Tranches de vie, vécus et souvenirs

Voila, j’ouvre cette page qui vous permettra de déposer vos témoignages, vos souvenirs -positifs comme négatifs-, du vécu que ce soit le votre ou celui d’un proche, dans le passé ou le présent, un projet aussi, un poême peut être et même qui sait un « coup de gueule »,  tout ce que vous avez envie de raconter et à votre façon.

Il sera toujours possible de commenter surtout pour soutenir si vous en avez envie.

Et pour tout ce qui relève de questionnement pratiques ou précis ou des propositions de sujets à traiter, le truc que vous ne savez pas vraiment où mettre sur ce blog, il existe la page « ce que vous ne diriez pas ailleurs ».

A vos plumes si vous en avez envie.

32 réflexions sur “Tranches de vie, vécus et souvenirs

  1. Merci Vergi de me permettre de témoigner. Merci pour ce nouvel espace de paroles (écrits)

    Peut-être parce que j’ai beaucoup de difficultés à ressentir les émotions liées à mon passé, je crois que je vais le faire sous forme d’histoire. Ce qui du coup met mon vécu certainement à distance.

    En fait, c’est une façon pour moi quelque part, de répertorier l’historique (si on peut appeler ça comme ça) de mon passé ou plutôt de mon enfance.
    Je suis née dans une famille dysfonctionnelle avec pour chacun de mes parents son lot de souffrances. Donc née :

    D’un père qui lui est né d’une mère castratrice et d’un père dont la naissance est plus que trouble sur fond de guerre. Quand il mourut mon père était à peine adolescent. Ainé de 4 enfants, il va se retrouver à prendre en charge sa famille y compris sa propre mère.

    D’une mère, qui verra sa mère (ma grand-mère), être battue sous ses yeux par son père. Ce père dont le passé est très mystérieux. Marié une première fois, il abandonnera famille, femme, enfants et ne les reverra plus jamais de son vivant sans que ni ma grand-mère ni ma mère ne sachent pourquoi.
    La relation de ma mère sera toujours extrêmement conflictuelle avec son père. Par recoupements et sous toute réserve, il est fort possible que ma mère fut abusée sexuellement par son père. (Mais cela reste des suppositions) Ma grand-mère vécue de façon assez soumise à son mari, la grande différence d’âge entre eux m’a toujours fait me demander si elle n’avait pas chercher un père. Le sien étant mort, elle était encore une enfant.
    Une fois majeure, ma mère partie du milieu familial pour se jeter dans les bras de son premier mari qui pendant des mois la violait pour avoir un enfant qu’il était dans l’incapacité d’avoir. Elle finit par s’enfuir. C’est ainsi qu’elle rencontra mon père.

    Elle fût enceinte une première fois, d’une petite fille mort/née. Elle est toujours restée sur cette souffrance qu’elle n’a jamais cherché à soigner et qu’elle m’a finalement toujours fait payer.

    Je suis née 2 ans après et pour de mauvaises raisons. La principale, le besoin chez ma mère de faire un pied de nez à sa belle-mère qui lui reprochait de ne pas être capable d’avoir un enfant viable.
    Je ne crois pas avoir été désirée, peut-être fantasmée pour combler le vide laissé par la première petite fille. Quelque part, on m’a nié mon existence, j’étais devenu celle qui n’aurait jamais dû mourir et en même temps celle qui n’avais pas le droit de vivre.
    D’ailleurs mon deuxième prénom est celui de cette petite fille mort/née. Du coup, je n’ai jamais correspondu aux attentes de ma mère qui a toujours idéalisé une enfant parfaite. Ce que je n’étais pas. En fait, comment peut-on laisser vivre, s’exprimer une enfant dont l’existence n’a pas le droit d’être ! Je crois que de par ma présence, j’ai toujours rappeler à ma mère que je n’étais celle qu’elle voulait donc il fallait, moi, m’empêcher de vivre pour faire vivre l’autre, celle qui était morte.

