … tellement dur !
      Je comprends que tu ais besoin de mettre de la distance et que tu ais du mal à te l’approprier. Je veux dire, comment peut on accepter que son enfance et adolescence aient à ce point été piétiné 😦 par les personnes sensées te bientraiter.
      Ça me révolte ! C’est inacceptable ! C’est injuste !
      Tu leur fais un beau pied de nez à avoir cette force de vie et l’envie daller de l’avant. Tu forces le respect vivi !

      J’ai pas vécu ce que tu as vécu mais j’ai aussi parfois cette sorte d’impression que c’est le passé de qqun d’autre, ou plutôt que je n’arrive plus à me l’approprier. Et de ne plus savoir si je me l’invente ou pas.

      Je suis pas sûre que ce soit le lieu…
      Mais jai voulu plusieurs te demander, tu as plusieurs fois évoqué t’être « réfugié dans l’imaginaire  » . Tu veux dire quoi par là ? Tu t’imaginais être quelqu’un d’autre ou bien comment cela se manifestait ?

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      1. Merci naj

        C’est un peu le premier truc…🙂! C’est vrai, qu’effectivement, je fais régulièrement référence à mes mondes imaginaires. Alors disons que tu inventes une histoire pour tes enfants. Par exemple un conte de fées. Tu donnes un rôles à tous les personnages que tu vas inventer. Là, c’est un peu pareil! Je m’inventais des histoires dont le personnage principal, c’était moi. Donc moi et les personnes, (mes parents mais aussi des personnages imaginaires ou des personnes que je voyaient parfois juste de vue), qui vivaient dans cette histoire évoluaient continuellement. Quand je dis réfugier, c’est que je ne passais pas quelques minutes mais des heures. Dès que je me retrouvais toute seule, ce qui était la majeure partie de temps, je rêvais. En gros, je m’enfuyais dans mes histoires et je m’enfonçais dedans également. C’était une seconde vie. Je finissais par être pareil à l’école ou dans n’importe quel endroit pour fuir la réalité.
        Je pouvais rester dans la même histoire pendant des semaines. Et au grès des lectures, ( J’avais quelques livres), je pouvais changer le scénario. Mais en général, je restais longtemps dans une même histoire.
        Petite, je devais avoir aux alentours de 10 /11 ans, j’ai écrit des petites histoires fantastique. C’était moi, le rôle principal, mais je me donnais d’autres noms. Il y a quelques années, j’ai retrouvé ce cahier et peut-être par honte, je l’ai jeté. Je crois qu’il m’étais difficile de me relire.

        Naj, il me semble que toi aussi tu avance! 🙂

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      2. Je pense que je comprends. C’est une jolie protection en tout cas, comme une sorte de pouvoir magique !
        Je m’imaginais des vies aussi, mais de façon plus ponctuelle, moins présente. Et celles-ci étaient souvent glauque. Ce qui contribue à mon flou ds mes souvenirs .

        Je suis pas bien sure d’avancer non. J’escargoïse : je vais très doucement et en plus je me réfugie dans ma coquille des qu’on s’approche de moi… quitte à repartir en arrière. . donc non je pense pas que avancer soit un terme qui corresponde à ma vie lol ! Mais merci.

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    2. C’est pas évident de « réagir » à ton témoignage mais c’est très émouvant de lire ton parcours de vie. Merci pour ces mots offerts… Je suis contente que tu sois là encore aujourd’hui pour les écrire!

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  2. waouhh…j’espère que d’avoir poser une partie de ton histoire sur ce blog, va pouvoir t’aider à finaliser ta reconstruction. A travers ton récit douloureux je ressens qu’il y a beaucoup d’incompréhension sur le fonctionnement de ta mère et de ses choix, mais je ressens aussi une belle volonté d’aller de l’avant. Bravo pour avoir réussi à déposer ses mots ou tes maux !

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    1. sablabrune, merci pour tes mots.
      Je ne sais pas vraiment si mon récit est douloureux, j’ai un problème avec les ressentis. Parfois, je ressens des choses comme lors de la rédaction de ce témoignage. Mais la plupart du temps, je ne ressens rien. J’ai souhaité déposer ce récit parce que j’ai du mal à m’approprier mon vécu. Très souvent, c’est comme si ce passé appartenait à quelqu’un d’autre. Du coup, j’en suis venue à complètement bloquer et à de plus en plus dire que j’inventais. Je crois qu’il faut absolument que j’arrive à ne plus douter et pour cela il faut que je me restitue mon histoire. Ce qui n’est pas chose facile.
      Oui, je souhaite aller de l’avant. 🙂

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  3. Je ne suis pas une grande bavarde, mais je voulais te remercier de t’être livrée ainsi. Même si je l’imagine encore difficile, je te souhaite un chemin bien plus doux à l’avenir.

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  4. Merci vergi de me laisser témoigner

    Alors raconte……….

    Dernière d’une famille de quatre enfants. Un père alcoolique et violent sur notre mère et sur ses enfants. Une mère belle, calme, douce, très souriante, protectrice et aimante. Derrière ce sourire, ce regard rassurant, elle était triste et malheureuse. Elle ne montrait rien de sa détresse. Et pourtant.
    Ce jour là, j’étais restée à la maison. Pas d’école pour moi. Toute seule avec maman, j’appréciais ces moments privilégiés et complices. Nous faisions la vaisselle. J’ai pas compris, elle a avalé des comprimés et elle s’est écroulée en plein milieu de la cuisine. Je pensais qu’elle dormait. J’étais à côté d’elle, lui tenais la main, lui caressais le visage, lui demandais de se réveiller. Je l’ai supplié de se réveiller. Notre mère s’était suicidée. Elle était morte. Ce fut brutal et radical. Elle avait choisi le samedi de la fête des mères. Jolie date d’anniversaire. J’avais 6 ans.
    Mon père est tombé malade, cancer de la gorge. Fumer nuit gravement à la santé. J’ai été placé à l’orphelinat avec un frère. Nous y sommes restés 7 mois. Mon père est mort lorsque j’étais là-bas. J’avais 8 ans.
    L’orphelinat, un endroit vétuste où les enfants ont faim et froid où règnent la maltraitance et la peur, où l’obéissance et la soumission sont totales sous peine de punitions, de sanctions, de châtiments ou de privations. Pas le droit de parler, de rire, de sourire. Pas le droit de regarder, toujours la tête baissée. Nous n’étions plus personne. Nous n’existions plus. J’étais comme Rémi, sans famille mais en plus sans identité.
    Nous avons quitté l’orphelinat pour aller vivre chez mon oncle. Dès mon arrivée, son regard sur moi était rempli de gourmandise, de convoitise et de désir. Très vite, la première caresse est arrivée. J’étais terrorisée. Mon oncle m’a apprivoisé, tout doucement, avec sa tendresse, sa douceur, sa gentillesse mais aussi par ses menaces. La soumission et l’obéissance l’ont aidé. Inceste et viols sont désormais installés.
    A mes 13 ans, j’ai enfin dit non, stop. Je me suis rebellée. Mon corps réagissait et je ne l’acceptais pas. J’ai repoussé et rejeté mon agresseur et les abus sexuels se sont arrêtés pour laisser place à la violence physique. La honte et la culpabilité étaient tellement grandes que je voulais mourir et je devais mourir. J’étais tellement en colère contre moi. Je me détestais. Moi-même je m’avais humilié et je m’avais sali par mes gestes et d’avoir laissé faire. Je me sentais seule et j’étais seule. Je ressentais un grand vide à l’intérieur de moi. J’étais en grande souffrance et en grande détresse que j’ai demandé à mon agresseur de me tuer. La violence physique se traduisait par de l’étranglement. Alors, je le poussais à bout pour qu’il sert plus fort encore et surtout qu’il aille jusqu’au bout, qu’il ne relâche pas la pression. On peut faire confiance à personne. J’avais 13 / 14 ans.

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    1. Merci franklin pour ton témoignage. Je me sens un peu honteuse de mon témoignage tellement le tien est poignant. Par contre, je suis contente que cela t’es permis de le déposer ici. Tu n’as pas à avoir honte ou culpabiliser. C’est eux qui devraient avoir honte. Tu n’es en rien coupable juste victime d’ordures qui ont profités de toi, de ton âge et du fait que tu étais déjà conditionné.
      Bravo pour ton courage et encore merci !

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  5. Il y a beaucoup de points commun entre ton histoire et celle de Vivi. L’abandon, le placement… pour des raisons différentes, causes différentes et mêmes effets. Les abus, les humiliations et la honte qui envahit tout… Votre cheminement est très proche.

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    1. Effectivement, donc des histoires différentes peuvent amener les mêmes conséquences et les fonctionnements? Merci Vergi de permettre de pouvoir poser nos mots sur notre passé et sur nos maux avec cette nouvel page.
      Franklin, Je n’ai pas osée réagir mais j’ai été scotchée en lisant ton commentaire sous l’article sur l’inceste. Scotchée par les similitudes dans les abus et par la façon de penser sur les ressentis. Par la tranche d’âge également, lol 🙂

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      1. J’ai ajouté un  » e  » à franklin pour faire frankline. Ben, je suis une fille Lol. Et pour éviter la confusion.
        Vivi, je te dirais que oser c’est aller vers l’autre, oser c’est considérer l’autre comme un ami (virtuel ici)
        Alors, stp, ose avec moi.
        Mes interventions sont une ouverture aux autres et une offre à la discussion. Elles sont un moyen d’échange et de partage avec vous. Vos commentaires sont toujours bienveillants, intéressants et enrichissants.
        Merci à vous.