    Donc encore nourrisson, mon droit à m’exprimer m’étais déjà ôtée. Mes parents mettaient du Lexomil dans mon biberon pour que je leur fiche la paix. Ma mère ayant des crises de jalousie maladives, un jour ne supporta pas de me voir sourire à mon père. Sa décision fut prise, je devais atterrir à l’Assistance Publique. (A l’époque ça s’appelait comme ça). Après intervention de sa mère (ma grand-mère), il fût décidé que je serais placée à la campagne, très loin, chez quelqu’un qui avait suffisamment besoin d’argent pour prendre à 100% un bébé.
    Apparemment, cette brave dame, n’étais pas habituée aux enfants. Je suis restée chez elle presque 3 ans, avec pour seul compagnie une chaise haute où j’étais attachée dessus toute la journée. Une télé et un fils ado handicapé.
    La sentence de ma mère fût levé le jour où venant me rendre visite (tous les 3ou 4 mois), elle eut soupçons d’attouchements. J’avais des ecchymoses à l’entre jambe. Mes parents m’ont récupérée, je savais à peine marcher. Je parlais un langage incompréhensible, je poussais beaucoup de cris. Bref, j’étais ingérable !

    Le problème, c’est que mes parents avaient leur vie sans moi. Donc je dérangeais ! Pour plus de facilités pour eux, ils décidèrent de me mettre dans des pensionnats maternels religieux. Je m’en souviens de 2. Le premier a été chargé de me décrotter. Mon ingérabilité était un gros problème. Je crois que ça était assez violent, les bonnes sœurs n’étant pas franchement réputées pour être très sympas à cette époque …
    Je me souviens d’un deuxième sur la région parisienne. Pourquoi celui-là et pas les autres ? J’avais 4 / 5 ans, j’étais décrite comme une enfant méchante et asociale. Ça met toujours resté comme si c’était inscrit en toute lettres sur mon front.

    Peu de souvenirs avant mes 8 ans, en dehors de la peur de ma mère et de sa main. Ma mère avait pour habitude de se défouler sur mes joues et ma tête quand j’avais le malheur de ne pas correspondre à ses attentes.
    Je me souviens d’une soupe de poisson que je n’aimais pas et n’arrivais pas à manger. Je l’ai tellement agacée que sa main est partie plusieurs fois. Quand elle s’est arrêtée, peut-être fatiguée de taper, j’ai posé ma tête dans mes bras et je ne me souviens plus de rien. J’ai un trou d’une semaine. Ma mère a toujours nié cet épisode et a prétextait une grippe d’où mon trou de mémoire… Une autre fois, ce sont mes doigts qu’on attachaient parce que j’avais osée lever le petit doigt en mangeant. Une autre fois des épinards que je devais manger à tous les repas parce que je n’aimais pas. Rien que l’odeur, maintenant, j’ai des hauts le cœur…

    Pourquoi est ce que j’ai un peu plus de souvenirs à partir de 8 ans ? Peut-être parce qu’on a déménagé. Ma mère ayant du mal à vivre sans sa mère avait décidé d’aller vivre dans la même ville qu’elle.
    Mes souvenirs de cette période ne sont pas franchement agréables. Régulièrement enfermée dans ma chambre pour mauvaise conduite, il ne se passait pas un jour sans que ma mère qui avait toujours quelque chose à me reprocher se défoule de son mal-être en me giflant jusqu’à ce qu’elle soit épuisée. Il ne s’est pas passé un jour, où je n’ai pas saigné du nez. Ben oui, j’avais le nez sensible. LOL
    J’avais peur d’aller à l’école, je devais aller à pied et, pour moi et ma vision de petite fille, c’était loin. J’ai des problèmes d’orientation…, je n’étais pas accepté des autres enfants qui me l’ont bien fait comprendre à leur façon. J’ai un jour était suivi par un garçon plus vieux que moi qui m’a coincé derrière une butte de terre. Beaucoup de frayeur, ça n’a pas été trop loin. Mais je crois, que c’est de l’abus quand même.
    Un jour, ma mère décida que je devais me rapprocher de mon grd-père alors que je n’avais jamais eu de relation réelle avec lui. C’est comme ça que cela commença. J’ai été abusée par lui. Je ne sais pas si on peut appeler ça un viol ; de l’inceste ? Aucune pénétration avec le sexe, juste les doigts… Et la honte, la culpabilité d’avoir laissé faire, peut-être voulu. Je n’avais jamais connu un seul geste tendre, j’étais en demande affective énorme. J’ai beau savoir qu’un enfant n’est pas coupable de ça et avoir un doute sur le fait que ma mère inconsciemment savait ce qui allait se passer, je n’arrive pas à avancer là-dessus. Je me suis toujours sentie sale et pas salie. J’avais entre 8/9 ans!

    Cela n’a duré que quelques jours et la vie a repris son cours. Entre les crises et gifles de ma mère. Je sortais très peu. Mon lit était mon endroit préféré. Je m’asseyais dessus et pendant des heures je faisais rouler des perles dans mes mains en m’inventant des mondes imaginaires. J’avais très peu de jouets et comme j’avais peur de faire du bruit, j’avais cassé un collier de perles que j’avais dû confectionner quelque part et je jouer avec les perles.
    A la mort de son père, ma mère et ma grand-mère décidèrent de déménager. Elle me refila à un couple d’amis à elle pendant quelques semaines pour ne pas m’avoir dans ses jambes pour le déménagement. Lui était réputé pour courir après les très jeunes femmes. Le soir où je fus déposé chez eux, j’ai su très exactement ce qu’il voulait. Peut-être une façon de regarder… Il ne mit pas longtemps à me le faire comprendre. Un jour, il passa à l’acte dans sa voiture. Viol ? J’ai du mal à mettre ce mot. Pas de pénétration avec le sexe mais les doigts, fellation… J’avais 13 ans. Et toujours cette impression que ma mère savait que ça pouvait arriver.

    Adolescence cahotique… Interne dans un lycée… Une envie de disparaître très forte. Une mère qui faisait pression sur le lycée en les menaçant de porter plainte dès que le lycée essayait de faire quelque chose pour moi. J’avais interdiction de sorti, je devais être la seule mais comme j’étais mineure, ils étaient obligé de l’accepter.
    Un procès très pénible entre mes parents. Vergi, je me souviens d’un article où tu parles du Syndrôme d’Aliénation Parentale. Je me suis vachement reconnue dedans. Tout y est. La haine de ma mère vis à vis de mon père était telle que j’ai servi d’instrument de vengeance. D’ailleurs, je venais juste d’avoir 16 ans (à l’époque, âge à laquelle un enfant pouvait choisir de voir ou non un parent), ma mère m’a dit qu’elle ne pouvait plus m’empêcher de voir mon père mais que si je décidais de le voir même un jour, je ne la reverrait plus jamais. A 16 ans, ce chantage m’a fait l’effet d’une bombe et je l’ai longtemps très mal vécu.

    J’oubliais… Abus d’un médecin aussi. Ma mère qui a toujours eu peur du quand dira-t-on , m’emmena voir son médecin, j’avais 15 ans et demi, pour me faire prescrire la pilule. Elle s’en foutait de qui me passait sur le corps, fallait surtout pas que je sois engrossée ! Bien sûr, ma mère n’eut pas l’autorisation de rester. Une fois allongée, la première chose qu’il m’a sortie c’est « ça te fais du bien, hein »…. Il avait la réputation de coucher avec ses patientes… La suite n’est pas agréable…

    Une fois le lycée fini où plutôt quand ma mère décida ne de plus me payer d’études parce que pour elle, j’étais trop bête, je retourna chez ma grand-mère. Ma mère, son nouveau mari et moi habitions chez elle. Ma mère et lui s’engueulaient souvent, il ne mit pas longtemps avant de me faire comprendre que j’étais à son goût. Un jour, il alla trop loin dans les gestes et je réussi à partir 15 jours après.

    Voilà ! Une partie de mon passé ! Et un bon mal de ventre pour moi!
    Je suis désolée pour la longueur. J’ai essayé de condensé et de pas m’appesantir sur les détails pour ne mettre personne mal à l’aise. Mais je ne suis pas douée avec les résumés.