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      2. Frankline, pas de confusion, je l’avais compris ! 😉 Quand on écrit un texte en général, en tant que femme on écrit au féminin…
        Ok, j’en prends bonne note et je vais oser. 😊 Mais l’inverse aussi… 😊

        Mais tu sais, je commente bien moins qu’avant… Peut-être aussi parce qu’il n’est pas toujours évident de ne pas être maladroite. Ensuite, peut-être que tout le monde ne le souhaite pas.
        Je remarque aussi que plus on avance dans une thérapie moins on éprouve le besoin de comprendre. Je reste pourtant une fervente lectrice des articles de Vergi. ☺

        J’admire ton courage et la force dont tu fais preuve pour pouvoir te reconstruire après un vécu aussi difficile.

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  6. Vous avez beaucoup de courage tous les deux , vos témoignages sont terribles. j’espère que vos vie sont un peu plus paisible aujourd’hui, je vous le souhaite en tout cas. Comme toi vivi, je me suis créée tout un univers pour échapper à la réalité et je n’arrive pas à exprimer mes émotions non plus..

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    1. Merci Hateya,

      Aujourd’hui, je donne un nouvel élan à ma vie afin de la rendre plus vivante, plus harmonieuse.
      Et quelle sensation d’être vivante et de sentir la vie qui circule à travers moi.

      Merci à tous et à toutes pour vos messages, ils me touchent infiniment et m’aide à avancer.

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    2. Hateya, je me souviens que c’était un peu comme une addiction de vivre dans mes mondes imaginaires. Oui, échapper à la réalité, c’est tout à fait ça…
      Pour les émotions, plus j’essaye de l’exprimer moins ça veut . L’impression d’avoir une partie de moi anésthésiée…

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  7. j’ai pas le morale aujourd’hui, un gros coup de fatigue qui donne envie d’abandonner. Je suis dans un cul de sac face à un mur gigantesque, j’ai deux solutions soit je fais demi tour en sachant que ce qu’il y a derrière c’est un boulevard plein de voitures vrombissantes et menaçantes, soit j’escalade le mur pour voir ce qu’il y a derrière, seulement le mur est lisse est je n’ai aucune prise pour l’escalader. Je m’assoie dans la ruelle et j’attends, j’attends quoi? bonne question, j’attends peut être que quelqu’un m’apporte une échelle mais personne ne vient.
    Donc, quoi!? je me laisse mourir? Pas encore j’ai pas tout essayé, alors je me lève et j’observe le mur, il n’y a pas de brèche, aucune fissure un mur bien solide et infranchissable, par contre dans un coin du mur il y a des poubelles malodorantes mais pleines. j’ouvre les sacs et dans le dernier, j’y trouve une veille corde, elle semble abimée mais je tente le coup, je l’attache à un vieux tuyau trouvé là et je le lance par dessus le mur pour la fixer au sommet. j’escalade le mur non sans peine et me voilà de l’autre côté.
    Ce qu’il y a derrière le mur, c’est pas important. Ce qui est important c’est qu’on est debout et qu’on a encore franchit ce mur et qu’on s’est éloigné des voitures, peut être que le prochain mur sera moins haut. Alors voilà aujourd’hui j’ai pas le morale, il n’empêche que je suis toujours debout et vous aussi, on est des guerriers, on franchit des murs et on reste debout!
    (voilà voilà c’était la minute on ne se décourage pas)

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    1. hateya, oui tu as raison! Tu rappelles l’essentiel. Le plus important c’est de franchir le mur. Quelque soit la hauteur du mur. Merci pour cette minute d’encouragement .
      Bravo pour l’escalade! ☺

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  8. Alors raconte……..(suite)

    Je suis partie de chez mon oncle à 23 ans. Je travaillais et j’avais un appartement. Enfin, j’étais libre et me sentais libre. Je pouvais commencer à vivre. J’étais pleine d’énergie et d’enthousiasme.

    Très vite, j’ai rencontré Monsieur. Nous avons vécu 18 ans ensemble. Nous n’étions pas mariés, je ne voulais pas. Après 10 ans de vie commune, une petite merveille est née, porteuse d’espérance. A l’arrivée de notre fille, il est devenu jaloux car je m’en occupais de trop et ne lui accordais plus assez de temps, plus comme avant. Il est devenu de plus en plus nerveux et odieux, comme si cette naissance avait fait ressortir tout son côté obscur. A la première gifle, j’ai été stupéfaite. Je ne comprenais pas ou plus. J’étais à nouveau une victime, je me trouvais au cœur de la violence conjugale ( violence verbale, physique, psychologique). Je me retrouvais encore dans une relation d’emprise, de soumission et de pouvoir.

    Lui, il a perdu le contrôle. Il laisse éclater sa colère. Il a pris le pouvoir. Il me domine et utilise la force avec une montée en puissance de l’horreur et de la folie…. Gifles, coups de poings, coups de pieds, strangulations à mains nues ou avec corde, menaces avec tronçonneuse, perceuse, armes blanches, armes à feu chargés, roulettes russes…..

    Moi, je suis à nouveau humiliée, triste. Je suis inquiète et j’ai peur. Je suis déstabilisée, souvent paralysée, perdue, seule, démunie et démolie (encore). Si j’évoquais l’idée de partir, il redoublait de violence. Il me réveillait en pleine nuit et m’étranglait. Il me disait, je te TUE quand je VEUX. J’étais terrorisée par le bruit de ses pas ou par son ombre. Mais si je restais, je mourais.

    Le jour où il leva la main sur ma fille, âgée de 8 ans, qui s’opposait à son père, j’ai ressenti un tel stress émotionnel que j’ai eu la sensation que l’on m’arrachait le cœur de ma poitrine. La douleur était si vive, si déchirante. Je l’aime tellement.
    Le déclic, le sursaut, cet instant de vie où vous choisissez votre liberté et celle de votre enfant, j’ai enfin porté plainte et fait constater mes blessures par un médecin de l’unité médico-judiciaire qui a évalué l’ ITT sur un certificat médical. J’ai obtenu une mesure de protection pour moi et ma fille. Au pénal, il a été reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés et j’ai été reconnue victime de violence conjugale. Cela fait quatre ans que nous n’avons plus aucune nouvelle de lui.

    Il me faut maintenant surmonter cette nouvelle épreuve, la transformer en force et partir à la recherche de la plénitude. Je me fais confiance pour reprendre le pouvoir sur ma vie. Je crois en moi, en la vie et à l’avenir.

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    1. Tu parles de tes traumas encore au présent.
      Souvent la soufftance de l’enfant est le dèclencheur et cette sensation de xoeur arraché, de froid je la retrouve lors de la prise de conscience. C est en fait « l’effroi » qui saisit.

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    2. Merci frankline pour nos avoir livré tes mots. Il m’est difficile d’expliquer ce que je ressens et je ne suis pas sûr que ce soit très approprier à la suite de ton témoignage.
      Tu es très courageuse et je te souhaites de tout coeur de trouver la plénitude. Ta dernière phrase m’impressionne énormément, réussir à transformer ton vécu si poignant en une note positive et pleine d’espoirs. Bravo!

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      1. Merci vivi,
        Je porte en moi les ressources et toute la force de vie nécessaire pour surmonter les difficultés et les épreuves. Elles me permettent de grandir, elles me rendent encore plus forte. Je suis en vie, toujours en vie. Ma fille va bien. C’est fini. Je suis en sécurité. Alors je refuse de me sentir condamner au malheur. Je ne veux pas me complaire dans la tristesse. Je suis de nature optimiste mais réaliste, et anti-fataliste. Je retrouve peu à peu mon enthousiasme, mon dynamisme, mon énergie, mon humour et l’auto-dérision. Je souris à nouveau. Je reprends espoir en l’avenir parce que je crois en la vie et à l’amour.

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  9. Hello…

    Je souhaite un bon courage et pleins de bonnes choses pour la suite aux personnes qui ont témoigné…vos témoignages m’ont bcp touchés, respect à vous..

    J’avais le besoin ce soir d’écrire un peu sur un problème que j’ai toujours eu et qui me poursuis encore aujourd’hui. Pour faire simple, j’ai 25 ans, je semble être dans un état d’anxiété permanent. Je suis toujours stressée, paniquée ou angoissée. J’ai peur pour mes proches (accident, maladie…), pour moi et mon avenir, et aussi pour les personnes que je rencontre, ou que je croise simplement. Et cela depuis toute petite. On peut penser que je suis quelqu’un de calme parfois mais à l’intérieur de moi c’est le vacarme. On me compare souvent à une cocotte minute silencieuse. Quand quelqu’un ne me connait pas et m’adresse la parole, il est souvent surpris par le fait que je sois toujours très tendue (je vous dis pas comment c’est impossible pour moi d’être un minimum féminine avec ça 😉 mais aussi de paraître mature).
    Bref, cet état me fatigue beaucoup et à la fin de chaque journée à l’extérieur (même très courte), une fois rentrée chez moi j’ai l’impression d’avoir fait un marathon et je dois juste dormir. Je ne peux pas non plus être assidue au travail, travailler deux semaines d’affilés pour moi ca relève déjà d’un grand exploit!
    J’ai essayé la sophrologie mais aussi les anxiolytiques qui m’ont aidé puis n’ont pu rien faire à long terme. Et bien sûr une psychothérapie analytique que je suis toujours. Je sais qu’il y a quelque chose qui m’angoisse « spécialement » au fond mais je n’arrive pas encore à trouver quoi exactement. Je suis vraiment détendue qu’une fois dans mon lit quand je suis sur le point de m’endormir mais sinon même quand je prends du plaisir à faire qqch (manger, regarder un film..) je me sens stressée, dans ma tête je pense à dix milles choses. Bref, j’ai aussi éliminé les causes médicales du moins les plus courantes.