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    1. J’ose pas écrire tant j’ai peur d’être maladroite.
      Ce récit est … tellement dur !
      Je comprends que tu ais besoin de mettre de la distance et que tu ais du mal à te l’approprier. Je veux dire, comment peut on accepter que son enfance et adolescence aient à ce point été piétiné 😦 par les personnes sensées te bientraiter.
      Ça me révolte ! C’est inacceptable ! C’est injuste !
      Tu leur fais un beau pied de nez à avoir cette force de vie et l’envie daller de l’avant. Tu forces le respect vivi !

      J’ai pas vécu ce que tu as vécu mais j’ai aussi parfois cette sorte d’impression que c’est le passé de qqun d’autre, ou plutôt que je n’arrive plus à me l’approprier. Et de ne plus savoir si je me l’invente ou pas.

      Je suis pas sûre que ce soit le lieu…
      Mais jai voulu plusieurs te demander, tu as plusieurs fois évoqué t’être « réfugié dans l’imaginaire  » . Tu veux dire quoi par là ? Tu t’imaginais être quelqu’un d’autre ou bien comment cela se manifestait ?

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      1. Merci naj

        C’est un peu le premier truc…🙂! C’est vrai, qu’effectivement, je fais régulièrement référence à mes mondes imaginaires. Alors disons que tu inventes une histoire pour tes enfants. Par exemple un conte de fées. Tu donnes un rôles à tous les personnages que tu vas inventer. Là, c’est un peu pareil! Je m’inventais des histoires dont le personnage principal, c’était moi. Donc moi et les personnes, (mes parents mais aussi des personnages imaginaires ou des personnes que je voyaient parfois juste de vue), qui vivaient dans cette histoire évoluaient continuellement. Quand je dis réfugier, c’est que je ne passais pas quelques minutes mais des heures. Dès que je me retrouvais toute seule, ce qui était la majeure partie de temps, je rêvais. En gros, je m’enfuyais dans mes histoires et je m’enfonçais dedans également. C’était une seconde vie. Je finissais par être pareil à l’école ou dans n’importe quel endroit pour fuir la réalité.
        Je pouvais rester dans la même histoire pendant des semaines. Et au grès des lectures, ( J’avais quelques livres), je pouvais changer le scénario. Mais en général, je restais longtemps dans une même histoire.
        Petite, je devais avoir aux alentours de 10 /11 ans, j’ai écrit des petites histoires fantastique. C’était moi, le rôle principal, mais je me donnais d’autres noms. Il y a quelques années, j’ai retrouvé ce cahier et peut-être par honte, je l’ai jeté. Je crois qu’il m’étais difficile de me relire.

        Naj, il me semble que toi aussi tu avance! 🙂

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      2. Je pense que je comprends. C’est une jolie protection en tout cas, comme une sorte de pouvoir magique !
        Je m’imaginais des vies aussi, mais de façon plus ponctuelle, moins présente. Et celles-ci étaient souvent glauque. Ce qui contribue à mon flou ds mes souvenirs .

        Je suis pas bien sure d’avancer non. J’escargoïse : je vais très doucement et en plus je me réfugie dans ma coquille des qu’on s’approche de moi… quitte à repartir en arrière. . donc non je pense pas que avancer soit un terme qui corresponde à ma vie lol ! Mais merci.

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    2. C’est pas évident de « réagir » à ton témoignage mais c’est très émouvant de lire ton parcours de vie. Merci pour ces mots offerts… Je suis contente que tu sois là encore aujourd’hui pour les écrire!

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  2. waouhh…j’espère que d’avoir poser une partie de ton histoire sur ce blog, va pouvoir t’aider à finaliser ta reconstruction. A travers ton récit douloureux je ressens qu’il y a beaucoup d’incompréhension sur le fonctionnement de ta mère et de ses choix, mais je ressens aussi une belle volonté d’aller de l’avant. Bravo pour avoir réussi à déposer ses mots ou tes maux !