    Bref voilà, j’ai compris que les relations humaines m’épuisent et je me sens bien, bien que tendue quand même seule, j’apprécie la solitude…mais parfois cela pèse et quand je me retrouve trop avec moi-même, je réfléchis trop. J’essaye d’approfondir tout cela en thérapie mais c’est difficile…J’ai remarqué qu’irationnellement je me sens comme une « déclencheuse de malheur » chez les autres comme si ma présence allait apporter des maladies ect, que chaque mots, chaque geste devait être étudiés pour empêcher cela. En fait, je ne suis jamais moi-même ni sereine…Dans l’idéal, il me faudrait trois semaines de repos pour une semaine de travail (faut pas trop rêver mais c’est vrai) ou alors faudrait que je vois en permanence les gens qui m’entourent pour être rassurés qu’ils vont bien…d’ailleurs dans les conversation, je déteste le silence et pose beaucoup de questions aux autres pour tenter de savoir ce qu’ils ont en tête…

    Voilà, juste un petit passage sur ma vie actuelle que j’avais vraiment besoin de partager…

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  10. Bonjour
    Je confie ici un bout de mon histoire, pour moi et pour d’autres peut etre qui se reconnaitront.
    aussi loin que je me souvienne, j’ai fait chaque nuit de terribles cauchemars. Toujours le meme,scenario. Je suis spectatrice, je vois une jeune fille, ou une enfant, ou une femme. Je vois ensuite un homme, qui la regarde, qui s’approche. Il me regarde, moi, dans les yeux. Je sais. Il sait que je sais. Et il la tue, d’une façon très violente.

    Je savais qu’il s’etaitpassé quelque chose. Adolescente, j’ai voulu mourir, pour faire cesser un mal être, mais je ne savais pas pourquoi je ne n’allais pas bien. J’ai refusé àl’époque de parler de ce mal être à la psychologue. Pendant un an, je le suis creusée la tete pour trouver quelque chose à lui dire pendant les séances. Je voulais vivre, ne plus penser à tout ce mal être. Surtout ne pas parler, rassurer à tout prix les autres, montrer que j’allais bien.

    Il y a six ans, un horrible « flash » m’a traversé l’esprit. Mon père nu, et moi, petite. j’ai eu le sentiment de m’ecrouler de l’interieur, le sentiment d’être folle, et j’ai eu bien du mal à donner le change pour continuer à travailler, vivre ma vie. Pendant deux ans, des souvenirs me sont revenus, le soir au moment de m’endormir. lorsque cela se produisait, j’avais le sentiment que me souvenir me « soulageait » eg en meme temps cela me paniquait. Et le lendemain, je niais, je doutais sans cesse de moi et mes souvenirs. Ce n’était pas possible. Mon père ne pouvait pas avoir fait « ça ». C’est forcément moi qui inventais, imaginait des choses.

    J’ai vu une psychologue, àqui j’ai confié mes doutes. En moi, je souhaitais qu’elle me dise, vous n’inventez pas, je vous crois. Mais lorsque je la voyais, j’avais le sentiment qu’elle m’écoutais mais doutais de mes propos. Quand je lui parlais demes souvenirs, je n’avais aucune émotion, comme si cela ne me concernais pas. Et mon cerveau semblait se « figer » je racontais, mais je ne me souvenais pas au moment où je le disais, comme si ej racontais un rêve et non un souvenir. Peur de ne me laisser aller à l’émotion, qui me semblait insupportable. Peur qu’elle ne supporte pas d’entendre ce que j’ai à dire. J’avais l’impression que les séances m’empêchaient d’avancer au lieu de débloquer la situation, la psy avait cette même impression que cela n’avançait pas.
    Lorsque j’ai cessé d’y aller, ma mémoire s’est débloquée. Les bisous su soir qui s’éternisaient, qui ont dėrapé en attouchements. Mon père qui se comportait ensuite tout à fait « normalement ». Cet après midi là, oú il m’a regardé fixement, puis m’emmené dans ma chambre. Moi qui comprenait qu’il n’allais pas seulement m’embrasser ou me toucher, qui voulait dire non, ma voix qui se bloquait dans ma gorge, mon cerveau qui a comme « coupé » la lumière.

    Et ma mère, à qui j’ai confié ce qui se passait. Je ne me souviens plus de mes mots, mais je me souviens des siens. « Non, papa n’a pas pu faire ça, tu te trompes, ou alors tu inventes!  »

    Voilà. Je crois que c’est là le vrai noeud de mon hisoire. Ce sont ces mots qui m’ont « tué » symboliquement. Dans ma tête d’enfant, si ma mère ne me croit pas, qui me croira. Si ma mère n’empêche pas ces agressions, personne d’autres ne le fera. Si je dis non à mon père, qui conserve une certaine gentillesse dans ces « agressions » car il fait semblant de croire que je veux bien, que va t’il faire, si je lui dis non, qu’est il capable de faire, me tuer? Dans ma tête, dans mon coeur, je suis seule, je suis comme morte. Alors pour ne pas mourir, j’accepte. J’accepte d’oublier, d’être une menteuse, d’inventer des choses qui ne se produisent pas, de consoler mon père comme il le souhaite.
    Pour ne pas mourir, je ris, je vis, je vais bien. Je trouve des personnes ressources, je prend l’amour là où je le trouve, je recherche sans cesse de l’amour maternel auprès des mamans de substitution qui ont jalonné ma vie. A qui j’ai envie de me confier, mais je ne le fais pas, pour les proteger, mais surtout pour ne pas perdre à nouveau ma « mère ».

    Je ne sais pas comment j’ai pu oublier tout ça. Entre temps, j’ai passé des annees à ne pas supporter physiquement la présence de mon père, à avoir l’impression que je ne ressentais « rien » pour lui, à avoir peur, chaque fois que je me retrouvais seule dans la rue. A ne pas pouvoir voir regarder des secnes d’agressions a la tv. A ne pas pouvoir prononcer le mot viol. A ne pas pouvoir y penser même. A avoir une peur diffuse, lorsqu’un homme de l’age de mon père me regardait. A fermer la salle de bain ã clef, même seule à la maison. A ne pas vouloir d’enfant, surtout pas, de peur que « quelque chose de grave » se produise. A ne pas pouvoir conjuguer amour et sexualité. Mon conjoint est le seul homme que je n’ai pas quitté quand il m’a dit je t’aime. Des années â croire que toutes les femmes ressentais ce que ne ressentais, que c’était « normal » d’avoir ce genre de peur.

    Je me sens beaucoup mieux aujourd’hui, je suis passée par des étapes très douloureuses. J’ai choisi de ne plus voir mon père, qui nie tout en bloc. J’ai exprimé mon ressenti à ma mère. Ce fut long, mais elle a reussi à entendre, enfin, la réalité.
    J’ai encore du chemin à faire, car je n’ai jamais réussi à raconter ce qui s’est vraiment passé, dans les dėtails, mon cerveau se met en mode « amnésie » malgré moi en prėsence d’autres personnes. J’ai encore ce besoin d’aimer et d’être aimée, par une maman qui n’est pas ma mère. C’est une recherche relativement infantile, je le sais bien, mais en même temps, c’est une relation qui m’apaise interieurement. J’ai énormement de reconnaissance envers cettepersonne qui m’a aidė à m’accrocher à la vie, à un moment où j’aurais pu la lâcher définitivement.
    On ne peut peut etre pas « tout » rėgler, et surtout, il faut aussi accepter qu’il faut du temps. Qu’il y a besoin parfois de « pauses », où on profite de la vie toit simplement, faire le plein de joies et de bonheur, c’est grâce à ces moments de légèreté que l’on parvient à affronter le poids des choses difficiles à mon avis.
    De tout mon coeur, j’ai envie de dire à ceux qui ont vécu des ėvènement similaires de cesser de protéger autrui. De se choisir soi. De ne pas douter de soi. De ne jamais abandonner, de croire en la vie, de ne pas oublier de regarder les petits bonheurs du présent.

    Merci Vergi de nous laisser cette espace de parole. Ça fait du bien d’écrire tout ça.