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    1. sablabrune, merci pour tes mots.
      Je ne sais pas vraiment si mon récit est douloureux, j’ai un problème avec les ressentis. Parfois, je ressens des choses comme lors de la rédaction de ce témoignage. Mais la plupart du temps, je ne ressens rien. J’ai souhaité déposer ce récit parce que j’ai du mal à m’approprier mon vécu. Très souvent, c’est comme si ce passé appartenait à quelqu’un d’autre. Du coup, j’en suis venue à complètement bloquer et à de plus en plus dire que j’inventais. Je crois qu’il faut absolument que j’arrive à ne plus douter et pour cela il faut que je me restitue mon histoire. Ce qui n’est pas chose facile.
      Oui, je souhaite aller de l’avant. 🙂

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  3. Je ne suis pas une grande bavarde, mais je voulais te remercier de t’être livrée ainsi. Même si je l’imagine encore difficile, je te souhaite un chemin bien plus doux à l’avenir.

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  4. Merci vergi de me laisser témoigner

    Alors raconte……….

    Dernière d’une famille de quatre enfants. Un père alcoolique et violent sur notre mère et sur ses enfants. Une mère belle, calme, douce, très souriante, protectrice et aimante. Derrière ce sourire, ce regard rassurant, elle était triste et malheureuse. Elle ne montrait rien de sa détresse. Et pourtant.
    Ce jour là, j’étais restée à la maison. Pas d’école pour moi. Toute seule avec maman, j’appréciais ces moments privilégiés et complices. Nous faisions la vaisselle. J’ai pas compris, elle a avalé des comprimés et elle s’est écroulée en plein milieu de la cuisine. Je pensais qu’elle dormait. J’étais à côté d’elle, lui tenais la main, lui caressais le visage, lui demandais de se réveiller. Je l’ai supplié de se réveiller. Notre mère s’était suicidée. Elle était morte. Ce fut brutal et radical. Elle avait choisi le samedi de la fête des mères. Jolie date d’anniversaire. J’avais 6 ans.
    Mon père est tombé malade, cancer de la gorge. Fumer nuit gravement à la santé. J’ai été placé à l’orphelinat avec un frère. Nous y sommes restés 7 mois. Mon père est mort lorsque j’étais là-bas. J’avais 8 ans.
    L’orphelinat, un endroit vétuste où les enfants ont faim et froid où règnent la maltraitance et la peur, où l’obéissance et la soumission sont totales sous peine de punitions, de sanctions, de châtiments ou de privations. Pas le droit de parler, de rire, de sourire. Pas le droit de regarder, toujours la tête baissée. Nous n’étions plus personne. Nous n’existions plus. J’étais comme Rémi, sans famille mais en plus sans identité.
    Nous avons quitté l’orphelinat pour aller vivre chez mon oncle. Dès mon arrivée, son regard sur moi était rempli de gourmandise, de convoitise et de désir. Très vite, la première caresse est arrivée. J’étais terrorisée. Mon oncle m’a apprivoisé, tout doucement, avec sa tendresse, sa douceur, sa gentillesse mais aussi par ses menaces. La soumission et l’obéissance l’ont aidé. Inceste et viols sont désormais installés.
    A mes 13 ans, j’ai enfin dit non, stop. Je me suis rebellée. Mon corps réagissait et je ne l’acceptais pas. J’ai repoussé et rejeté mon agresseur et les abus sexuels se sont arrêtés pour laisser place à la violence physique. La honte et la culpabilité étaient tellement grandes que je voulais mourir et je devais mourir. J’étais tellement en colère contre moi. Je me détestais. Moi-même je m’avais humilié et je m’avais sali par mes gestes et d’avoir laissé faire. Je me sentais seule et j’étais seule. Je ressentais un grand vide à l’intérieur de moi. J’étais en grande souffrance et en grande détresse que j’ai demandé à mon agresseur de me tuer. La violence physique se traduisait par de l’étranglement. Alors, je le poussais à bout pour qu’il sert plus fort encore et surtout qu’il aille jusqu’au bout, qu’il ne relâche pas la pression. On peut faire confiance à personne. J’avais 13 / 14 ans.

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    1. Merci franklin pour ton témoignage. Je me sens un peu honteuse de mon témoignage tellement le tien est poignant. Par contre, je suis contente que cela t’es permis de le déposer ici. Tu n’as pas à avoir honte ou culpabiliser. C’est eux qui devraient avoir honte. Tu n’es en rien coupable juste victime d’ordures qui ont profités de toi, de ton âge et du fait que tu étais déjà conditionné.
      Bravo pour ton courage et encore merci !