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    1. Merci Sohanne de ton témoignage. Je trouve super que tu ais réussie à te faire entendre de ta mère et à te reconstruire. Merci de cette note positive.
      Ne pas douter de soi… Ô combien difficile! Il n’y a que peu de temps que j’arrive à me dire que j’ai bien vécu mon histoire. Tout comme toi, je suis souvent spectatrice de mon vécu, ce qui ne rends pas facile le fait de se dire « j’ai bien vécu ça… »

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  11. Oui, elle a pu entendre mais ce ne fut pas facile. Elle aussi refoule beaucoup de choses à mon avis, ce qui fait qu’elle ne prend pas réellement une place de mère. Donc ne peut pas souvent entendre en « adulte ». Mais bon, l’important c’est que j’ai pu lui dire mes émotions, ce qu’elle en fait c’est son probleme, pas le mien. Je n’ai pas coupé les monts avec elle car ne pas la voir, j’ai l’impression d’un desequilibre. Mais je suis consciente de ses limites, et des limites dans notre relation
    Le fait de douter de soi est extremement destructeur. Maintenant j’ai un certain recul, et je pense que le fait de refouler, enfin plutot se deconnecter de soi quand la siutation est insupportable, devient ensuite comme une « drogue ». On sait le faire, et on a tendance à le regaire autant de fois que quelque chose d’insupportable se produit et/ou nous revient à l’esprit. vergi, tu as fait un super article sur la dissociation. Dans ton exemple, c’est tres flagrant. Parfois c’est plus nuancé, mais c’est’en effet comme si plusisuer réalités coexistaient , mais sans se toucher (qu’on croit, car par ex les cauchemars, les phobies, sont bien là pour nous « rappeler » notre vécu). Ce qui m’a permis de me croire, c’est de réaliser justement toutes ces stratgégies pour me protéger (éviter à tout prix de revivre ou de penser aux agressions notamment). Le fait d’être spectateur, c’est déjà unpeu accepter de regarder quand meme les choses. Mais il fait du temps pour accepter de « revivre » en mémoire ce qui s’est passé.

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  12. Merci à vous aussi de lelire et de partager aussi vos experiences. on partage finalement beaucoup de ressentis en commun malgré des scenarios differents. Le sentiment de honte, la culpabilité surtout.
    Coupable de se taire, de parler, de ne pas avoir dit non, de ne pas avoir reussi à se proteger, de penser qu’on a peut etre provoquer la situation, coupable d’ętre « faible ». On porte le poids des responsabilités des autres, qui ne parviennent pas à les assumer. soit on parle et on leur renvoie leur repsonsabilités, et on les perd (la plupart du temps), soit on se tait et on porte un fardeau, qui finit par nous ecraser. Il faut etre pret a perdre l’amour de nos proches, a se retrouver seul pour sortir de cette culpabilité, comprendre aussi que ce n’est pas pire, voire en fait plus supportable que de porter une telle culpabilité, et que de toutes façons on est déjà seul depuis longtemps.

    Je retrouve aussi le fait d’avoir des parents qui a un moment donné ne vont pas bien. et quand on est enfant on a tendance aussi a vouloir « reparer » nos parents. et c’est la aussi voué à l’échec, donc on se sent coupable.
    Quant au fait de ne pas avoir pu dire non, l’autre fait parfois « comme si « on etait consentant. je pense que les abuseurs ont rarement besoin de se montrer violent pour abuser un enfant. Mais quand meme, est ce que ça l’empecherait d’abuser si lénfant disait non, je ne pense pas. il utiliserait plus de violence et plus de chantage c’est tout.

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  13. Mon combat au quotidien : mon esprit flirte avec la folie de temps en temps et l’envie de se faire mal pour faire disparaitre cette douleur morale…Pour l’instant je reste du bon côté, en m’appuyant sur ma famille et mon travail…je joue au « je vais bien tout va bien », rien ne transparait dans mon quotidien. Le revers c’est que je vis tout de l’intérieur et ne pas l’exprimer décuple mes sentiments. Si mes proches voyaient ce que j’écris ici, ils ne le croiraient jamais, non jamais. Ce blog est le seul témoin de l’existence de l’autre moi. Je me suis enfermée dans un costume depuis toujours je pense, je peux être un clown, une professionnelle aguerrie, toujours de bonne humeur qui ne se laisser jamais déborder par le négatif et qui prend soin des autres …mais ce costume est devenu trop grand, trop lourd, il est en conflit avec l’autre moi qui lui, n’est que faiblesse, tristesse, peur. La difficulté c’est que la psychothérapie a donné plus de place au moi intérieur et je n’arrive pas à le gérer, à le comprendre, je ne sais pas pourquoi il est si triste et en colère…il me manque des morceaux, une histoire pour pouvoir peut être lui dire : « ok je comprends t’as souffert mais maintenant c’est du passé, et il te reste une bonne partie de ta vie devant toi ».
    Moi je ne peux pas, j’ai effacé ma vie de 0 à 16 ans environ, il me reste 2 – 3 souvenirs, des souvenirs sympas avec mes oncles et tantes cousines et grand-mère. Rien, rien avec mes parents. En fait si, j’ai un souvenir ou mon père me tient par la gorge coulé contre un mur, et un autre ou après une violente dispute je vais chercher pour la 1er fois de mon existence, les bras de ma mère pour avoir du réconfort, et là je l’enlace…et rien…c’est comme s’il n’y avait que du vide entre mes bras…pas de chaleur, pas de douceur…ni chaud…ni froid… du vide…c’est une sensation plus douloureuse pour moi que d’être collé contre un mur et tenu par la gorge par son père…C’est comme si à ce moment-là elle était morte et moi aussi du coup. Bref pas grand-chose pour reconstituer une enfance.
    Avant de devenir maman, j’arrivais à anesthésier ce moi intérieur qui voulait se faire entendre, parfois je l’ai même tué (par diffèrent travers comme l’alcool à outrance, la prise de risque inconsidéré), mais maintenant que j’ai des enfants, je ne peux plus faire ça (même si ça m’arrive encore de boire plus que de raison), alors ce moi intérieur est devenu plus bruyant au fur et à mesure, il n’a aucune envie de me laisser tranquille, en plus il est soutenu par la psychologue, qui me demande de vivre mes émotions. Alors à chaque difficulté de la vie, il prend de la puissance, il hurle encore plus sa douleur, il arrive même à fêler ma carapace extérieure. Mais la fêlure est trop grosse, le déséquilibre s’est inversé, je ne suis plus que dans l’émotionnel de ce moi intérieur.
    Aujourd’hui il ne me reste plus que cette douleur de vivre, douleur sans histoire, sans ennemi, elle me ronge et m’empêche de penser, elle m’épuise, me ralentie et le vide me remplit… je sens mon cœur qui s’amoindrit …je pourrais presque penser quel la mort serait plus douce que ce chaos intérieur…dieu que tout cela fait mal. Je ne suis que dysfonctionnement, je n’arrive pas à sentir l’amour des autres, je crois qu’il y a toujours quelque chose de cacher derrière, je ne sais pas tendre la main pour recevoir ou demander de l’aide, je ne sais pas parler de moi (sauf ici), alors je suis condamnée au silence…j’essaie donc votre solution, écrire, écrire ici est un acte de guerre contre mon silence..
    voilà ma tranche de vie…une tranche de vie d’une personne avec des traits bordeline..
    Merci pour vos messages de soutien

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    1. Merci. En fait ce que tu ressens c’est ce que tu as ressenti alors qui refait surface. Ton psychisme adulte est capable de tenir le choc, fais toi confiance. Plutôt que de lutter accueille la avec bienveillance, remplace par tes bras ces bras froids qui n’ont pas su la réconforter. Pleure avec elle, soit la mère qu’elle n’a pas eu.

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      1. Merci Vergi, mais normalement ce souvenir a été analysé avec la psy et normalement digéré. J’ai passé encore un cap, mon corps me lâche maintenant, ça s’arrêtera donc jamais.

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  14. Merci sablabrune pour ton témoignage. Il me touche particulièrement. Je ne sais pas trop l expliquer mais j’ai l impression qu’ il y a des éléments communs entre nos histoires. Merci encore . Je ne suis pas très douée pour les mots de soutien mais je les pense.

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  15. J’aime infiniment ma fille. Elle est ma merveille. Elle est douceur et tendresse.
    Pourtant son sourire ne réchauffe plus mon cœur. Au contraire, son sourire arrache mon cœur.
    Je me bats chaque jour contre cette tristesse et cette peine au plus profond de moi, que je ressens aussi pour moi. Merci maman et merci à mes 4 agresseurs.
    Je veux mourir depuis si longtemps déjà, pour mettre fin à ma souffrance.
    Je n’ai pas peur de mourir. Je suis prête. Comme, je l’étais déjà lors de mes deux précédentes TS (à l’âge de 17 ans et il y a 4 ans).
    Je me bats et je m’accroche à la vie pour ma fille. Je ne veux pas la laisser seule. Je ne veux pas l’abandonner. Je ne veux que son bonheur.
    Alors, je suis condamnée à vivre. Je suis enfermée dans un dilemme entre la vie ou la mort. Pourtant, mon choix est fait mais je connais les ravages causés par le suicide d’une mère.
    Je suis torturée et si fatiguée.
    Un soir ou une nuit, cette pulsion de me donner la mort sera si forte que je ne pourrais pas la stopper. Je serais enfin libérée, mais je rendrais ma fille, triste à jamais.
    Pourquoi l’amour ne gagne pas.
    Pourquoi l’amour ne gagnera pas.
    Pourquoi notre amour, l’une pour l’autre, ne me suffit pas.

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    1. Quelle age a ta fille frankline ?
      Tu sais il serait temps qu elle sache ce que tu as vécu… ca vs aiderait toute les 2.
      Accroche toi, tu es qq’1 de sympa qui a des choses a transmettre, ça se sent.

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        1. Elle n’est pas dupe tu sais elle sait que quelque chose ne va pas, certaines choses peuvent être dites. Et puis mourir ferait gagner tes agresseurs. Il va falloir leur montrer que malgré ce qu’ils t’ont fait tu vis, qu’ils n’ont pas réussi à avoir ton esprit. Rt si vraiment tu ne vas pas bien, n’hésite pas à revoir ta psy ou aller aux urgences. Ta fille a besoi de toi encore, le monde entier a besoin de toi, de nous. Tu es bien plus essentielle au monde que ces autres qu t’ont fait mal, les « gentils » doivent rester plus nombreux.