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  5. Il y a beaucoup de points commun entre ton histoire et celle de Vivi. L’abandon, le placement… pour des raisons différentes, causes différentes et mêmes effets. Les abus, les humiliations et la honte qui envahit tout… Votre cheminement est très proche.

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    1. Effectivement, donc des histoires différentes peuvent amener les mêmes conséquences et les fonctionnements? Merci Vergi de permettre de pouvoir poser nos mots sur notre passé et sur nos maux avec cette nouvel page.
      Franklin, Je n’ai pas osée réagir mais j’ai été scotchée en lisant ton commentaire sous l’article sur l’inceste. Scotchée par les similitudes dans les abus et par la façon de penser sur les ressentis. Par la tranche d’âge également, lol 🙂

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      1. J’ai ajouté un  » e  » à franklin pour faire frankline. Ben, je suis une fille Lol. Et pour éviter la confusion.
        Vivi, je te dirais que oser c’est aller vers l’autre, oser c’est considérer l’autre comme un ami (virtuel ici)
        Alors, stp, ose avec moi.
        Mes interventions sont une ouverture aux autres et une offre à la discussion. Elles sont un moyen d’échange et de partage avec vous. Vos commentaires sont toujours bienveillants, intéressants et enrichissants.
        Merci à vous.

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      2. Frankline, pas de confusion, je l’avais compris ! 😉 Quand on écrit un texte en général, en tant que femme on écrit au féminin…
        Ok, j’en prends bonne note et je vais oser. 😊 Mais l’inverse aussi… 😊

        Mais tu sais, je commente bien moins qu’avant… Peut-être aussi parce qu’il n’est pas toujours évident de ne pas être maladroite. Ensuite, peut-être que tout le monde ne le souhaite pas.
        Je remarque aussi que plus on avance dans une thérapie moins on éprouve le besoin de comprendre. Je reste pourtant une fervente lectrice des articles de Vergi. ☺

        J’admire ton courage et la force dont tu fais preuve pour pouvoir te reconstruire après un vécu aussi difficile.

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  6. Vous avez beaucoup de courage tous les deux , vos témoignages sont terribles. j’espère que vos vie sont un peu plus paisible aujourd’hui, je vous le souhaite en tout cas. Comme toi vivi, je me suis créée tout un univers pour échapper à la réalité et je n’arrive pas à exprimer mes émotions non plus..

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    1. Merci Hateya,

      Aujourd’hui, je donne un nouvel élan à ma vie afin de la rendre plus vivante, plus harmonieuse.
      Et quelle sensation d’être vivante et de sentir la vie qui circule à travers moi.

      Merci à tous et à toutes pour vos messages, ils me touchent infiniment et m’aide à avancer.

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    2. Hateya, je me souviens que c’était un peu comme une addiction de vivre dans mes mondes imaginaires. Oui, échapper à la réalité, c’est tout à fait ça…
      Pour les émotions, plus j’essaye de l’exprimer moins ça veut . L’impression d’avoir une partie de moi anésthésiée…

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  7. j’ai pas le morale aujourd’hui, un gros coup de fatigue qui donne envie d’abandonner. Je suis dans un cul de sac face à un mur gigantesque, j’ai deux solutions soit je fais demi tour en sachant que ce qu’il y a derrière c’est un boulevard plein de voitures vrombissantes et menaçantes, soit j’escalade le mur pour voir ce qu’il y a derrière, seulement le mur est lisse est je n’ai aucune prise pour l’escalader. Je m’assoie dans la ruelle et j’attends, j’attends quoi? bonne question, j’attends peut être que quelqu’un m’apporte une échelle mais personne ne vient.
    Donc, quoi!? je me laisse mourir? Pas encore j’ai pas tout essayé, alors je me lève et j’observe le mur, il n’y a pas de brèche, aucune fissure un mur bien solide et infranchissable, par contre dans un coin du mur il y a des poubelles malodorantes mais pleines. j’ouvre les sacs et dans le dernier, j’y trouve une veille corde, elle semble abimée mais je tente le coup, je l’attache à un vieux tuyau trouvé là et je le lance par dessus le mur pour la fixer au sommet. j’escalade le mur non sans peine et me voilà de l’autre côté.
    Ce qu’il y a derrière le mur, c’est pas important. Ce qui est important c’est qu’on est debout et qu’on a encore franchit ce mur et qu’on s’est éloigné des voitures, peut être que le prochain mur sera moins haut. Alors voilà aujourd’hui j’ai pas le morale, il n’empêche que je suis toujours debout et vous aussi, on est des guerriers, on franchit des murs et on reste debout!
    (voilà voilà c’était la minute on ne se décourage pas)

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    1. hateya, oui tu as raison! Tu rappelles l’essentiel. Le plus important c’est de franchir le mur. Quelque soit la hauteur du mur. Merci pour cette minute d’encouragement .
      Bravo pour l’escalade! ☺

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  8. Alors raconte……..(suite)

    Je suis partie de chez mon oncle à 23 ans. Je travaillais et j’avais un appartement. Enfin, j’étais libre et me sentais libre. Je pouvais commencer à vivre. J’étais pleine d’énergie et d’enthousiasme.

    Très vite, j’ai rencontré Monsieur. Nous avons vécu 18 ans ensemble. Nous n’étions pas mariés, je ne voulais pas. Après 10 ans de vie commune, une petite merveille est née, porteuse d’espérance. A l’arrivée de notre fille, il est devenu jaloux car je m’en occupais de trop et ne lui accordais plus assez de temps, plus comme avant. Il est devenu de plus en plus nerveux et odieux, comme si cette naissance avait fait ressortir tout son côté obscur. A la première gifle, j’ai été stupéfaite. Je ne comprenais pas ou plus. J’étais à nouveau une victime, je me trouvais au cœur de la violence conjugale ( violence verbale, physique, psychologique). Je me retrouvais encore dans une relation d’emprise, de soumission et de pouvoir.

    Lui, il a perdu le contrôle. Il laisse éclater sa colère. Il a pris le pouvoir. Il me domine et utilise la force avec une montée en puissance de l’horreur et de la folie…. Gifles, coups de poings, coups de pieds, strangulations à mains nues ou avec corde, menaces avec tronçonneuse, perceuse, armes blanches, armes à feu chargés, roulettes russes…..

    Moi, je suis à nouveau humiliée, triste. Je suis inquiète et j’ai peur. Je suis déstabilisée, souvent paralysée, perdue, seule, démunie et démolie (encore). Si j’évoquais l’idée de partir, il redoublait de violence. Il me réveillait en pleine nuit et m’étranglait. Il me disait, je te TUE quand je VEUX. J’étais terrorisée par le bruit de ses pas ou par son ombre. Mais si je restais, je mourais.

    Le jour où il leva la main sur ma fille, âgée de 8 ans, qui s’opposait à son père, j’ai ressenti un tel stress émotionnel que j’ai eu la sensation que l’on m’arrachait le cœur de ma poitrine. La douleur était si vive, si déchirante. Je l’aime tellement.
    Le déclic, le sursaut, cet instant de vie où vous choisissez votre liberté et celle de votre enfant, j’ai enfin porté plainte et fait constater mes blessures par un médecin de l’unité médico-judiciaire qui a évalué l’ ITT sur un certificat médical. J’ai obtenu une mesure de protection pour moi et ma fille. Au pénal, il a été reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés et j’ai été reconnue victime de violence conjugale. Cela fait quatre ans que nous n’avons plus aucune nouvelle de lui.

    Il me faut maintenant surmonter cette nouvelle épreuve, la transformer en force et partir à la recherche de la plénitude. Je me fais confiance pour reprendre le pouvoir sur ma vie. Je crois en moi, en la vie et à l’avenir.

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    1. Tu parles de tes traumas encore au présent.
      Souvent la soufftance de l’enfant est le dèclencheur et cette sensation de xoeur arraché, de froid je la retrouve lors de la prise de conscience. C est en fait « l’effroi » qui saisit.