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    2. Frankline, accroches-toi! Je comprends que ce soit dure, mais tu le dis, tu connais les ravages que cela peut faire sur un enfant. Ta fille est grande et comme dis Vergi, elle peut comprendre. Si je me souviens bien, elle a vécu elle-même certaines choses donc elle peut comprendre et vous pouvez vous soutenir mutuellement.
      Ne baisse pas les bras, tes agresseurs ne le méritent pas… 😘😘😘😘💖💖

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    3. Oh Frankline que je te comprend! Cette douce sensation de se dire qu’en mourant on arrêterait de souffrir! C’est fini, on ressent plus rien, on s’en fout, on est mort! 
      Aujourd’hui, ta fille ne te suffit pas mais demain quand tu auras avancé dans ton cheminement, elle sera ton rayon de soleil! 
      J’ai eu la chance de partager une journée avec toi, même si j’ai senti une douce fragilité, j’ai aussi pu entendre la fierté que tu mettais dans tes mots pour parler de ta fille; j’ai pu aussi entendre ta combativité.
      Tu n’as pas hésité à partager ton histoire ici et j’ai pu voir ailleurs ton engagement envers les autres aussi! Cette notion de partage avec les autres, il me semble que tu l’as transmise à ta fille!
      Tout ça me semble être de vrai raison de s’accrocher! Malgré ce que tu as subi, tu as réussi à sortir ce qu’il y a de meilleur en toi.

      Je sais combien ces moments sont difficiles! Ça ronge, ça dévore! Ça rend fou! 
      Mais tu es, toi même, une bonne raison pour aller de l’avant!
      Tient bon!

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  16. Accroches toi. L’amour triomphera si tu crois en elle, si tu crois en toi. La vie est une bataille sans fin mais si tu t’y accroches tu pourras percevoir sa douceur. Ta fragilité deviendra ta force. Tu as encore beaucoup à donner, à ta fille mais aussi autour de toi. Ne baisse pas les bras. Et n’hésite pas à parler de ce mal qui te ronge mais qui finira, avec le temps, avec du soutien et de l’amour par rester dans les abîmes.
    Tout outien.

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  17. Merci à vous trois, vivi, juste moi et à toi ma douce moody.
    Merci à toi, Vergi.
    Je suis émue et très touchée par vos messages de soutien, dans le respect de ce que je vis en ce moment et dans le non-jugement.
    Vous m’apportez modestement un peu de lumière et de réconfort.
    Prenez soin de vous.

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  18. Frankline,
    Essaie de t’accrocher, je ne te connais pas mais on peut sentir derrière tes écrits une belle personne. La noirceur de notre esprit peut prendre le dessus de temps en temps, mais ce n’est que passager…prends soin de toi , je t envoie plein de pensées positives.

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  19. Ma fille s’est assise en face de moi et m’a lancé, alors maman tu veux mourir. Je t’écoute , raconte et je ne bougerai pas.
    Waouh. La vache. C’était vachement direct. Et en même temps à la façon ado, je te rentre dedans.
    On a parlé de moi, d’elle et de nous. On a parlé du passé, du présent et de l’avenir.
    J’ai veillé à ce que cette discussion soit ouverte, honnête et sincère pour toutes les deux.
    Il y a eu des regards échangés , des sourires, des étreintes et des larmes.
    Des larmes de soulagement, de fierté, de tristesse et des larmes d’amour.
    Un amour vrai et partagé.
    C’est une pépite, cette petite. C’est mon petit bout d’âme.
    Je confirme, juste moi, c’est mon rayon de soleil.
    Merci à vous.

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    1. J’ai les larmes aux yeux. C’est juste magnifique. Vous avez bcp de chance de vous avoir l’une l’autre.
      Prends soin de toi et d’elle.

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    2. Nos enfants sont magiques et ils nous aident à tenir et à avancer !
      Ces conversations sont vraies !!! On ressent tout l’amour!
      Ils ne veulent pas de mensonges ! Et en fait ils savent bcp sur nous …

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    3. Frankline, super heureuse pour toi et pour ta fille! Je vous souhaites à toutes les deux de trouver un peu de sérénité. Vous allez pouvoir prendre soin de vous, ensemble.
      Je trouve ça magnifique! Vous êtes magnifique toutes les deux! ☺

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  20. Ce message est important pour moi et il se doit rassurant pour vous.
    Je vais bien mieux aujourd’hui et ma fille va bien également.
    Vous m’avez apporté de la chaleur et un grand réconfort, dans un moment d’une grande vulnérabilité et je vous en remercie.
    Prenez bien soin de vous et de vos proches.

    Vergi, mes agresseurs n’ont pas pris mon esprit. J’ajouterais que mes agresseurs n’ont pas pris mon coeur, non plus.
    Bien à toi.

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    1. Ravie de ces nouvelles pour vous 2. Les agresseurs ne prennent jamais le coeur ni l esprit. Ils s immiscent dans l esprit et s approprient les corps. Il faut tout récupérer. C est un chemin semé d embûches mais tu pourras y arriver j en suis sûre.

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    2. Frankline, je découvre ici tes derniers messages et je suis très heureuse de lire celui-ci. Je te souhaite des jours plus doux. Prends soin de toi. Et n’oublie pas que quoi qu’il arrive le soleil fini toujours par se lever.

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  21. Bonjour, Je m’appelle Alex, j’ai 46 ans et je suis déclaré malade depuis 1993, soit 24 ans.
    Un diagnostic a été posé par le centre expert de Créteil au mois de janvier dernier : Schyzophrène-Affectif.
    Actuellement, je ne suis pas en crise mais grave border line et je pense que je ne tarderais pas à décliner vu que je suis ou que j’estime être sans aucun soutien réel et efficace. Je pense à me suicider, remarquez cela n’est point une nouveauté vu que j’y ai pensé la première fois à 8 ans!!! Mais voilà malgré tout, et je ne peux résumer sur ce blog le combat de toute une vie, je veux encore une dernière fois m’en sortir, j’estime que je suis encore assez jeune pour repartir d’un nouveau pied !!! Je vois que le créateur de ce site est psychologue, s’il vous plait on est en été et cela fait une semaine que je cherche sans succès un professionnel qui voudra bien s’occuper de moi, avez-vous une piste à me donner? Merci d’avance!

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    1. Normalement en tant que schizophrène vous devriez mettre en place 2 types de suivis : 1 avec un psychiatre de façon très régulière afin de faire le point sur votre traitement et s’assurer que vous le suivez bien, et 2 avec un psychologue afin d’assurer au mieux votre « insertion » dans la réalité. Vous pouvez être suivi en libéral mais aussi en hospitalier. Si vous avez été diagnostiqué à Montdor, j’imagine qu’on peut sans peine vous proposer des contacts au sein de l’hôpital. Mais le centre expert propose aussi des soins thérapeutiques par diverses médiations (ateliers…). En été il est en effet dificile de commencer un suivi, surtout en août, les médecins psychiatre étant en général en congés. Mais en cas de difficultés je vous suggère de vous tourner vers le service d’urgence psy de Créteil.

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      1. Merci d’avoir répondu si vite! Je voulais vous demander votre avis, le centre m’a expertisé schyzo affectif mais lorsque j’ai lu votre ancien blog qui date d’après mes souvenirs de 2011 vous y parler de schyzotique et je pense que ce la me correspond mieux vu mon passif et ma personnalité! Vers qui dois-je m’adresser si comme vous l’expliquait cette maladie n’est pas bien reconnue en France?

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  22. Juste une petite tranche, pas toute une vie.
    Nous sommes partis en vacances en caravane, première fois pour ma petite famille.
    Bonne ambiance, mes filles adorent, le début de la liberté quand on peut rouler dans les allées du camping en vélo, sans papa ni maman.
    Mes souvenir se réveillent, oui, je suis partie une fois en caravane quand j’étais enfant, avec mes frères et mes parents.
    Je me rappelle mon père torse-nu, 3 grandes tâches jaunes sur le torse. C’est laid. Je lui demande ce que c’est. Sa réponse me glace »ça, demande à ta mère ». Je me rappelle quelques temps avant dans la chambre, ma mère mort mon père, 3 fois. Je ne suis pas seule, certains de mes frères sont là aussi. Ma mère mort parce que mon père ne lui répond pas, je pense encore que c’est mon père le méchant, si elle le mort, il n’a qu’à répondre.

    Je n’irai donc pas demander à ma mère, je me suis rappellée moi-même, je m’en veux à mort d’avoir posé la question, j’aurais pu m’en rappeller avant, c’est de ma faute.

    Pourtant ces vacances ont été parmi les plus belles de mon enfance. Ben oui, une caravane prêtée par la famille, qui connaissait les voisins du camping, mes parents ne se sont pas disputée, promiscuité et image de la famille oblige.

    Je compte les années, j’ai toujours crû que mes parents étaient arrivés à la violence physique sur la fin, les derniers mois. Mais les vacances en caravane, je me souviens, j’avais 11 ans, le plus jeune de la fratrie avait donc environ l’âge de mes enfants. Ils ont divorcé 5 ans plus tard.

    Je vais ranger un truc dans leur chambre.
    Je les vois toutes les deux dormir, côte à côte, sans imaginer un instant que des parents peuvent se mordre, devant leurs enfants, sans les protéger ni même leur expliquer après.
    Je sais que cela n’arrivera pas dans mon couple, je sais qu’en cas de dispute, d’office beaucoup moins violente, je leur dirai un mot pour les rassurer si elles ont été exposées, leur dire qu’elles n’y sont pour rien.

    Je pleure.

    Mon mari se demande pourquoi je pleure, il me demande si c’est de nouveau le livre qui me fait pleurer.

    Ce livre que j’ai acheté un peu à la va-vite pour partir parce qu’il y avait une promo en achetant un deuxième livre…
    Ce roman qui commence par: comment être mère quand on a pas été enfant.

    Depuis quelques temps je sens un grosse boule chaude dans mon coeur, je pense que je suis une mère potable, je crois que mes filles ont manqué d’affection physique leurs premières années, cela m’était étranger. J’avais peur de me faire envahir. Je trouvais qu’elles demandaient trop de calins, que ce n’était pas bien. J’ai beaucoup pleuré quand je m’en suis rendue compte, mais maintenant elles se rattrapent, se régalent. Bien sûr elles ne pourront peut-être pas tout rattraper, mais c’est ainsi. Je leur dirai un jour car elles risquent de ne pas s’en souvenir.

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    1. Joli lapsus. Tu écris « elle mort » au lieu de « elle mord »… On ressent de fait comment tu le perçois et l’impact que cela a sur toi. On ne choisit pas ses livres au hasard. Ne pas se souvenir n’est pas important, ce qui est important c’est que tes filles sachent que tu as changé et pourquoi tu étais ainsi. Elles oublieront peut être mais elles auront une explication et pourront pardonner.

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  23. Salut tout le monde, je me décide enfin à écrire sur cette page…anxiété oblige je ne suis pas trop a l’aise.
    J’ai grandi avec des parents ambivalents d’un côté aimant et protecteur et de l’autre violent et destructeur. J’ai veilli avec une rancoeur et des conditionnements difficiles a gérer sur le plan scolaire, social. Je n’ai aucune estime de moi et je suis d’une naïveté exaspérante. C’est comme ça quand 2012, j’avais 19ans je me suis mise avec un homme de 12ans de plus que moi lui aussi violent. Lors d’une de nos nombreuses ruptures j’ai été agressé sexuellement par un collègue. Je me suis remise avec mon compagnon qui croyant que je l’avait trompé parce que je ne voulais plus avoir de relation, s’est mis a me forcer a le faire, le jour comme la nuit n’importe ou et n’importe comment, je suis devenu un bout de viande.
    Ça fait 2ans que mon cauchemars s’est arrêté mais je me sens toujours » un bout de viande ». J’ai même tenté de mettre fin a mes jours début juillet, j’ai eu le droit a un petit séjour en psy tout l’été, je suis sous traitement mais j’ai toujours des pulsions suicidaire. Je sais plus qui je suis, ni comment vivre…

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  24. Je ne sais pas trop comment te dire les choses ni même si cela sera approprié… Mais j’admire ton courage. Réussir à poser des mots sur ce qu’il s’est passé, sur ce que tu ressens, t’accrocher même si ce n’est pas simple. Je pense qu’en parler est déjà un bon début pour te construire/ reconstruire, je ne sais si tu as un suivi avec un psychologue mais ce serait bien aussi, pour que tu puisses te sentir soutenue, moins seule peut être… En tout cas, tu as les ressources en toi pour surmonter ton épreuve, même parfois cela semble flou et compliqué. Accroches toi et prends soin de toi, c’est important.

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    1. Merci pour ta réponse moody, ça me touche beaucoup. J’ai vu une psychologue pendant 2ans, je lui ai parlé récemment de ce qui m’étais arrivée on en a parlé rapidement une séance puis plus rien, j’ai pas compris, j’ai meme cru qu’elle ne me croyait pas… . La j’ai une nouvelle psy parce que l’autre est partie en congès maternité, ça m’embete de devoir tout raconter de nouveau…. .

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  25. S’installer , couper certains ponts, s’offrir « une deuxième chance » , et puis ? je devrais être heureuse… mais cela ne vient pas .. je me laisse aller .. je jardine (pour me sentir bien, mais cela ne suffit pas ..) il y a comme un vide .. je ne sais pas ce que je cherche ou attend s .. Là jre ne n’ai plus d’excuse , je suis face à moi .. et ???

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  26. Souvenir…
    J’ai 16 ans, je viens d’ailleurs de les fêter à l’hôpital dans une unité de psychologie pour enfants-adolescents. Nous sommes 14 quand il est plein. 6 chambres doubles et 2 chambres « individuelles ». De la vieille tapisserie aux murs, des lits en bois non médicalisés, des barreaux de plexiglace aux fenêtres, on pourrait presque ne pas les voir mais nous (patients) nous ne voyons qu’eux… Ils font toute la différences avec les autres services. En-dessous de nous il y a la pédiatrie et la réa-néonat… Ironique, alors que certains d’entre « nous » ont voulu mettre fin à leur vie de petits nourrissons se battent juste en dessous de nous pour vivre. Peut-être que nous aussi finalement. En tout cas, nos parents, ceux du 3ème étage espèrent la même chose que les parents du 2ème étage, que nous ayons suffisamment envie de vivre pour sortir d’ici. Sortir d’ici… Je ne sais même plus si j’en ai envie. Je crie je hurle que oui, que cette unité je la déteste, que je me sens tellement mal ici. Et finalement, que m’attend-il dehors? Le retour « en famille » cette famille qui m’a tué que je méprise autant que ces psychiatres qui veulent tous émettre des hypothèses sur la raison de mon acte « vous ne faites pas semblant, vous » pourquoi??? Est-ce qu’ils pensent réellement qu’il y en a dans CE service qui font semblant???
    La semaine dernière Lili, elle a demandé à Cél de lui péter le bras. Elle l’idolâtre tellement qu’elle l’a fait. Faut le dire, on a été choqué quand même par l’image de Lili avec son bras en vrac et Cél qui crevait de douleur d’avoir fait ça à sa pote. Lili est partie dans une autre unité… Elle avait 17 ans, ils l’ont mise avec des adultes mais on en a pas su plus. Ca ne nous regardait pas… Alors on a tous eu un peu peur et on s’est tenu à carreaux. On a plus trop volé les couteaux pour se scarifier en cachette. Enfin en cachette… Faut qu’on nous voit quand même, sinon ça n’a pas de sens.
    Bref, donc nous on ne fait pas semblant, non… On crie nos douleurs pour de vrai comme de tout petits enfants inconsolables. Faut le dire, on manque tous un peu cruellement d’affection, de considération même si pour la plupart nos parents ou grand-parent ou oncle ou… nous ont un peu trop aimé parfois. Mais ça, de toute mon hospitalisation, j’arriverai pas à leur dire, je repartirai avec mon secret. C’est la psychiatre, elle me gonfle, j’ai pas confiance, elle me gonfle. Elle me gave de médocs que je cache sous ma langue et que je crache.
    Y’a juste le petit Olivier. Il est trop chou lui, il a 8 ans et de toute évidence il est trisomique, du coup, il nous a pas dit pourquoi il est là, on a essayé de sonder les infirmières mais elles n’ont pas voulu nous répondre : « secret médical ». Bref Olivier, tous les matins il vient me réveiller avec un bisou sur la joue. Manque de bol un matin y’a l’affreuse -l’infirmière que je déteste- qui a vu. Depuis, j’ai eu la morale, « il n’est pas comme toi, faut que tu comprennes que tu dois le repousser » . Je comprends pas. Je ne vois en lui qu’un enfant de 8 ans qui n’a pas ses parents et qui marque juste un peu d’affection. Alors je me sens coupable parce que peut-être que compte tenu de mon secret, je ne sais pas respecter « la bonne distance ».
    C’est pas grave, je vais être comme ils veulent, je veux être quelqu’un de bien. Je ne lui veux pas d’ennui à Olivier. Peut-être qu’il y a une donnée de sa situation qui m’échappe. C’est comme Arthur, 7 ans. Blondinet à tête d’ange. Le plus jeune et le plus inquiétant. il ne sourit jamais; agresse quiconque passe près de lui. Gaëlle, l’infirmière qu’on aime bien, nous a lâché qu’il avait coupé la queue de son chat lentement… Histoire de nous faire comprendre de rester à distance. Elle nous a glissé qu’il était imprévisible. Il est arrivé il n’y a pas longtemps et sa présence dénote avec « nous » ado et pré ado suicidaires, anorexiques, dépressifs.
    Avec les 2 plus petits, y’a que Sarah qui colle pas. Je la regarde avec admiration. Elle est belle, magnifique, s’exprime avec une aisance incroyable! Mais insondable. Elle nous a vivement reproché de lui avoir demandé comment elle s’était retrouvée là. C’est vrai on est curieux, mais une nouvelle qui arrive ça amène de la fraîcheur dans le service. Les infirmiers on n’en peut plus. On a imaginé qu’ils l’avaient fait venir pour nous espionner et les rencarder. On l’a pas cru pour de vrai mais faut bien qu’on s’invente des trucs ici, on s’ennuie tellement!