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    2. Merci frankline pour nos avoir livré tes mots. Il m’est difficile d’expliquer ce que je ressens et je ne suis pas sûr que ce soit très approprier à la suite de ton témoignage.
      Tu es très courageuse et je te souhaites de tout coeur de trouver la plénitude. Ta dernière phrase m’impressionne énormément, réussir à transformer ton vécu si poignant en une note positive et pleine d’espoirs. Bravo!

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      1. Merci vivi,
        Je porte en moi les ressources et toute la force de vie nécessaire pour surmonter les difficultés et les épreuves. Elles me permettent de grandir, elles me rendent encore plus forte. Je suis en vie, toujours en vie. Ma fille va bien. C’est fini. Je suis en sécurité. Alors je refuse de me sentir condamner au malheur. Je ne veux pas me complaire dans la tristesse. Je suis de nature optimiste mais réaliste, et anti-fataliste. Je retrouve peu à peu mon enthousiasme, mon dynamisme, mon énergie, mon humour et l’auto-dérision. Je souris à nouveau. Je reprends espoir en l’avenir parce que je crois en la vie et à l’amour.

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  9. Hello…

    Je souhaite un bon courage et pleins de bonnes choses pour la suite aux personnes qui ont témoigné…vos témoignages m’ont bcp touchés, respect à vous..

    J’avais le besoin ce soir d’écrire un peu sur un problème que j’ai toujours eu et qui me poursuis encore aujourd’hui. Pour faire simple, j’ai 25 ans, je semble être dans un état d’anxiété permanent. Je suis toujours stressée, paniquée ou angoissée. J’ai peur pour mes proches (accident, maladie…), pour moi et mon avenir, et aussi pour les personnes que je rencontre, ou que je croise simplement. Et cela depuis toute petite. On peut penser que je suis quelqu’un de calme parfois mais à l’intérieur de moi c’est le vacarme. On me compare souvent à une cocotte minute silencieuse. Quand quelqu’un ne me connait pas et m’adresse la parole, il est souvent surpris par le fait que je sois toujours très tendue (je vous dis pas comment c’est impossible pour moi d’être un minimum féminine avec ça 😉 mais aussi de paraître mature).
    Bref, cet état me fatigue beaucoup et à la fin de chaque journée à l’extérieur (même très courte), une fois rentrée chez moi j’ai l’impression d’avoir fait un marathon et je dois juste dormir. Je ne peux pas non plus être assidue au travail, travailler deux semaines d’affilés pour moi ca relève déjà d’un grand exploit!
    J’ai essayé la sophrologie mais aussi les anxiolytiques qui m’ont aidé puis n’ont pu rien faire à long terme. Et bien sûr une psychothérapie analytique que je suis toujours. Je sais qu’il y a quelque chose qui m’angoisse « spécialement » au fond mais je n’arrive pas encore à trouver quoi exactement. Je suis vraiment détendue qu’une fois dans mon lit quand je suis sur le point de m’endormir mais sinon même quand je prends du plaisir à faire qqch (manger, regarder un film..) je me sens stressée, dans ma tête je pense à dix milles choses. Bref, j’ai aussi éliminé les causes médicales du moins les plus courantes.

    Bref voilà, j’ai compris que les relations humaines m’épuisent et je me sens bien, bien que tendue quand même seule, j’apprécie la solitude…mais parfois cela pèse et quand je me retrouve trop avec moi-même, je réfléchis trop. J’essaye d’approfondir tout cela en thérapie mais c’est difficile…J’ai remarqué qu’irationnellement je me sens comme une « déclencheuse de malheur » chez les autres comme si ma présence allait apporter des maladies ect, que chaque mots, chaque geste devait être étudiés pour empêcher cela. En fait, je ne suis jamais moi-même ni sereine…Dans l’idéal, il me faudrait trois semaines de repos pour une semaine de travail (faut pas trop rêver mais c’est vrai) ou alors faudrait que je vois en permanence les gens qui m’entourent pour être rassurés qu’ils vont bien…d’ailleurs dans les conversation, je déteste le silence et pose beaucoup de questions aux autres pour tenter de savoir ce qu’ils ont en tête…

    Voilà, juste un petit passage sur ma vie actuelle que j’avais vraiment besoin de partager…

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