    Un jour, on était peu dans le service, ça devait être le pont de l’ascension. J’ai refusé la permission de sortie et j’ai dit à mon père que l’hosto voulait pas me laisser sortir. Je préférais rester plutôt que d’aller me faire cogner ou trainer de bar en bar toutes les nuits. Bref, on n’était pas nombreux et on s’ennuyait. On n’écoutait de la musique je crois « lemon tree ». Bon sang que cette chanson collait avec l’ambiance « I’m sitting here in a boring room It’s just another rainy Sunday afternoon I’m wasting my time I got nothing to do » J’sais pas s’il pleuvait, j’sais pas si c’était un dimanche mais on n’était tous réunis dans la même chambre et on s’ennuyait… Tout d’un coup, l’un d’entre « nous » arrache un petit bout de tapisserie sans faire exprès. Ca a fait tilt, comme si on s’était tous compris. A tour de rôle on a fait le guet dans le couloir. Les infirmiers sont en « transmission » enfin en pause café quoi pendant 1h30. On y va de bon cœur, on a arraché en 20 min la totalité de la tapisserie verte immonde de la chambre. On a rit… Mais qu’est ce qu’on a rit. Ma colère partait en lambeau avec chaque morceau… On était transcendé, sur-excité. On a qd même dû crier un peu trop fort ou alors y’avait plus de café car l’autre affreuse est venue voir ce qui générait autant d’énergie…
    Avec sa voix d’hystérique, elle a été chercher les « autres ». On s’est pris une brasse de dingue. On a tous été convoqué, incité à dénoncer l’instigateur. C’était notre souffrance l’instigatrice, mais ils pouvaient pas l’entendre ça, on n’était que des sales petits cons pour eux… J’ai pas ouvert ma bouche, j’ai baissé les yeux, genre j’ai honte, je suis confuse. Mais je ne l’étais pas. J’enrageais de l’intérieur. L’affreuse quand elle a vu le désastre (parce que c’est vrai qu’on a pourri la tapisserie, y’avait plus rien au mur) elle nous a dit « mais on vous a sorti pourtant ce matin ». Ce dont elle parle, c’est la pause clope en bas du bâtiment. Notre sortie « oxygène ». C’est comme ça que j’ai commencé à fumer. Parce que je supportais plus d’être enfermée tout le temps alors j’ai fait genre que je fumais. La première fois j’ai failli tomber à la renverse tellement ça m’a étourdi. Alors oui « on m’a sorti ce matin » vite fait, un peu comme un clébard finalement. Son expression n’est pas si idiote. Ceci dit, ma douleur, ma souffrance, elle ne sort pas elle.

    Voilà… Je salue les smoke-taupe qui ne passeront peut-être jamais par là ha ha ha…
    Mes compagnons d’un enfer un peu différent de ce qu’il se passait sous nos toits mais tout autant désespérant. J’espère qu’ils ont eu un beau chemin, un mieux être. J’ai changé tous les prénoms.
    J’ai écrit avec mon cœur de 16 ans mais avec plus de 20 ans de plus… C’est sûrement un peu biaisé mais tous les faits sont réels. Une hospitalisation peut-être salvatrice. Je pense que ça m’a sauvé, j’ai rencontré de belles personnes aussi, et peut-être que l’affreuse n’était pas affreuse, juste pas dans le bon service. La psychiatrie, les enfants, c’était pas là où elle devait être. La liste des griefs contre elle pourrait être longue. Ce service a été complètement revu aujourd’hui et c’est tant mieux.
    Je remercie ceux qui auront lu jusqu’au bout 🙂
    Lilou

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    1. Lilou
      J’étais avec toi là bas le temps de ma lecture. J’ai été hospitalisée il y a 3 ans maintenant, j’étais adulte et pourtant c’est fou comme tout ça me parle. Les transmissions qui pour nous étaient le moment de liberté comme des ados nous en profitions pour faire le mur et aller chercher le ravitaillement. Cette complicité entre patient et cette méfiance également. L’heure des médicaments donnés ou chacun de nous fesais la queue à l’heure dite. Les sorties clopes sur la mimi terrasse « vous avez 10min » Mon expérience à durée 3 mois mais j’ai des tonnes de souvenirs dans cet endroit si particulier où j’ai laissé autant de larmes que de fou rires.
      Merci pour ton témoignage.

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      1. Merci nanistef de partager ton vécu 🙂 . « l’enfermement » doit engendrer des expériences similaires. J’ai fait 4 séjours. Le plus long a duré 4 mois et demi et c’est comme tu dis, ça laisse des tonnes de souvenirs parfois bien plus que dans 4 mois de vie « à l’extérieur ».

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  27. –> Moody : en effet j’ai lu ce que tu as écris. Huuum tu as oublié un mot… Tu as bien senti que ton écrit était « tendancieux » sinon tu ne m’aurais pas proposé de le censurer si besoin était. Je suis en tout cas ravie de voir que tu te penches enfin sur tes préoccupations mais moins de voir comment tu traverses ce moment. La difficulté n’est pas de faire un choix, mais d’en assumer les conséquences. Tu le dis à un moment il faut cesser de se mentir et c’est là qu’on trouve la voie vers la vie.

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    1. Tu sais que j’avais peur que tu le publies alors je m’étais interdit de venir sur cette page tant qu’il n’y avait pas qqn d’autre qui témoignait de qqch, pour ne pas avoir à me lire. Foutu honte lol.
      C’était juste de la colère +++ à l’intérieur mais je n’ai rien fait et je savais que je n’allais rien faire. C’était un trop plein… Il fallait juste que la colère sorte. Et quand elle est sortie (grâce au partage du petit texte) ça allait mieux😀
      Merci vergi.

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        1. Je pense l’avoir envoyé parce que il fallait que je partage ou que je trouve un moyen pour faire partir cette colère. Et la honte qui s’en ait suivi à été, je pense un bon moyen de la faire partir😉.
          Mais te dire vrai a chaque fois que j’écris qqch ici je me sens honteuse. Il mets
          impossible de relire ce que j’ai écrit et/ou de prendre le temps de bien répondre aux questions. Je pense que j’aime pas qu’on voit ce que je suis ou peut être, que j’ai l’impression dire des choses que je ne devrait pas ou qui sont hors sujet…. Et pour le moment j’ai pas encore trouvé le moyen d’y remédier.

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  28. Lilou je me retrouve dans ce que tu décris, l’enfermement, les sorties express, les barreaux aux fenêtre. J’ai été hospitalisé juillet et aout dernier dans ce lieu qui nous enferme au fond de nous même mais qui nous contient en même temps de la haine, de la peur. Cette violence qui déborde mais surtout qui nous protège des autres

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  29. comment faire pour réapprendre à vivre ?
    Je voudrais tourner la page .. mes enfants me rappelle tjs leur père … cet homme qui préfère les ados .. sans leur consentement!
    Accepter cette trahison ! tourner la page .. impossible mes enfants aiment leur père rester neutre ne pas le salir l’excuser .. certaines personnes savent mais les autres pas et posent des questions .. il est si gentil!….
    etmoi dans l’histoire soit on me plaint ce que je déteste! soit on ne comprend pas …
    un nouveau chez moi … une nouvelle vie .. hélas il a foutu ma vie en l’air aussi et puis mes enfants les siens !! …

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    1. Ce n’est pas de l’amour propre … cette blessure cette souffrance cette peur pour mes enfants cet échec … car moi je l’ai aimé lui je ne sais pas je ne le crois plus !

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      1. Si tu as peur ppur tes enfants pourquoi les laisses tu le voir ? Les pedophiles sont rarement incestueux mais le risque n est pas de zéro (il ne l est jamais d ailleurs même chez un parent non pédophile). Vu comme ça tu donnes l impression de savoit qu il y a du danger, de les laisser y aller quand même. Pourquoi faire ce choix de non protection ?

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    2. L excuser.? Mais pourquoi l excuser ? Tes enfants savent au moins ? Quoi qu il ait fait ou quoi que tu feras dans ta vie tes enfants t aimeront. C est comme ça, pourquoi sous couvert qu il a commis des exactions devraient ils ne plus l aimer ? Tes enfants sont eux et toi tu es toi, chacun fait comme il veut.

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  30. Aujourd’hui, j’ai entendu la voix de mes fils ! Leurs paroles , le son , cette mélodie qui est magique pour une Maman..
    et puis le sourire de ma fille qui me dit « bonsoir » ses yeux brillants de vie !
    Je plane … je me dis que j’ai réussi « quelque chose » de magique!
    j’en suis heureuse et puis les idées noires reviennent … et MOI? Je peux partir à présent ? Non car je ne veux pas leur faire du mal .. mais et MOI? Je ne sais pas comment faire pour vivrepour moi .. je voudrais mais je ne vois pas comment .. j’ai tjs l’impression de survivre!

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    1. Je me suis tjs dit que je n’avais aucune importance ..; ho oui j’ai réussi à aimer et grandir mes enfants .. mais je me suis perdue à travers eux pour eux comme ma maman .. la seule différence que je ne trouve plus de raison de vivre j’ai l’impression de faire semblant de tjs répondre aux attentes .. mais moi qui suis-je que suis je ? je n’ai plus d’objectif .. les instants de bonheur sont trop courts la réalité refait surface trop vite ..

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  31. J’ai besoin d’écrire, quelque part ou je serai lu, mon bien être du moment.
    Il est tard, je peine à aller dormir.
    Depuis quelques jours j’ai l’impression de me retrouver, ça fait du bien d’apprécier les petits bonheurs de la vie, le froid saisissant en sortant dehors, la chaleur du foyer après une dure journée, des sourires émouvants, la liberté d’aller ou bon me semble, des rires partagés, un avenir qui se dessine, proche, mais un avenir quand même, les belles couleurs automnale, un chocolat chaud, un puzzle qui prend forme (1000 pièces quand même ! ), lire un bouquin passionnant, etre bercé par la pluie qui tombe sur le vélux, observé une petite fleur qui résiste à la meteo ..
    Ca fait du bien de se sentir revivre peu à peu, c’est fragile mais je profite, je ne sais pas si on peu parler de bonheur artificiel avec un AD mais j’essaye de chasser cette idée de ma tête, mon bonheur du moment est bien réel.

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  32. Histoire d’une amazone.

    Vous savez ses femmes qui vivent dans la forêt, entre elles, sans aucun homme accepté à l’intérieur du clan.
    Jusqu’à il n’y a pas si longtemps je pensais y appartenir. Certes, je ne vivais pas dans une forêt, mais je pensais ne pas avoir besoin d’homme dans ma vie si ce n’est pour procréer.

    J’ai grandi avec ma mère, mes frères et ma sœur. Et par extention avec mes tantes, et cousins/cousines. Sans hommes autour de nous. Et ça m’allait très bien. Ça ne me semblait pas bizarre puisque c’était notre norme à tous. D’ailleurs on porte tous le même nom de famille car aucun de nos pères ne nous a reconnu.

    Je n’ai jamais senti le besoin de connaître mon père. Pour moi, il était parti quand j’étais née. Il n’avait pas voulu de moi, pourquoi voudrais-je de lui ? Je ne me suis jamais posée de question sur lui, d’ailleurs ma mère m’a dit que la première fois que je l’ai vu vers l’âge de 3ans je lui ai dit qu’il n’était pas mon père. Je ne lui ai jamais parlé, ni écrit, rien. Il m’était indifférent.
    La seconde fois que je le rencontre, je dois avoir environ 13 ans, il était venu déposer un colis pour moi et ma sœur, je crois. Je lui ai ouvert la porte, dis bonjour, pris le colis et c’est tout. Je me suis rendue compte qu’il ne savait même pas écrire mon prénom donc…

    Le temps est passé. Et un jour, je discute avec ma mère, j’ai à peu près 23ans, elle m’explique l’histoire de ma conception. Elle avait été avec mon père quand elle était jeune mais lui avait déjà femme et enfants. Ils ne sont pas restés ensemble très longtemps, je crois, et ils se sont séparés. Mon père a déménagé aux Antilles. Ma mère y est parti en vacances, à revu son premier amour et de retour en métropole. Ba je suis là.
    Mon père lui proposera de venir vivre là bas mais ma mère refusera.
    J’apprends finalement, à 23 ans que ce n’est pas simplement « mon père m’a vu et il n’a pas voulu de moi ». Mais qu’il y a une histoire, des circonstances qui n’ont rien avoir avec moi.
    Cependant le fait de le savoir ne change rien. Je ne ressens rien à son égard, pas d’amour, pas de haine, rien. Pas envie de le voir.

    Pourquoi devrais-je ressentir qqch pour lui ? Pourquoi devrais-je créer un lien avec lui ? Ma mère s’en est très bien sortie toute seule…. A quoi ça sert ?

    Puis le temps passe, et des problèmes surgissent, une peine terrible, une envie de tout envoyer en l’air, comme ça…. Pour rien…

    Je commence ma thérapie, des choses sortent, pas agréables, durs et qui pourtant me semblait, me semble tjrs, sans importance.
    Viens le moment de parler, un peu de mon père et pour la première fois, je ressens qqch. D’ailleurs je dirais à mon psy que je comprends ce que c’est. Je ne lui ai pas dis mais je pense bien que se doit être une sorte d’amour enfoui… Pour mon père ! A peine pensable, d’ailleurs je n’y pense presque pas.

    La thérapie suit son cours, j’interroge ma mère sur son père à elle, que je ne connais pas. Elle me dira qu’elle n’a pas de père, qu’il l’a abandonné quand elle avait 3 ans. Je sens sa colère quand elle me dit ça. Je lui pose des questions sur son beau-père (que je ne connais pas non plus) qui a été incestueux envers elle et mes tantes. Elle me dit quel horrible homme il était, comment il leur faisait peur.

    (Quand j’étais petite ma mère nous racontait de temps en temps des histoires sur son beau-père méchant. :qu’elles n’avaient pas le droit de parler aux garçons, qu’ils les surveillaient, qu’elles ne pouvaient pas sortir… Je me rappelle avoir aimé ses moments de confidences mais je n’ai jamais réalisé leur porté…
    Durant mon adolescence, elle m’écrira qu’il la violait. J’avais mis cette information de côté.)

    Lorsque ma mère me raconte plus longuement l’attitude de son beau-père, je me dis que ma grand-mère devait ne pas savoir, car ma mère et mes tantes sont très proches de ma grand-mère, et cela n’aurait pas de sens à mes yeux. Mais ma mère m’affirmera que si, elle savait mais s’en moquait.

    Je suis allée voir ma grand-mère, je lui ai demandé si elle était au courant, pourquoi elle n’avait rien dit. Ma grand-mère est tombée des nues. Elle me dira à quel point, il était un homme mauvais, à quel point elle cherchait qqch pour le quitter et que si elle avait su, elle aurait pris ses enfants et serait partie. Elle me jure qu’elle ne savait pas. Je ne peux pas ne la croire comme je sais que ma mère ne ment pas. Et ma mère me re confirmera que ma grand mère savait, avec des détails, ne laissant pas de doute.

    Suite à ça, ma grand-mère a parlé avec ses filles, malheureusement, je n’étais pas là, ce jour. Je n’ai que les propos rapportés. Mais mes tantes et ma mère, lui ont dit qu’elle le savait car elles le lui ont dit de vive voix plusieurs fois. Ma grand-mère nie, oublie…. Je ne sais pas.
    En tout cas, ma tante, l’aînée, a décidé qu’il fallait clore la discution que cela appartenait au passé. Pourtant cela a tellement d’impact aujourd’hui encore…. Mais je me dis que c’est leur histoire.

    Chemin faisant, je continue à essayer de connaître mon histoire.

    Ma mère me disant ne pas connaître son père, je pose des questions à ma tante. Elle me parlera de sa grand mère, qui était issue d’un métissage, qu’elle avait de long et beaux cheveux, qu’elle était gentille.
    Quand je parle avec ma tante, ma mère est présente. Et quand elle répond à mes questions, elle demande confirmation à ma mère.

    Quand ma tante s’en va, je demande à ma mère : « Comment peux tu connaître ta grand-mère et pas ton père ? »
    Elle me dira qu’elle l’a vu qqs fois mais qu’elle lui en voulait parce que c’est de sa faute si elle a subi tout ce qu’elle a subi avec son beau-père, si seulement il les avaient pris avec elles, ne serait ce que pour des vacances…. Et que la dernière fois qu’elle l’a vu, elle avait 23 ans.

    Quelques jours plus tard, je décide d’appeler une de mes tantes, qui a le même père que ma mère mais de maman différente. Elle, a vécu avec son père.
    Je lui demande « comment était ton père ?  » elle me dira qu’il était alcoolique, jouait tout l’argent aux jeux, qu’il les battaient…. Elle me parlera longuement et conclura « je me demandais quand est ce que tout cela allait s’arrêter, il semblerait que ce soit avec votre génération » j’espère…..

    Je vais dire à ma mère voilà ce qu’aurait été ta vie si tu étais resté avec ton père. Elle est étonnée. Me demande comment la mère de sa demi-sœur a pu resté avec lui…. Je n’ai pas de réponses c’est comme ça mais maintenant tu sais.

    En cherchant les éléments de réponses, de compréhension, je me suis rendu compte que je n’étais pas une amazone. Ça a été une révélation pour moi, littéralement. Il y a eut des hommes dans notre famille.
    Ça a été une magnifique découverte.
    Et s’il y en avait pas eu de présent, concrètement, c’est certainement par protection.

    Et maintenant, qu’est ce que je fais de mon père? J’aimerais bien que mes filles aient un grand-père. C’est une certitude d’ailleurs elles savent qu’elles en ont un. Ce qui est déjà beaucoup en soi, pour moi.

    Je sais que l’histoire est bien moins simple que « ton papa ne t’aime pas donc il n’a pas voulu de toi » et pourtant je me sens toujours incapable de faire un pas vers lui, parce que la croyance est assez tenace, je crois. Enfin, quand je dis que je n’ai fais aucun pas, c’est faux mais il n’a pas servi à grand chose. Alors est ce que je peux faire un vrai pas vers lui ? je ne sais pas…. Sûrement que oui… mais quand ?

    Voilà une partie de l’ histoire à laquelle ma thérapie m’a permis d’accéder. Et c’est un vrai bonheur que de savoir même si l’histoire n’est pas très belle mais c’est une partie de mon histoire et j’y tiens. Je ne veux pas/plus l’oublier.

    Désolée s’il manque des mots, mes pensées vont plus vite que mes doigts et aussi pour les fautes.

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    1. Merci de te raconter ainsi Moody.
      Je trouve étonnant que tu aies eu l’impression de vivre dans un monde sans masculin puisque tu as des frères. Ce qui me laisse penser qu’il existe une castration psychique… Tu as un père, un papa je ne sais pas. Mais ça l’avenir te le dira…

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      1. Effectivement, pour mes frères je crois que les choses sont bien compliqués… Et là, j’apprécie d’être à ma place. ☺

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